Archive pour le mot-clef ‘Villa Majorelle’

Villa en travaux: J – 1 mois…

mardi 16 août 2016

Si vous suivez avec attention l’actualité de votre villa préférée, vous savez que les grands travaux vont bientôt commencer à la villa Majorelle… Dès le 19 septembre, un échafaudage surmonté d’un parapluie viendra recouvrir intégralement la maison, pour permettre la rénovation de la toiture, la réfection des balcons, et bien sûr, ce que nous attendons tous, la remise en place des couronnements des cheminées, ces fameuses “mitres” en grès flammé conçues par Alexandre Bigot, qui donnaient à la villa son aspect si particulier.

Au mois de juillet, la société Tollis a procédé à l’enlèvement des mitres pour les emmener en atelier où elles seront restaurées.

Bien emballées, les mitres prêtes à partir...

Bien emballées, les mitres prêtes à partir…

C'est parti!

C’est parti!

Pendant ce temps, la société ART SA a effectué des sondages sur les peintures murales intérieures. Si les tentatives pour mettre à jour les décors d’origine de la cage d’escalier au rez-de-chaussée n’ont pas donné de résultats, celles réalisées au deuxième étage ont été plus satisfaisantes. On a pu découvrir que les peintures actuelles, réalisées à une date indéterminée, recouvrent en reproduisant presque à l’identique le décor de monnaie du pape originel. Le décor, au rendu de la peinture à fresque, présente des tonalités plus chaudes et des nuances de vert très subtiles, ainsi que le joli détail des graines de monnaie du pape, qui n’a pas été repris lors du rafraîchissement postérieur. Il semble que de la même façon, un repeint postérieur recouvre le décor du vestibule d’entrée.

Affaire à  suivre…!

Le sondage effectué sur le décor du deuxième étage a permis la mise à jour des peintures d'origine.

Le sondage effectué sur le décor du deuxième étage a permis la mise à jour des peintures d’origine.

Le décor, reproduit presque à l'identique, présentait de subtiles superpositions, ainsi que le détail des graines de monnaie du pape.

Le décor, reproduit presque à l’identique, présentait de subtiles superpositions, ainsi que le détail des graines de monnaie du pape.

Un œil nouveau sur l’Art nouveau

vendredi 10 juillet 2015

Partager la découverte et la connaissance est l’un des objectifs prioritaires des musées. Les partager avec tous, en est un autre.

Le projet conduit par le musée de l’École de Nancy avec une classe de dispositif ULIS* du collège Jacques Callot de Neuves-Maisons pendant l’année scolaire a été conçu pour permettre ce partage, et plus encore, en trouvant les moyens adaptés à des jeunes adolescents en difficulté.

A leur tour, ils partagent avec le public les fruits de ce projet, en exposant pendant tout l’été à la villa Majorelle, leurs réalisations créatives.

Parmi les travaux exposés, des photos montrent les élèves vêtus de costumes Belle époque, qui se sont mis en scène dans le jardin et le musée. Ce sont comme de petites histoires qui se déroulent devant nos yeux, racontant un peu du ressenti de ces jeunes si peu familiers avec les objets d’art. On devine le travail sur soi-même, et par là, les progrès réalisés lors de ces quelques sorties au musée…

Car l’important bien sûr n’est pas le résultat que nous avons sous les yeux, aussi réussi soit-il, mais bien le profit qu’en tire les enfants…

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Ces photos et d’autres sont à voir jusqu’à la fin du mois d’août à la villa Majorelle, ouverte pour les visites guidées tous les samedi et dimanche à 14h30 et 15h45. Réservation obligatoire auprès du service des publics (03.83.17.86.77 et servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr)

*Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire. 8 adolescents de 12 à 16 ans, en situation de handicap bénéficient d’un accompagnement scolaire individuel adapté.

Une bonne Nuit!

vendredi 22 mai 2015

Beau succès pour notre Nuit des Musées, au musée de l’École de Nancy et à la villa Majorelle, où se sont pressés de nombreux visiteurs noctambules!

Les guides du musée ont proposé des commentaires sur les oeuvres ayant pour thème la nuit... comme ici le lit d’Émile Gallé "Aube et crépuscule"...

Les guides du musée ont proposé des commentaires sur les œuvres ayant pour thème la nuit… comme ici le lit d’Émile Gallé “Aube et crépuscule”…

En première partie de soirée, les élèves de classe de 5ème du collège La Plante Gribé de Pagny sur Moselle ont présenté le fruit de leur travail autour du vitrail de la Salle de Jacques Gruber, dans le cadre du projet national La Classe, L’œuvre!

« Célébrer l’Art nouveau en travaillant la spontanéité »

Séverine Altmayer enseigne les arts plastiques au collège La Plante Gribé de Pagny-sur-Moselle

« D’abord attirée, comme tant d’autres d’enseignants de la région, par le Centre Pompidou Metz, je me suis orientée vers un autre musée, celui de l’École de Nancy pour vivre l’aventure de « La classe, l’œuvre ! » avec ma classe de 5e. L’œuvre proposée par le musée – un grand vitrail de Jacques Gruber figurant un paon au milieu de fleurs – a subjugué les enfants. C’était un choc pour eux, après avoir d’abord travaillé sur images, de découvrir l’œuvre en taille réelle. Ils ont découvert aussi qu’un vitrail pouvait provenir non seulement d’une église, mais aussi – c’est le cas ici – d’une maison particulière et représenter non des motifs religieux, mais la faune et la flore, qui sont la source d’inspiration de l’Art nouveau. Les enfants sont fiers de s’approprier un peu de l’œuvre de Jacques Gruber, et plus largement, de découvrir le magnifique patrimoine de leur région. »

L'interprétation du vitrail de Gruber par les élèves: visuelle et gestuelle au son des oiseaux

L’interprétation du vitrail de Gruber par les élèves: visuelle et gestuelle au son des oiseaux

Une danse matérialisée par les voiles, coordonnées au chant des oiseaux... une immersion dans la nature!

Une danse matérialisée par les voiles, coordonnées au chant des oiseaux… une immersion dans la nature!

 

Votez pour la mascotte!!

jeudi 23 avril 2015
le 16 mai prochain

le 16 mai prochain

Le 16 mai prochain aura lieu la nouvelle

NUIT EUROPÉENNE DES MUSÉES!

Bien sûr, le musée de l’École de Nancy ET la Villa Majorelle y participent activement… En attendant, l’organisation de la Nuit européenne des Musées a lancé un concours pour l’élection de la mascotte de la Nuit des Musées. Voici la mascotte du musée de l’École de Nancy, élue à l’unanimité par nos amis sur la page Facebook du musée:

Jacques Gruber, vitrail de La Salle, détail du paon. Musée de l’École de Nancy, cliché C. Philippot

Jacques Gruber, vitrail de La Salle, détail du paon. Musée de l’École de Nancy, cliché C. Philippot

Pour que la mascotte du musée devienne la mascotte de toute la Nuit des Musées, nous avons besoin de vous!

A partir du mercredi 29 avril, allez encore et encore voter pour le paon de Gruber sur la page Facebook de la Nuit des Musées ici!!!

Allez voter!!!

Allez voter!!!

Nous vous attendons avec impatience pour fêter la Nuit….

50 nuances de grès

vendredi 20 février 2015

Le grès est une terre à pâte imperméable dans la masse. Découvert en France à la fin du XVème siècle, il était utilisé pour la fabrication de céramique utilitaire (vaisselle) et de tuyaux. Lors de l’Exposition Universelle de 1878, la présentation des grès japonais, associant rusticité et élégance, fut une révélation pour les céramistes français. Jean Joseph Carriès (1855-1894), Ernest Chaplet (1835-1909), Pierre Adrien Dalpayrat (1844-1910), Auguste Delaherche (1857-1940) Edmond Lachenal (1855-?) ou Alexandre Bigot (1862-1927) en firent un usage important, caractérisé par des recherches sur la variété de formes et de décors, et sur les reliefs et les couleurs.

 

Dalpayrat, coupe Calice, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

Alexandre Bigot fut sollicité par Louis Majorelle pour contribuer à la construction de sa maison, la Villa Jika. On lui doit les carreaux décorant la façade, mais surtout deux éléments majeurs du décor: la balustrade de la terrasse Nord, et l’imposante cheminée de la salle à manger.

Alexandre Bigot, cheminée de la salle à manger, villa Majorelle, Nancy. Cliché D. Boyer

 

Le succès de ces artistes influença toute la filière et de nombreuses manufactures proposèrent à leur tour une production de grès ornementaux dans le style Art nouveau. La Société anonyme des produits céramiques de Rambervillers (SAPCR) ne fit pas exception. Cette société, créée en 1887, connut un large succès commercial avec sa production de tuyaux de grès vernissé nécessaires au développement sans précédent de réseaux d’adduction d’eau hygiéniques à travers tout le pays. A partir de 1892, la SAPCR fut dirigée par Alphonse Cytère qui entreprit d’importants travaux de modernisation et d’extension de l’usine. Cytère initia la construction de fours supplémentaires nécessaires à une production de carreaux, dalles de cuisine, pavés de cour, tuiles, briques en grès et produits réfractaires. Après sa visite à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, Cytère décida de se lancer dans la production artistique. Dès 1903, la SAPCR exposa le fruit de cette nouvelle production lors de l’exposition de la Société Lorraine des Amis des Arts: vases, encriers, cendriers, et éléments d’architecture en grès à reflets métalliques ou à émail de grand feu. L’influence de l’École de Nancy y est sensible, bien qu’aucun artiste de l’association n’ait, semble-t-il, collaboré avec Cytère.

SAPCR, encrier, Nancy, MEN. Cliché MEN

 

Le grand succès de cette présentation le conforta sur cette voie. En 1904, Cytère participa à l’exposition de l’École de Nancy aux Galeries Poirel, avec un ensemble de pièces dessinées cette fois par Majorelle, Gruber et Vallin.

 

Jacques Gruber, vase Ombelle, édité par la SAPCR, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

La SAPCR devint peu après membre de l’Alliance provinciale des industries d’art. L’École de Nancy organisa en 1906 un concours pour la SAPCR, auquel prirent part de nombreux collaborateurs des sociétés d’art lorraines. Les modèles primés furent édités avec la signature de l’artiste et la marque “EN” (École de Nancy) et diffusés, notamment, par les Magasins Réunis d’Eugène Corbin ou le magasin parisien de la SAPCR. Après des débuts difficiles, les pièces décoratives en grès flammé de Rambervillers connurent un succès grandissant à partir de 1909. La Première Guerre Mondiale interrompit la production des grès artistiques, qui reprit brièvement en 1920, mais elle était condamnée à disparaître par un ennemi plus ardent encore: la porcelaine!

Gatelet, jardinière Fougères, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

Les céramistes Joseph (1876-1961) et Pierre (1880-1955) Mougin furent très actifs dans l’expérimentation du grès. Installés à Paris, où ils côtoyèrent certains des céramistes cités plus haut, les frères Mougin travaillèrent beaucoup en collaboration avec des sculpteurs dont ils éditaient en grès les créations, tels les nancéiens Bussière, Finot, Wittmann, ou Prouvé, mais aussi Roche, Tarrit ou Barrias, dont Joseph fut l’élève.

 

Victor Prouvé, vase Aubergine, édition par Mougin, Nancy, MEN. Cliché Studio Image

Les frères Mougin firent partie de l’École de Nancy dès sa fondation, bien que résidant à Paris. Ils exposèrent leurs créations à Nancy chez Charles Fridrich dès 1901. A partir de 1904, Majorelle présenta des grès Mougin dans son magasin parisien. Les frères Mougin s’essayèrent aux irisations métalliques à Rambervillers, où les accueillit leur ami Alphonse Cytère. Ils obtinrent leur première récompense importante en 1905, au Salon de la Société nationale des beaux-arts, et revinrent s’installer à Nancy en 1906. L’œuvre des Frères Mougin se caractérise par une orientation vers la recherche plastique expérimentale. La formation de Joseph à la sculpture explique le traitement tridimensionnel de la matière et l’absence de frontière entre pièces utilitaires et pièces de forme. Le travail sur la couleur est également un aspect dominant dans leurs recherches. Celles-ci sont laborieuses: les Frères Mougin utilisaient trois types d’émaillage, qu’ils combinaient à loisir, les émaux terreux, opaques et mats, les émaux cires, opaques et satinés, et les couvertes transparentes, colorées ou non. De leur superposition naissaient parfois des réactions saisissantes, comme des éruptions dans l’émail de surface ou des coulures, auxquelles s’ajoutaient l’effet granuleux de l’émail broyé grossièrement ou l’irisation au cuivre.

Frères Mougin, petite cruche Algues, Nancy, MEN. Cliché MEN

Dans les années 20, les Frères Mougin s’installèrent à Lunéville pour intégrer la faïencerie Keller et Guérin, en tant que directeurs de l’atelier d’art. Joseph Mougin, déçu par l’expérience rompit son contrat en 1933 pour revenir à Nancy et poursuivre sa carrière personnelle, tandis que Pierre resta à Lunéville jusqu’en 1936. Cette période, encore marquée par la poursuite de recherches techniques inédites et (trop?) audacieuses, confirme l’indépendance et l’originalité du style des Frères Mougin, difficilement compatible avec les exigences de rentabilité d’une manufacture.

Keller et Guérin n’en était pas là à son coup d’essai, puisque la manufacture avait confié la responsabilité de son nouvel atelier de création artistique à Maurice de Ravinel (1842-1896) en 1885. Jusque là, la faïencerie produisait des pièces utilitaires, de style et de techniques variées. De Ravinel initia alors un travail de recherche et de renouvellement qui aboutit à la mise au point d’une technique de revêtement à reflets métalliques. En 1895, la manufacture présente des “Grès et faïences à reflets métalliques” signés Ernest Bussière, à qui elle avait fait appel pour insuffler une nouvelle ligne moderne et à la mode, dans le style Art nouveau.

Le sculpteur Ernest Bussière (1863-1913) fréquenta l’école des beaux-arts de Paris aux côtés de ses amis nancéiens Émile Friant et Mathias Schiff, avant de revenir s’installer à Nancy, où il enseigna le modelage, notamment à Jospeh Mougin. Bussière collabora avec la manufacture de Lunéville, mais également avec la manufacture Daum pour des objets décoratifs en verre. Bussière, membre fondateur de l’École de Nancy, participa activement à la mise en œuvre de ses préceptes, par la dispense de cours de modelage et de sculpture aux ouvriers.
Bussière créa une série de pièces végétales, avec une prédilection pour les courges. Toutes ces pièces, d’une grande originalité au sein même du mouvement naturaliste nancéien, se caractérisent par leur fluidité et leur réalisme plastique.

E. Bussière Vase Réceptacle, inv. 003-4-1, MEN, cliché D Boyer

Ernest Bussière, vase Réceptacle, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

 

L’appellation “Grès flammé” donnée à l’époque est cependant erronée, puisque la matière employée est la faïence fine (une terre de pipe) dont la peau vitreuse est obtenue par une glaçure. Le choix de la faïence s’explique par le besoin d’une matière suffisamment fine pour reproduire les détails de relief des modèles de Bussière (graines, nervures, tiges…). Le grès, dont Keller et Guérin maîtrisait pourtant la fabrication, s’avérait en fait trop épais. On peut imaginer que le choix de l’appellation est plutôt d’ordre publicitaire, la mode étant alors aux grès d’Extrême Orient. L’effet flammé ou flambé est obtenu (à basse cuisson) par une technique complexe de superposition d’une première couche vitreuse très glacée de ton émeraude (cuivre et plomb) et d’une seconde couche composée d’une fine pellicule de matières minérales réfractaires constituant un épiderme mat. La manufacture de Lunéville a produit un grand nombre de pièces de Bussière, qui connut, malgré la complexité de fabrication, un succès commercial durable. Quand les Frères Mougin prirent la direction de l’atelier d’art dans les années 20, ils rééditèrent 12 céramiques végétales de Bussière, mais dans un grès dit “porcelanique”, possédant de hautes qualités de fluidité. Le revêtement est cependant différent, remplacé par un émail de grand feu aux couleurs vives. Ces pièces furent exposées à partir en 1925, preuve de l’intérêt tardif pour certaines formules Art nouveau.

Ernest Bussière, vase courge desséchée, Nancy, MEN, cliché MEN

Différentes raisons, avant tout techniques, peuvent expliquer l’absence de l’utilisation du grès par Émile Gallé. Si l’on peut penser que Gallé ne fut pas insensible aux qualités plastiques des grès artistiques – connaissant son goût pour l’art Japonais), il fut sans doute contraint par les conditions nécessaires à leur mise en œuvre. Les manufactures de Saint Clément et de Raon l’Étape, avec lesquelles Gallé travailla successivement jusqu’en 1885, étaient spécialisées dans la faïence stanifère, et ne disposaient pas des installations nécessaires à la cuisson du grès. Le four installé par Gallé dans son usine nancéienne ne lui permettait pas non plus d’atteindre la température nécessaire à la vitrification. Mais l’attrait pour le travail du grès est manifeste chez Gallé: il présenta à l’Exposition Universelle de 1889 une série de céramiques intitulée “Genre grès artistique”, constituée de pièce en faïence fine au décor imitant l’aspect du grès. Par ailleurs, dans ses écrits, Gallé célébra avec effusion les œuvres de Carriès et de Chaplet.

La collection de céramiques du musée de l’École de Nancy est largement exposée dans les salles des collections permanentes, et de nombreuses œuvres de tous les artistes cités sont ainsi visibles. On ne manquera pas de s’arrêter également devant l’impressionnante jardinière de grès, placée dans la salle de bains du premier étage, dont l’origine l’exclut du mouvement nancéien (et de cet article).

Petit lexique céramique:
-  grès: argile plastique riche en feldspath, non poreuse et non translucide, qui se vitrifie naturellement à haute température.
-  grès flammé ou flambé: l’émaillage des biscuits est obtenu par cuisson haute température d’une couverte composée d’oxydes de couleur cuivrée ou bleu vert et produisant des reflets métalliques.
-  faïence: pâte opaque et poreuse.
- porcelaine: pâte translucide et imperméable, dure ou tendre.

Références bibliographiques:
F. Bertrand, Grès flammés de Rambervillers, Musée Départemental d’Art Ancien et Contemporain, Epinal
Céramiques végétales. Ernest Bussière et l’Art nouveau. Catalogue d’exposition, Nancy, MEN, 2000
Jacques Peiffer, Les Frères Mougin, sorciers du grand feu. Editions Faton, 2001
Jacques Gruber et l’Art nouveau, catalogue d’exposition, Nancy, MEN, Editions Gallimard, 2011
F. Parmantier, la céramique, in Gallé au musée de l’Ecole de Nancy, éditions Snoeck, 2014

2015

vendredi 9 janvier 2015
2015

2015

 

Pour connaître le programme 2015, cliquez sur l’image!

Encore un petit effort!

mardi 9 décembre 2014

LUSTRE Majorelle relance contribution décembredétail

Comme de nombreux admirateurs de l’Art nouveau et de l’École de Nancy,
vous avez à cœur de voir s’enrichir les collections du musée,vous souhaitez voir ce lustre exposé aux côtés des œuvres de Majorelle,
vous souhaitez voir ce lustre retrouver son aspect d’origine…

Vous avez jusqu’à la fin du mois de janvier pour envoyer votre contribution à l’AAMEN
Pas un instant à perdre!

1. Téléchargez le formulaire

2. Renvoyez-le avec votre contribution à
AAMEN
Villa Majorelle
1, rue Louis Majorelle
54000 NANCY

3.Déduisez jusqu’à 66% de votre don!

 On compte sur vous!

Le formulaire à renvoyer sans tarder!

Le formulaire à renvoyer sans tarder!

On parle de nous…!

vendredi 14 novembre 2014

Le Journal des Arts consacre son dossier cette semaine à Nancy, arrivée 4ème de son palmarès annuel des villes qui bougent pour la Culture!

Le dossier de la semaine dans le JDA

Le dossier de la semaine dans le JDA

La villa Majorelle a même les honneurs d’un petit encart, où se sont glissées quelques petites erreurs…Le mobilier de la salle à manger est bien déjà là, et en possession du musée depuis 1996, et les couronnements de cheminée seront bien REposés en 2015, au cours des travaux de réfection de la toiture…

La plus importante villa Art nouveau de Nancy

La plus importante villa Art nouveau de Nancy

Pour lire l’intégralité du dossier, suivez ce lien : Journal des Arts Nancy

 

Métamorphoses…

vendredi 24 octobre 2014

Quelques images de l’atelier de vacances “Objets métamorphosés” proposé mardi dernier à la villa Majorelle… Le prochain aura lieu mardi 28. Pour les plus jeunes, le prochain rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte, c’est pour fêter la Saint-Nicolas, dimanche 7 décembre, de 10h à 11h30, avec une visite suivie d’un atelier “chocolat”!

Pour participer à ces animations, contactez vite le Service des publics des Musées, par téléphone du lundi au vendredi de 9h à 12h30: 03.83.17.86.77 ou par mail: servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr

Après une visite de la villa Majorelle avec Lucie, les petits participants passent à la phase créative, avec Gislaine

Après une visite de la villa Majorelle avec Lucie, les petits participants passent à la phase créative, avec Ghislaine

Le sujet? Métamorphoser une chaise ordinaire...

Le sujet? Métamorphoser une chaise ordinaire…

Les chaises se parent de décor très... girly!

Les chaises se parent de décor très inhabituels: plumes pierres et scoubidous!

Un foisonnement d'idées à méditer par nos designers contemporains!

Un foisonnement d’idées à méditer par nos designers contemporains!

Vive la couleur dans la maison!

Vive la couleur dans la maison!

 

 

 

 

AIDEZ-NOUS!

mardi 2 septembre 2014

Pour fêter le 50ème anniversaire du musée, l’Association des Amis du musée de l’École de Nancy aimerait lui offrir un lustre à décor d’algues de Louis Majorelle …Pour cela, l’association a besoin de vous!

L’AAMEN lance un appel à contribution pour réunir la somme de 30000 € destinée à l’achat et à la restauration du lustre. Dans le cadre de la loi sur le mécénat, ces dons ouvrent droit à des réductions d’impôts allant jusqu’à 66% du montant pour les particuliers.

Les éléments de ce lustre, actuellement démonté, seront présentés au public à partir du 20 septembre prochain au musée. Outre son importance artistique, sur laquelle nous reviendrons dans un instant, ce lustre possède une histoire intéressante et bien documentée. Le catalogue de la Maison Majorelle le propose dans sa section luminaires. Depuis 1898, Majorelle collabore avec Daum Frères pour une production de lampes associant ferronnerie et verre. Le succès de leur première pièce commune, une lampe Eglantine (Nancy, musée des beaux-arts), cadeau de mariage à Antonin Daum, ouvre la voie d’un marché porteur, celui de l’éclairage électrique…

Louis Majorelle, en collaboration avec Daum Frères, lampe pissenlit. Nancy, MEN. Cliché C. Philippot

Louis Majorelle, en collaboration avec Daum Frères, lampe pissenlit. Nancy, MEN. Cliché C. Philippot

Les deux manufactures puisent à volonté dans le répertoire floral : nénuphars, pissenlits prêts à s’envoler, figuier de barbarie, chardon de Nancy… Dans cette collaboration, il semble que Majorelle ait été particulièrement actif, fournissant les modèles des piètements et des décors. Le confort électrique permet la multiplication des sources lumineuses: lampes sur pied, lampadaires, appliques murales, lustres… Si Majorelle ne va pas, comme Gallé, jusqu’à proposer des girandoles, il offre néanmoins un choix de formes et de modèles inédits, propre à satisfaire sa vaste clientèle.

Catalogue de vente de la Maison Majorelle. MEN

Catalogue de vente de la Maison Majorelle. MEN

Le lustre à décor d’algues offre la particularité d’associer à l’assemblage habituel de métal et de verre soufflé, un disque et des parties pleines des montants réalisés en vitrail. La lumière diffusée par les ampoules placées dans les corolles de verre, se trouve ainsi tamisée par l’effet coloré du vitrail, ici de couleur bleutée. Bien que ne portant pas de signature, on est tenté d’attribuer ces éléments à Jacques Gruber. Collaborateur artistique chez Daum entre 1893 et 1898, Gruber travaille à nouveau avec la verrerie pour l’Exposition Universelle de 1900. Entre temps, Gruber a pris son envol artistique, s’essayant au mobilier tout d’abord, puis trouvant dans le vitrail le domaine où démontrer l’étendue de son talent. La présence d’un plafonnier en vitrail à décor de tournesol dans le mobilier du cabinet dentaire que Gruber réalise pour le Dr Barthélémy en 1905 (conservé au MEN) confirme cet intérêt pour l’emploi de cette technique dans le luminaire, et appuie l’attribution de cette partie du lustre aux Algues à Gruber.

Jacques Gruber, plafonnier à décor de tournesols, vers 1905. Nancy, MEN. Cliché Flash Back Studio

Jacques Gruber, plafonnier à décor de tournesols, vers 1905. Nancy, MEN. Cliché Flash Back Studio

Cette collaboration, pas plus que celle de Daum, n’apparaît pas dans la correspondance entre Majorelle et son acheteur. Celui-ci passe commande de 2 lustres à Majorelle en 1904. Son choix se porte alors sur des plafonniers à décor de monnaie du pape. Majorelle avait lui-même choisi ce décor pour le lustre qui éclairait le palier du rez-de-chaussée de la villa Majorelle. Pourtant, il dissuade son client ne le trouvant “pas commode” et l’oriente vers un décor d’algues.

Vue ancienne de la cage d'escalier de la villa Majorelle. Lustre à décor de monnaie du pape. Cliché MEN

Vue ancienne de la cage d’escalier de la villa Majorelle. Lustre à décor de monnaie du pape. Cliché MEN

On apprend également à la lecture de cette correspondance, conservée par les descendants de l’acheteur, que les deux lustres commandés sont identiques et destinés à deux pièces adjacentes, une bibliothèque et une salle à manger. Le second lustre est de tonalité verte, et est toujours en place dans la maison familiale. Pour une raison qui ne nous est pas connue, le lustre bleu est démonté après la seconde guerre mondiale. Une des parties métalliques a disparu tout comme quelques éléments du disque central. C’est dans cet état qu’il se trouve aujourd’hui, nécessitant une restauration qui pourra lui redonner son aspect d’origine et permettre sa remise en fonction.

Majorelle, Lustre aux Algues, détail des montants. Cliché D. Boyer

Majorelle, Lustre aux Algues, détail des montants. Cliché D. Boyer

On ne connaît pas d’autres exemplaires de ce lustre en collection publique, à l’exception d’un lustre à décor d’hortensias, de composition similaire, conservé aux Etats-Unis, au Chrysler Museum (Virginie). Sur ce dernier, outre un motif différent, on peut aussi constater l’emploi d’une palette de couleurs plus importante.

Majorelle, lustre aux Algues. Partie centrale du plafonnier, à décor de vitrail en camaïeu de bleus. État avant restauration. Cliché D. Boyer

Majorelle, lustre aux Algues. Partie centrale du plafonnier, à décor de vitrail en camaïeu de bleus. État avant restauration. Cliché D. Boyer

Le lustre aux algues que fournit Majorelle présente un décor très abouti, avec un motif que Majorelle a employé à plusieurs reprises. Citons par exemple le buffet de salon Les Algues (Nancy, MEN) , créé vers 1905, qui présente un important décor appliqué en fer forgé ou le lampadaire Poincaré, dont un exemplaire est aussi conservé au musée, créé vers 1909-1911. La souplesse des tiges d’algues présentées en bouquets recourbés correspond bien à la recherche de mouvement constante chez Majorelle. Ses recherches aboutissent à un décor très graphique sur le lampadaire Poincaré, formant  une résille.

Majorelle, en collaboration avec Daum, lampadaire "Poincaré", Nancy, MEN. Cliché Studio Image

Majorelle, en collaboration avec Daum, lampadaire “Poincaré”, Nancy, MEN. Cliché Studio Image

L’entrée de ce lustre dans les collections du musée viendrait donc compléter de manière remarquable le corpus des luminaires Daum-Majorelle. Ce lustre trouverait aussi légitimement sa place dans la restitution programmée de l’aménagement intérieur de la villa Majorelle… Pour cela, vous savez  ce qu’il vous reste à faire!

Envoyez votre contribution à:

Association des Amis du Musée de l’Ecole de Nancy
Villa Majorelle
1, rue Louis Majorelle
54000 NANCY

et venez découvrir le lustre au musée à partir du 20 septembre!

Louis Majorelle, lustre aux Algues. Collection privée. Cliché D. Boyer

Louis Majorelle, lustre aux Algues. Collection privée. Cliché D. Boyer