Archive pour le mot-clef ‘Victor Prouvé’

L’œil de la romancière Edmonde Charles-Roux sur Victor Prouvé

jeudi 21 janvier 2016

En 1999, la romancière et membre de l’Académie Goncourt, Edmonde Charles-Roux livre dans sa préface au catalogue de l’exposition proposée à la Douëra à Malzéville son regard sur Victor Prouvé, sur l’École de Nancy et sur 1999, année où se superposent les grandes expositions nancéiennes et Le Temps du Maroc en France.

Charles-Roux 1Charles-Roux 2Extrait du catalogue de l’exposition “Victor Prouvé: Voyages en Tunisie; 1888-1890″, La Douëra – Ville de Malzéville, 12 mai – 27 juin 1999, publié aux Editions Serpenoise.

L’École de Nancy entre en gare!

mardi 21 juillet 2015

Depuis deux semaines et pour tout l’été, le musée de l’École de Nancy présente quelques uns de ses chefs d’œuvre en gare de Nancy. Grâce au partenariat établi avec Gares et Connexion, filiale de la SNCF, chargée de l’animation des gares, vitraux, vases, peintures ou encore reliures et ensembles mobilier décorent  les fenêtres hautes du Hall République et du passage entre celui-ci et le Hall Thiers…

De quoi égayer l’arrivée et le passage en gare et donner envie aux heureux touristes qui transitent par Nancy de venir voir de plus près les créations de l’École de Nancy!

Du côté de la place Thiers, des vitraux, de la peinture et 4 vases de Gallé

Du côté de la place Thiers, des vitraux, de la peinture et 4 vases de Gallé

Le Paon de Camille Martin associé aux tonalités bleues du vitrail de la Salle de Gruber

Le Paon de Camille Martin associé aux tonalités bleues du vitrail de la Salle de Gruber

Le vase Fleur de passiflore, si délicat, à côté de l'exotique Forêt Guyanaise, de Gallé

Le vase Fleur de passiflore, si délicat, à côté de l’exotique Forêt Guyanaise, de Gallé

Hall république, place à la reliure de Camille Martin pour L'Art japonais

Hall république, place à la reliure de Camille Martin pour L’Art japonais

N’oubliez pas de lever la tête si vous passez par la gare c’est été!

Le beau label…

vendredi 22 mai 2015

Non sans fierté, Off tenait à souligner la belle décision du Ministère de la Culture, qui a choisi d’attribuer son label annuel d’exposition d’intérêt national 2015 à deux expositions présentées à Nancy:

Ces animaux qu’on mange… au Museum-aquarium (jusqu’au 3 janvier 2016)

et

Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent. L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, la prochaine grande exposition que prépare le musée pour l’automne 2015

Ce label distingue “des expositions remarquables présentant un discours innovant en une thématique inédite, ainsi qu’une scénographie et un dispositif de médiation qui en livre les clés de lecture aux publics les plus variés. (…) Elles mettent en lumière des thématiques qui reflètent la richesse et la diversité des  collections des 1220 musées de France.” (Communiqué de presse de présentation des expositions labellisées en 2015)

Cette reconnaissance officielle récompense le travail mené depuis plusieurs années pour la préparation d’une exposition inédite et dont le sujet se fait l’écho de bien des événements récents. Axée autour des personnalités des deux présidents successifs de l’École de Nancy, Émile Gallé et Victor Prouvé, l’exposition rassemblera près de 200 œuvres et documents provenant des collections nancéiennes et Lorraines, de grands musées internationaux et de collections particulières.

Le Canthare Prouvé, vase conçu par Gallé pour son ami Prouvé, portant la coitation de Victor Hugo qui donne son titre à l'exposition

Le Canthare Prouvé, vase conçu par Gallé pour son ami Prouvé, portant la citation de Victor Hugo qui donne son titre à l’exposition

La menace Allemande, la montée de l’anarchisme, l’affaire Dreyfus, etc… firent de cette fin du XIXème siècle une période propice à l’intrusion de la politique dans le domaine des arts, tandis que la société connaissait de profondes mutations. Ce qui fut plus tard appelé la “Belle Époque” apparaît aujourd’hui bien davantage comme une période trouble et violente se précipitant inexorablement vers sa fin…

Quelles étaient alors les limites de la liberté de penser et de s’exprimer? Quel rôle pouvait jouer l’artiste dans la défense des opprimés et la lutte contre l’injustice?  Ce sont quelques unes des questions que soulèvera l’exposition présentée au musée des beaux-arts et au musée de l’École de Nancy à partir du 9 octobre…

… à suivre sur Off , sur le site internet et sur la page Facebook du musée!

50 nuances de grès

vendredi 20 février 2015

Le grès est une terre à pâte imperméable dans la masse. Découvert en France à la fin du XVème siècle, il était utilisé pour la fabrication de céramique utilitaire (vaisselle) et de tuyaux. Lors de l’Exposition Universelle de 1878, la présentation des grès japonais, associant rusticité et élégance, fut une révélation pour les céramistes français. Jean Joseph Carriès (1855-1894), Ernest Chaplet (1835-1909), Pierre Adrien Dalpayrat (1844-1910), Auguste Delaherche (1857-1940) Edmond Lachenal (1855-?) ou Alexandre Bigot (1862-1927) en firent un usage important, caractérisé par des recherches sur la variété de formes et de décors, et sur les reliefs et les couleurs.

 

Dalpayrat, coupe Calice, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

Alexandre Bigot fut sollicité par Louis Majorelle pour contribuer à la construction de sa maison, la Villa Jika. On lui doit les carreaux décorant la façade, mais surtout deux éléments majeurs du décor: la balustrade de la terrasse Nord, et l’imposante cheminée de la salle à manger.

Alexandre Bigot, cheminée de la salle à manger, villa Majorelle, Nancy. Cliché D. Boyer

 

Le succès de ces artistes influença toute la filière et de nombreuses manufactures proposèrent à leur tour une production de grès ornementaux dans le style Art nouveau. La Société anonyme des produits céramiques de Rambervillers (SAPCR) ne fit pas exception. Cette société, créée en 1887, connut un large succès commercial avec sa production de tuyaux de grès vernissé nécessaires au développement sans précédent de réseaux d’adduction d’eau hygiéniques à travers tout le pays. A partir de 1892, la SAPCR fut dirigée par Alphonse Cytère qui entreprit d’importants travaux de modernisation et d’extension de l’usine. Cytère initia la construction de fours supplémentaires nécessaires à une production de carreaux, dalles de cuisine, pavés de cour, tuiles, briques en grès et produits réfractaires. Après sa visite à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, Cytère décida de se lancer dans la production artistique. Dès 1903, la SAPCR exposa le fruit de cette nouvelle production lors de l’exposition de la Société Lorraine des Amis des Arts: vases, encriers, cendriers, et éléments d’architecture en grès à reflets métalliques ou à émail de grand feu. L’influence de l’École de Nancy y est sensible, bien qu’aucun artiste de l’association n’ait, semble-t-il, collaboré avec Cytère.

SAPCR, encrier, Nancy, MEN. Cliché MEN

 

Le grand succès de cette présentation le conforta sur cette voie. En 1904, Cytère participa à l’exposition de l’École de Nancy aux Galeries Poirel, avec un ensemble de pièces dessinées cette fois par Majorelle, Gruber et Vallin.

 

Jacques Gruber, vase Ombelle, édité par la SAPCR, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

La SAPCR devint peu après membre de l’Alliance provinciale des industries d’art. L’École de Nancy organisa en 1906 un concours pour la SAPCR, auquel prirent part de nombreux collaborateurs des sociétés d’art lorraines. Les modèles primés furent édités avec la signature de l’artiste et la marque “EN” (École de Nancy) et diffusés, notamment, par les Magasins Réunis d’Eugène Corbin ou le magasin parisien de la SAPCR. Après des débuts difficiles, les pièces décoratives en grès flammé de Rambervillers connurent un succès grandissant à partir de 1909. La Première Guerre Mondiale interrompit la production des grès artistiques, qui reprit brièvement en 1920, mais elle était condamnée à disparaître par un ennemi plus ardent encore: la porcelaine!

Gatelet, jardinière Fougères, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

Les céramistes Joseph (1876-1961) et Pierre (1880-1955) Mougin furent très actifs dans l’expérimentation du grès. Installés à Paris, où ils côtoyèrent certains des céramistes cités plus haut, les frères Mougin travaillèrent beaucoup en collaboration avec des sculpteurs dont ils éditaient en grès les créations, tels les nancéiens Bussière, Finot, Wittmann, ou Prouvé, mais aussi Roche, Tarrit ou Barrias, dont Joseph fut l’élève.

 

Victor Prouvé, vase Aubergine, édition par Mougin, Nancy, MEN. Cliché Studio Image

Les frères Mougin firent partie de l’École de Nancy dès sa fondation, bien que résidant à Paris. Ils exposèrent leurs créations à Nancy chez Charles Fridrich dès 1901. A partir de 1904, Majorelle présenta des grès Mougin dans son magasin parisien. Les frères Mougin s’essayèrent aux irisations métalliques à Rambervillers, où les accueillit leur ami Alphonse Cytère. Ils obtinrent leur première récompense importante en 1905, au Salon de la Société nationale des beaux-arts, et revinrent s’installer à Nancy en 1906. L’œuvre des Frères Mougin se caractérise par une orientation vers la recherche plastique expérimentale. La formation de Joseph à la sculpture explique le traitement tridimensionnel de la matière et l’absence de frontière entre pièces utilitaires et pièces de forme. Le travail sur la couleur est également un aspect dominant dans leurs recherches. Celles-ci sont laborieuses: les Frères Mougin utilisaient trois types d’émaillage, qu’ils combinaient à loisir, les émaux terreux, opaques et mats, les émaux cires, opaques et satinés, et les couvertes transparentes, colorées ou non. De leur superposition naissaient parfois des réactions saisissantes, comme des éruptions dans l’émail de surface ou des coulures, auxquelles s’ajoutaient l’effet granuleux de l’émail broyé grossièrement ou l’irisation au cuivre.

Frères Mougin, petite cruche Algues, Nancy, MEN. Cliché MEN

Dans les années 20, les Frères Mougin s’installèrent à Lunéville pour intégrer la faïencerie Keller et Guérin, en tant que directeurs de l’atelier d’art. Joseph Mougin, déçu par l’expérience rompit son contrat en 1933 pour revenir à Nancy et poursuivre sa carrière personnelle, tandis que Pierre resta à Lunéville jusqu’en 1936. Cette période, encore marquée par la poursuite de recherches techniques inédites et (trop?) audacieuses, confirme l’indépendance et l’originalité du style des Frères Mougin, difficilement compatible avec les exigences de rentabilité d’une manufacture.

Keller et Guérin n’en était pas là à son coup d’essai, puisque la manufacture avait confié la responsabilité de son nouvel atelier de création artistique à Maurice de Ravinel (1842-1896) en 1885. Jusque là, la faïencerie produisait des pièces utilitaires, de style et de techniques variées. De Ravinel initia alors un travail de recherche et de renouvellement qui aboutit à la mise au point d’une technique de revêtement à reflets métalliques. En 1895, la manufacture présente des “Grès et faïences à reflets métalliques” signés Ernest Bussière, à qui elle avait fait appel pour insuffler une nouvelle ligne moderne et à la mode, dans le style Art nouveau.

Le sculpteur Ernest Bussière (1863-1913) fréquenta l’école des beaux-arts de Paris aux côtés de ses amis nancéiens Émile Friant et Mathias Schiff, avant de revenir s’installer à Nancy, où il enseigna le modelage, notamment à Jospeh Mougin. Bussière collabora avec la manufacture de Lunéville, mais également avec la manufacture Daum pour des objets décoratifs en verre. Bussière, membre fondateur de l’École de Nancy, participa activement à la mise en œuvre de ses préceptes, par la dispense de cours de modelage et de sculpture aux ouvriers.
Bussière créa une série de pièces végétales, avec une prédilection pour les courges. Toutes ces pièces, d’une grande originalité au sein même du mouvement naturaliste nancéien, se caractérisent par leur fluidité et leur réalisme plastique.

E. Bussière Vase Réceptacle, inv. 003-4-1, MEN, cliché D Boyer

Ernest Bussière, vase Réceptacle, Nancy, MEN. Cliché D. Boyer

 

L’appellation “Grès flammé” donnée à l’époque est cependant erronée, puisque la matière employée est la faïence fine (une terre de pipe) dont la peau vitreuse est obtenue par une glaçure. Le choix de la faïence s’explique par le besoin d’une matière suffisamment fine pour reproduire les détails de relief des modèles de Bussière (graines, nervures, tiges…). Le grès, dont Keller et Guérin maîtrisait pourtant la fabrication, s’avérait en fait trop épais. On peut imaginer que le choix de l’appellation est plutôt d’ordre publicitaire, la mode étant alors aux grès d’Extrême Orient. L’effet flammé ou flambé est obtenu (à basse cuisson) par une technique complexe de superposition d’une première couche vitreuse très glacée de ton émeraude (cuivre et plomb) et d’une seconde couche composée d’une fine pellicule de matières minérales réfractaires constituant un épiderme mat. La manufacture de Lunéville a produit un grand nombre de pièces de Bussière, qui connut, malgré la complexité de fabrication, un succès commercial durable. Quand les Frères Mougin prirent la direction de l’atelier d’art dans les années 20, ils rééditèrent 12 céramiques végétales de Bussière, mais dans un grès dit “porcelanique”, possédant de hautes qualités de fluidité. Le revêtement est cependant différent, remplacé par un émail de grand feu aux couleurs vives. Ces pièces furent exposées à partir en 1925, preuve de l’intérêt tardif pour certaines formules Art nouveau.

Ernest Bussière, vase courge desséchée, Nancy, MEN, cliché MEN

Différentes raisons, avant tout techniques, peuvent expliquer l’absence de l’utilisation du grès par Émile Gallé. Si l’on peut penser que Gallé ne fut pas insensible aux qualités plastiques des grès artistiques – connaissant son goût pour l’art Japonais), il fut sans doute contraint par les conditions nécessaires à leur mise en œuvre. Les manufactures de Saint Clément et de Raon l’Étape, avec lesquelles Gallé travailla successivement jusqu’en 1885, étaient spécialisées dans la faïence stanifère, et ne disposaient pas des installations nécessaires à la cuisson du grès. Le four installé par Gallé dans son usine nancéienne ne lui permettait pas non plus d’atteindre la température nécessaire à la vitrification. Mais l’attrait pour le travail du grès est manifeste chez Gallé: il présenta à l’Exposition Universelle de 1889 une série de céramiques intitulée “Genre grès artistique”, constituée de pièce en faïence fine au décor imitant l’aspect du grès. Par ailleurs, dans ses écrits, Gallé célébra avec effusion les œuvres de Carriès et de Chaplet.

La collection de céramiques du musée de l’École de Nancy est largement exposée dans les salles des collections permanentes, et de nombreuses œuvres de tous les artistes cités sont ainsi visibles. On ne manquera pas de s’arrêter également devant l’impressionnante jardinière de grès, placée dans la salle de bains du premier étage, dont l’origine l’exclut du mouvement nancéien (et de cet article).

Petit lexique céramique:
-  grès: argile plastique riche en feldspath, non poreuse et non translucide, qui se vitrifie naturellement à haute température.
-  grès flammé ou flambé: l’émaillage des biscuits est obtenu par cuisson haute température d’une couverte composée d’oxydes de couleur cuivrée ou bleu vert et produisant des reflets métalliques.
-  faïence: pâte opaque et poreuse.
- porcelaine: pâte translucide et imperméable, dure ou tendre.

Références bibliographiques:
F. Bertrand, Grès flammés de Rambervillers, Musée Départemental d’Art Ancien et Contemporain, Epinal
Céramiques végétales. Ernest Bussière et l’Art nouveau. Catalogue d’exposition, Nancy, MEN, 2000
Jacques Peiffer, Les Frères Mougin, sorciers du grand feu. Editions Faton, 2001
Jacques Gruber et l’Art nouveau, catalogue d’exposition, Nancy, MEN, Editions Gallimard, 2011
F. Parmantier, la céramique, in Gallé au musée de l’Ecole de Nancy, éditions Snoeck, 2014

Une heure avec… l’Ecole de Nancy, n°2

vendredi 3 octobre 2014

Retour à la Bibliothèque Stanislas, samedi 11 octobre à 10h30, pour le deuxième volet consacré au fonds École de Nancy, avec cette fois-ci un focus sur les reliures.

Après le succès de la première rencontre autour des revues et albums, Valérie Thomas, du musée de l’École de Nancy et Mireille François, de la Bibliothèque Stanislas commenteront les ouvrages reliés par René Wiener, Victor Prouvé, Camille Martin ou Jacques Gruber. Ce moment de découverte est aussi un moment d’échange, permettant d’approcher au plus près de ces pièces de collection et de poser les nombreuses questions qu’elles soulèvent.

Un moment privilégié pour les amateurs de belles choses!

Rendez-vous samedi 11 octobre à 10h30, à la Bibliothèque Stanislas, 43 rue Stanislas à Nancy, entrée libre, sans réservation.

Une heure avec l’École de Nancy, focus n°2

Une heure avec l’École de Nancy, focus n°2

PS: Cette spectaculaire reliure, qui fait partie des pièces présentées samedi, est due à René Wiener, d’après un dessin d’Adolphe Girardon, sur: Les Trophées de Hérédia. Paris: Lemerre, 1893.

1894/ Carnet d’exposition n°1

vendredi 22 août 2014

A l’occasion des 50 ans du musée de l’École de Nancy, voici une nouvelle série d’articles dédiée aux grandes expositions consacrées à l’École de Nancy. Chacune, dans son contexte particulier, fut un évènement, présenté et commenté dans la presse, attendu et apprécié par les amateurs… A l’aide des documents conservés (photos, articles de presse, commentaires, etc…), nous vous proposons de faire revivre ces grands moments !

 

Camille Martin, Affiche pour l'exposition d'art décoratif de 1894. MEN, Cliché C. Philippot

Camille Martin, Affiche pour l’exposition d’art décoratif de 1894. MEN, Cliché C. Philippot

« L’exposition qui doit s’ouvrir le 24 juin, dans les galeries de la Salle Poirel, s’annonce brillamment, – et tout d’abord par une affiche d’une grande richesse composée par Camille Martin et tirée sous les presses de la Maison Berger-Levrault, qui a fait un chef d’œuvre typographique. »

La Lorraine Artiste du 10 juin 1894 exprime son enthousiaste impatience dans ce premier article consacré à l’exposition avant même son ouverture, ventant dans une visite virtuelle la décoration florale de Félix Crousse et celle, générale, confiée à Louis Majorelle, les peintures décoratives de Guingot, les pièces d’orfèvrerie de Kauffer et Daubrée, « l’envoi si remarquable  de M. Louis, Geisler », papetier, voisinant avec la faïencerie de Toul.  Émile Gallé vient ensuite avec sa « prestigieuse et féérique exposition », suivi des Prouvé, Majorelle, Friant, Daum… Avant de détailler la fin de l’exposition où se succèdent vitraux, broderies ou serrurerie d’art, deux groupes retiendront l’attention, celui des reliures et cuirs décoratifs envoyé par l’Union centrale des Arts décoratifs, et celui des objets d’art présentés au Salon du Champs de Mars l’année précédente.

 

Stand Gallé à l'Exposition d'Art décoratif et industriel Lorrain, Nancy, 1894. Cliché D. Boyer

Stand Gallé à l’Exposition d’Art décoratif et industriel Lorrain, Nancy, 1894. Reproduction D. Boyer

Le détail du catalogue de l’exposition laisse imaginer la variété des pièces et styles présentés. Majorelle présente sur son stand du Louis XVI, de l’Empire, du vernis Martin, mais aussi un panneau de marqueterie intitulé La Source, dans la lignée des pièces de mobilier présentées par Gallé en 1889. Il prête à Daum Frères un mobilier d’exposition pour les « Cristaux d’art ciselés, intaillés et gravés », les « verreries de fantaisie », et « verreries de table et de dressoir ». Malgré leur pouvoir évocateur, les titres donnés aux vases ne peuvent rivaliser avec ceux de Gallé :  Pensées sombres et pensées folles  côtoient un  Bol de capucine , des Violettes fanées  et une  Touffe d’iris… Mais la théâtralisation du stand, surmonté d’un vaste catafalque de tissu drapé, n’a rien à envier à celle de son illustre voisin.

Chez Gallé se juxtaposent pièces nouvelles et chefs d’œuvre de l’exposition de 1889*, illustrant toute la variété de son savoir-faire. Le catalogue précise dans sa notice que les « études de verrier » ont été « fondu(e)s à la cristallerie ». En effet, en 1894, Gallé inaugure son four verrier à Nancy, qui annonce une nouvelle ère de recherches dans ce domaine…   La commode Parfums d’autrefois montre la maîtrise exceptionnelle des techniques du bois, après 10 années de pratique dans les ateliers nancéiens.

 

Emile Gallé, "Parfums d'autrefois". console de salon avec glace d'entre fenêtres. 1894. Nancy, MEN, cliché C. Philippot

Emile Gallé, “Parfums d’autrefois”. console de salon avec glace d’entre fenêtres. 1894. Nancy, MEN, cliché C. Philippot

La grande découverte du Salon du Champs de Mars de 1893 fut celle du travail du cuir de Victor Prouvé et Camille Martin. L’exposition de 1894 accueille les fameuses reliures Salammbô, L’Art japonais ou L’Estampe originale, entre autres, mais aussi le coffret La Parure ou la coupe La Nuit, témoignant de l’apport capital de Victor Prouvé dans le domaine des arts décoratifs.

Victor Prouvé, coffret La Parure - état d'origine-, Nancy, MEN.

Victor Prouvé, coffret La Parure – état d’origine-, Nancy, MEN.

 

Présentés côte à côte, dans cette scénographie chargée caractéristique des « accrochages » 19ème siècle, ces artistes et artisans nancéiens forment déjà un groupe, au sein duquel se multiplient les collaborations, et donnant naissance à une émulation artistique inédite. En 1894, le public nancéien assiste à la naissance effective de l’École de Nancy.

« C’est une exposition d’art faite en vue de mieux mettre en lumière le talent varié, la puissance de production de beaucoup de nos artistes lorrains. (…) C’est une œuvre de propagande, c’est un acte dans la lutte engagée contre la France par nos adversaires et nos ennemis. C’est une manifestation en faveur de l’art décoratif dont le caractère et l’importance a trop longtemps été méconnu. »

Extrait du discours de M. André, lors de l’inauguration de l’Exposition d’Art décoratif et industriel Lorrain.

Commission :

MM. André, membre du Conseil municipal ; Marcot, ancien membre du Conseil municipal ; De Meixmoron de Donbasle, ancien président de la Société des Amis des Arts ; Larcher, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts ; Goutière-Vernolle, directeur de la Lorraine Artiste ; Charbonnier, professeur de dessin au Lycée ; Camille Martin, peintre ; Emile Gallé, fabriquant d’objets d’art ; Antonin Daum, maître-verrrier ; Louis Majorelle, tapissier, fabriquant de meubles de luxe ; Hennequin, ancien magistrat ; René Wiener, relieur.

 

*Exposition Universelle de 1889 à Paris.

Derniers jours…

mardi 24 juin 2014

Que la fête du 26 juin n’éclipse pas l’actualité des expositions au musée de  l’École de Nancy…

Ce sont en effet les derniers jours d’ouverture de l’exposition proposée dans le cadre du centenaire de la Première Guerre Mondiale:

Les artistes de l’École de Nancy et la première guerre mondiale

Louis Hestaux, village en ruines, 1914. MEN, cliché D. Boyer

Louis Hestaux, village en ruines, 1914. MEN, cliché D. Boyer

L’année 1914 voit la fin de l’École de Nancy en tant qu’association. Elle est dissoute en août, quelques jours après la déclaration de guerre. Les artistes et les manufactures issus de l’École de Nancy ne cesseront pourtant pas leurs activités. Victor Prouvé, Louis Hestaux, Louis Majorelle et les Établissements Gallé participeront, au travers de leur production à l’effort de guerre.

L’exposition évoque tour à tour les crimes de la guerre, qui touchent très tôt la région de Nancy, comme l’incendie de Gerbéviller, l’effort de guerre par l’image (diplômes, bons points, affiches, etc…), la célébration de la paix retrouvée et la commémoration de la victoire qui voit certains artistes impliqués dans la création des monuments. Enfin la dernière partie évoque tout particulièrement la production industrielle des Établissements Gallé pendant (et après?) le conflit, domaine jusqu’ici rarement évoqué.

Cette exposition rassemble presque exclusivement des œuvres conservées dans les collections du musée, en particulier des gravures, dessins et imprimés, à l’exception des vases et plateaux des Établissements Gallé, que notre appel à contribution lancé l’an passé avait permis de découvrir.

Etablissements Gallé, vase Cathédrale de Reims, coll. part. Cliché D. Boyer

Établissements Gallé, vase Cathédrale de Reims, coll. part. Cliché D. Boyer

Vite! Il ne vous reste que quelques jours pour la découvrir…

Rendez-vous jusqu’à dimanche 29 juin
De 10.00 à 18.00
et exceptionnellement jusqu’à 20.00 le 26 juin (avec entrée gratuite!)!

Pour en savoir plus… téléchargez le pdf du petit Journal d’exposition
ou télécharger le petit journal enfant (1 ère partie - 2ème partie)

 

Les fleurs, la mode…

mardi 3 juin 2014

Si vous êtes passés à la villa Majorelle lors de la Nuit des Musées, vous avez pu découvrir le travail amusant des enfants de l’école du Placieux pour le projet “La classe, l’œuvre!”.

A partir de la chambre à coucher de Louis Majorelle, les enfants ont imaginé une armoire – papillon- et tout un vestiaire inspiré par les formes naturelles. On pouvait ainsi s’imaginer porter un pantalon “carotte” , une jupe “oignon”, ou encore un pull “blé”… De quoi donner des idées aux grands créateurs qui n’en finissent pas de réinterpréter les modes passées…

Robe tulipe

Robe tulipe

Jupe oignon

Jupe oignon

ou pull Blé...

ou pull Blé…

 

L’idée de rechercher dans les formes naturelles l’inspiration de nouvelles création est l’essence même de la démarche de nos artistes de l’École de Nancy, et plus généralement de l’Art nouveau. La mode n’échappa pas à l’application de cette théorie. Le musée de l’École de Nancy a la chance de conserver l’un des plus beaux exemples en ce domaine, la robe Bord de rivière au printemps, de Victor Prouvé, réalisée avec la maison Courteix…

En 1900 – comme aujourd’hui!- la mode est avant tout une affaire parisienne… Les grandes maisons de couture dictent les styles dont s’inspirent ensuite les provinciales grâce aux revues de mode. La “haute couture”, alliée à la haute société, fait de la saison des mondanités un défilé incessant de nouveautés et de tendances. La comtesse Greffuhle, qui inspira à Proust le personnage de la Duchesse de Guermantes , est restée célèbre pour ses tenues spectaculaires et inhabituelles. Grande cliente du couturier Worth, on la voit par exemple photographiée dans une robe brodée de lis, à col en forme d’ailes de chauvre-souris, soulignant la cambrure et la finesse extrême de sa taille (1).

Cette courbe en S, ainsi marquée par un corset accentuant la cambrure et faisant saillir la poitrine, caractérise la silhouette féminine des années 1894-1904. Cette ligne serpentine et souple s’accorde parfaitement avec les recherches formelles de l’Art nouveau. Pourtant, l’intérêt pour des motifs inspirés par l’observation la nature semblent avoir été rare et réservé à certains milieux cultivés. Le motif floral est cependant très présent, mais dans une version plutôt XVIIIème, dans laquelle l’élégante est identifiée à une nymphe  “évocatrice des grâces de Trianon”, vêtue de “taffetas noir ou Pompadour à bouquets estompés”,… (2)

Dans son compte-rendu des tendances vestimentaires de l’année, Sybil de Lancey (2) cite justement la robe de Prouvé, “une robe exposée au milieu des œuvres d’art pur, une œuvre d’art elle-même”, lui reprochant “ce lourd drap de soie ivoire”.
L’auteur est cependant impressionné par “un dessin exquis et rare, un merveilleux travail”. La maison de broderie Courteix présente d’ailleurs ce modèle, véritable manifeste de son savoir-faire, dans une galerie d’art (3), et non dans son showroom…

"Bord de rivière au printemps", un poème de soie selon Victor Prouvé et Fernand Courteix... MEN, cliché C. Philippot

“Bord de rivière au printemps”, un poème de soie selon Victor Prouvé et Fernand Courteix… MEN, cliché C. Philippot

Si ces considérations de qualité de textiles n’ont semble-t-il guère préoccupé Prouvé et Courteix, l’extrême sophistication du motif de broderie, tant dans sa composition que dans sa réalisation, dit bien la volonté de faire de cette robe un manifeste. Il s’agit bien ici de démontrer comment adapter à un objet du quotidien, le vêtement, les mêmes principes décoratifs que ceux qui participent alors au renouveau des arts décoratifs. Fils de dessinateur en broderie, Victor Prouvé connaît parfaitement à la fois les techniques et l’histoire de la broderie. Il collabore avec Courteix, avec les tissages de Julienrupt ou encore la maison Heymann- Lingelor pour concevoir des modèles de galons, ceintures, cols, bonnets… aux motifs végétaux renouvelés – primevères, ancolies, capucines, chèvrefeuilles, passiflores…-  et adaptés aux contraintes de la production mécanisée. L’ambition de Bord de rivière au printemps est toute autre…

La traine de la robe est doublée d'un voile de mousseline brodé.MEN, Cliché C. Philippot

La traine de la robe est doublée d’un voile de mousseline brodé.MEN, Cliché C. Philippot

 

Prouvé joue habilement avec la forme traditionnelle de la robe pour recréer un univers aquatique peuplé de plantes et d’insectes. Le décor brodé se concentre sur la partie inférieure de la jupe évasée qui se prolonge en une longue traine. Un réseau savant de fils métalliques argents et dorés forme une résille  évoquant l’eau et ses remous d’où jaillissent les gerbes d’iris, de nénuphars et de sagittaires. Le mouvement du tissu doit lui même répéter et recréer l’impression de flou et d’ondulation.

Détail de la broderie. Cliché C. Philippot

Détail de la broderie. Cliché C. Philippot

Sur le plastron de la robe brodé de fils dorés et de paillettes s’est posée une libellule en argent. Le bijou – qui n’est pas sans évoquer Lalique – complète logiquement le vêtement, dans une étroite symbiose. La richesse et la préciosité du travail de broderie contredisent sans doute l’idée même de l’art appliqué à un objet du quotidien… Mais le résultat est un vibrant hommage au savoir-faire des petites-mains anonymes , les “industrieuses abeilles de la mode, les ouvrières de l’élégance” ainsi que les décrit le critique Arsène Alexandre (4), qui font la réputation des grandes maisons.

Détail du corsage, avec le bijou plastron en forme de libellule. Cliché C. Philippot

Détail du corsage, avec le bijou plastron en forme de libellule. Cliché C. Philippot

Bord de rivière ne fut sans doute jamais portée. Peut-être a-t-elle inspiré d’autres créateurs… Elle répond, à sa façon, à ce principe évoqué dans la revue Les Modes paru en février 1901 selon laquelle la femme du XXème siècle doit “se trouver en harmonie plus étroite avec elle-même d’abord […], ensuite avec les décors inédits où elle doit vivre désormais”.

Attribuée à Callot Sœurs, jupe, vers 1900-1905. Paris, Palais Galliera

Attribuée à Callot Sœurs, jupe, vers 1900-1905. Paris, Palais Galliera (5)

Ainsi, “la toilette devait être déterminée par l’endroit où elle était portée” affirme Henry van de Velde dans ses mémoires, dès 1896 (6). Pour lui, qui habilla sa femme en harmonie complète avec leur maison, le renouveau du vêtement passe certes par le décor – mais abstrait, au lieu de “décors naturalistes obsolètes et sans fonction”- mais également par la manière dont ce décor est appliqué au vêtement, afin de “souligner les coutures” et rehausser “l’assemblage du vêtement”. Enfin, van de Velde se posa comme l’un des pionniers dans la lutte contre la tyrannie de la mode parisienne imposant la ligne corsetée, non seulement néfaste pour le corps, mais inadaptée à la vie quotidienne des femmes, en dessinant des vêtement de coupe ample, à un seul pan . Malgré ces tentatives mêlant étroitement confort, harmonie, ou hygiène, mais aussi vie moderne et quotidien,  la mode féminine restera prisonnière du corset et des jupons longs jusqu’à la première Guerre Mondiale.

 Bord de rivière est resté un exemple unique, fragile, presque irréel, destiné à  une femme idéale à taille de guêpe, qui se serait évaporée au tournant du siècle …

Détail d'un iris brodé en passé plat ton sur ton. On distingue l'état parcellaire du tissu, repris et préservé lors de la restauration de la robe. Cliché C. Philippot

Détail d’un iris brodé en passé plat ton sur ton. On distingue l’état parcellaire du tissu d’origine, repris et consolidé lors de la restauration de la robe. Cliché C. Philippot

NB: L’extrême fragilité de la robe Bord de rivière au printemps impose des conditions de conservation très strictes, à plat, dans un conditionnement adapté, à l’abri de la lumière.  Elle a été entièrement restaurée, mais cependant, chaque manipulation met en danger son intégrité. Elle n’est donc sortie des réserves qu’exceptionnellement et rarement exposée. On a pu l’admirer pour la dernière fois en 2008, lors de l’exposition consacrée à Victor Prouvé au musée de l’École de Nancy.

Un gerbe de sagittaires d'eau dorées jaillit de l'onde... Cliché C. Philippot

Un gerbe de sagittaires d’eau dorées jaillit de l’onde… Cliché C. Philippot

(1) On peut voir plusieurs exemples de la garde-robe de la Comtesse Greffuhle (conservée au Palais Galliera à Paris), ainsi qu’un panorama de l’élégance de la parisienne présentés à l’exposition du musée du Petit-Palais “Paris 1900″.
(2) “La mode et les modes”par Sybil de Lancey, dans la revue Les Modes, n°5, mai 1905.
(3) La robe est exposée en août 1900 à la Galerie des Artistes Modernes, 19 rue Caumartin, qui accueillait notamment les expositions du Groupe des Cinq puis L’Art dans Tout.
(4) Arsène Alexandre,Les Reines de l’aiguille, modistes et couturières, Paris, 1902.
(5) Cette jupe exposée dans l’exposition Paris 1900. La ville spectacle, au musée du Petit Palais, présente un décor floral de cordonnet appliqué dont la composition évoque  – en une version très simplifiée- les lignes du corsage de la robe de V. Prouvé.
(6) Voir également son article consacré au vêtement féminin: “Das neue Kunst-Prinzip in der modernen Frauen-Kleidung”, Dekorative Kunst, 1902.

Impatients…

vendredi 21 mars 2014

… de découvrir la prochaine exposition du musée du Petit Palais à Paris…

Paris 1900. La ville spectacle
A partir du 2 avril

… et fiers d’y présenter plusieurs pièces des collections du musée de l’École de Nancy!

Paris 1900, la nouvelle exposition du musée du Petit Palais, à Paris

Paris 1900, la nouvelle exposition du musée du Petit Palais, à Paris

On pourra donc y retrouver La Nuit de Victor Prouvé ou encore des reliures de Camille Martin…

Paris – Nancy 1900, même combat?!

Victor Prouvé, coupe La Nuit. Nancy, MEN. Cliché C. Philippot

Victor Prouvé, coupe La Nuit. Nancy, MEN. Cliché C. Philippot

Des détails ici, ainsi que des informations sur la riche programmation de conférences et projections…

Les artistes de l’Ecole de Nancy et la Première Guerre Mondiale

lundi 17 mars 2014

A l’occasion des célébrations du centenaire de la Première Guerre Mondiale, le musée de l’École de Nancy a sorti de ses réserves un ensemble captivant d’œuvres réalisées pendant et après la guerre par les artistes qui firent les beaux jours de l’association.

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L’association est dissoute alors que les premiers soldats sont mobilisés. Si la plupart des membres de l’École de Nancy sont trop âgés pour partir combattre, ce n’est pas le cas de leur main d’œuvre, immédiatement et massivement enrôlée. Les premières batailles se déroulent aux portes de Nancy… La guerre bouleverse toute la production artistique locale, nécessitant fermeture ou délocalisation des ateliers.

Pourtant, il faut survivre et même participer à l’effort de guerre. Les premiers croquis de  Louis Hestaux ou de Victor Prouvé témoignent avec consternation des destructions qui frappent les villages proches de Nancy. On croyait alors à un conflit express…

Louis Hestaux, village en ruines. MEN, cliché D. Boyer

Louis Hestaux, village en ruines. MEN, cliché D. Boyer

Prouvé met ensuite son art au service de l’éducation des populations civiles par le biais d’affiches, de diplômes, et même de bons points. Les établissements Gallé retrouvent l’élan de Gallé, disparu 10 ans plus tôt, en produisant des séries de verreries, pour certaines “parlantes”, évoquant les destructions ou la ligne bleue des Vosges, symbole des combats pour les territoires perdus.

Ets Gallé, vase Cathédrale de Reims. MEN. Cliché D. Boyer

Ets Gallé, vase Cathédrale de Reims. Collection particulière. Cliché D. Boyer

Enfin, à la fin de la guerre, la commémoration des sacrifices et l’éloge rendu aux héros des tranchées nécessitent la production de médailles et autres monuments symboliques. La reprise lente de l’activité des ateliers d’art nancéiens est, comme pour l’ensemble du pays, un passage forcé vers une autre époque, l’entrée réelle dans le 20ème siècle. Et la fin définitive d’un rêve d’union.

V. Prouvé, affiche Noël pour la Grande Paix qui vient. MEN. Cliché D. Boyer

V. Prouvé, affiche Noël pour la Grande Paix qui vient. MEN. Cliché D. Boyer

 

Exposition proposée dans la petite galerie du verre et au premier étage.
Du 19 mars au 29 juin
Œuvres de Victor Prouvé, Louis Hestaux, Louis Majorelle et des Etablissements Gallé., issues des collections du musée de l’Ecole de Nancy et de collections privées.

Petit journal d’exposition adulte et enfant, en français. Gratuit
Visites guidées de l’exposition les 27 mars, 25 avril et 24 mai à 16.30Tarif: 1,60 € + billet, sans réservation