Archive pour le mot-clef ‘restauration’

Aux petits soins pour Gruber…

Jeudi 7 avril 2011
La préparation d’une exposition donne souvent lieu à un travail important de restauration des oeuvres avant leur exposition. L’exposition consacrée à Gruber en septembre prochain ne déroge pas à cette règle. Après le vitrail, la campagne de restauration concerne aujourd’hui les documents graphiques, particulièrement fragilisés par les années.

Armelle Poyac, de l'atelier " A la page"

Armelle Poyac, restauratrice en arts graphiques, a entrepris de raffraîchir et de stabiliser plusieurs dessins et imprimés en vue de leur exposition. Cela va du petit nettoyage à la gomme, dont le résultat peut être saisissant, à des interventions plus lourdes, comme le comblement de déchirures et de lacunes.

Le gommage

Petit test "avant/après"

Il n’est pas rare de trouver sur des documents anciens des réparations antérieures: en vieillissant, les scotchs jaunissent, durcissent, se décollent, mais surtout ils marquent de manière presque indélébile le papier.

Armelle Poyac au travail

La boîte à couleur

Restaurateur = chirurgien du papier?

Sur cette affiche pour le Concours de Tir de la Ville de Nancy, outre de multiples pliures et déchirures, la lecture de l’oeuvre était fortement gènée par des manques dans la bordure. Conformément à la déontologie de la restauration, ces manques ont été comblés par un papier proche dans la tonalité, mais parfaitement visible. Si une partie du liseret vert à été reprise au pastel, la bordure jaune n’a pas été reproduite pour ne pas alourdir la restauration.

Une déchirure bien visible

et pratiquement invisible après intervention

L'affiche très abîmée avant

la réparation: un comblement et une reprise au pastel du liseret

Même réparation mais sans reprise de couleur

 Heureusement, elle garde le sourire…

La Colombe embellie

Vendredi 25 mars 2011

En vue de l’exposition consacrée au maître-verrier Jacques Gruber qui sera présentée à partir de septembre 2011 aux Galeries Poirel, le Musée de l’Ecole de Nancy a lancé une campagne de restauration des vitraux qui seront exposés et qui sont pour la plupart inédits. L’intervention a été réalisée par trois restaurateurs de l’Atelier Pinto (Poitou-Charentes), diplômés d’état en conservation-restauration de biens culturels et spécialisés en vitrail. Durant trois jours de travail, huit vitraux ont pu être restaurés sur place, et deux ont été emportés pour être traités en atelier.

Vitrail La Colombe

L’essentiel de ce travail a consisté en un nettoyage en profondeur des vitraux, à l’aide d’une brosse plongée dans un mélange d’eau et d’acétone. D’autres travaux ont été réalisés, comme le remplacement de fixations et de verres manquants sur certaines œuvres, ou encore le redressage des vitraux qui étaient fortement affaissés dans leur encadrement.

Vitrail La Colombe

Toutes les mesures prises ont été faites dans le respect de la déontologie des restaurateurs-conservateurs, qui impose notamment de pratiquer une restauration qui soit visible et réversible.

Vitrail La Colombe - Avant/après le premier nettoyage

Rendez-vous à partir du 16 septembre 2011 à Poirel pour admirer ce vitrail et beaucoup d’autres oeuvres de Jacques Gruber.

La rentrée de Paul Nicolas

Mardi 10 août 2010

Bien qu’il reste encore un peu plus de deux semaines pour visiter l’exposition « Camille Martin. Le sentiment de la nature« , le musée de l’Ecole de Nancy prépare activement sa prochaine exposition. Celle-ci sera consacrée au décorateur et verrier Paul Nicolas (1875-1952) qui fut l’un des principaux collaborateurs d’Emile Gallé (1846-1904) avant de fonder sa propre verrerie en 1919.

Au programme de l’exposition, de nombreuses verreries bien évidemment, mais aussi des dessins (études de fleurs, paysages, projets de vases) et des documents (notamment des diplômes) dont la restauration, menée à bien par Armelle Poyac (atelier Lapage), vient de s’achever.

Plus d’informations sur l’exposition ici mais nous ne manquerons pas de vous en reparler très vite…

Camille Martin et la reliure

Lundi 30 novembre 2009

Les préparatifs de l’exposition Camille Martin vont bon train. Après les arts graphiques, c’est au tour des reliures de l’artiste de subir une rénovation. Aussi fragiles que les oeuvres sur papier, les reliures et objets en cuir ne doivent être que peu exposés à la lumière et nécessitent des conditions de conservation et de présentation très contrôlées.

Au programme de cette intervention, menée par Ségolène Walle, restauratrice en arts graphiques et reliures installée à Paris : dépoussiérage, cirage, lustrage… Il fallait bien cela pour ces rares et magnifiques objets dont l’originalité est de combiner plusieurs techniques : mosaïque de cuir repoussé, peint et patiné, pyrogravure, émaillage, gauffrage, estampage, dorure à chaud et à froid… Sans parler du décor qui recouvre, en une scène continue, les deux plats et le dos de l’ouvrage : une conception de l’art total portée à l’échelle d’un livre.

Ségolène Walle travaillant sur la reliure pour "L'Estampe originale" (1894)

Ségolène Walle travaillant sur la reliure pour "L'Estampe originale" (1894)

En collaboration avec Victor Prouvé et le relieur René Wiener, Camille Martin créa un nouveau genre de reliures « modernes, voyantes, choquantes, extravagantes, tapageuses » (selon les commentateurs de l’époque) qui rompent considérablement avec les codes de la reliure traditionnelle. En 1893, les premières reliures de ce trio artistique sont présentées au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts à Paris. Elles créent la surprise et suscitent autant l’émerveillement que l’indignation. En tout cas, ce sont elles qui amènent à l’école lorraine d’art décoratif sa première reconnaissance sur les plans national et international.

Les sept reliures de Camille Martin, appartenant aux collections du musée de l’Ecole de Nancy, ont fait peau -presque- neuve.

Elles sont toutes là : les reliures pour Le Japon (tome 2), L’agenda du Bon Marché, Les Ronces, La Mélancolie, L’Estampe originale, La Forêt et la Vigne vierge.

Vous retrouverez ces reliures et bien d’autres -dont de nombreuses inédites- à l’exposition Camille Martin, à partir du 26 mars 2010, au musée de l’Ecole de Nancy.

LES P’TITS PAPIERS DE CAMILLE MARTIN

Vendredi 30 octobre 2009
Petits dessins et grandes affiches de Camille Martin

Petits dessins et grandes affiches de Camille Martin

La préparation d’une exposition est l’occasion idéale pour un musée de procéder à la restauration des oeuvres avant leur présentation au public. L’exposition que le musée consacre au peintre et décorateur Camille Martin à partir du 26 mars 2010 va permettre la restauration de dessins, peintures, reliures et objets réalisés par l’artiste.     Armelle Poyac (atelier Lapage, Nancy) est restauratrice en arts et documents graphiques. Elle termine la restauration des dessins, gravures et affiches qui seront présentés au musée l’année prochaine. Un atelier a été provisoirement installé à la Villa Majorelle pendant plusieurs semaines pour l’accueillir.

Armelle Poyac en train de nettoyer une lithographie de Camille Martin

Armelle Poyac en train de nettoyer une lithographie de Camille Martin

Quelques instruments de travail.

Quelques instruments de travail.

La restauration peut recouvrir bien des aspects selon l’état des oeuvres : dépoussiérage, comblement des lacunes, enlèvement d’anciennes fixations qui peuvent s’avérer dangeureuses  pour le support et pour l’oeuvre, renfort des parties sensibles, humidification et mise à plat des pliures, et enfin mise en place de charnières ou de fausses marges avant encadrement.

L'incontournable avant/après restauration d'un dessin de chauve-souris de Camille Martin

L'incontournable avant/après restauration d'un dessin de chauve-souris de Camille Martin

Une fois encadré, ce dessin – et de nombreux autres – sera à voir sur les cimaises du musée, du 26 mars au 29 août 2010 à l’exposition Camille Martin. Le sentiment de la nature.