Archive pour le mot-clef ‘Nuit des musées’

Quand les enfants interprètent l’Art nouveau…

jeudi 16 juin 2016

Lors de la Nuit des musées, le 17 mai dernier, était présenté au musée le travail des classes ayant participé au cours de l’année à l’opération “La classe, l’œuvre!”.

Fruit d’un partenariat entre les ministères de la Culture et de la Communication et de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, « La classe, l’œuvre ! » est un dispositif d’éducation artistique et culturelle qui repose sur la collaboration étroite entre une classe et un musée de proximité.

Il invite les élèves à étudier une ou plusieurs œuvres du musée partenaire durant l’année, à imaginer des productions en lien avec l’œuvre (textes littéraires, créations sonores, visuelles, chorégraphiques, etc.) et à concevoir une médiation des œuvres étudiées, pouvant ensuite être présentée aux visiteurs lors de la Nuit des musées.

En 2016, des classes de CE2 – CM1-CM2 des écoles Charlemagne et Boudonville de Nancy ont ainsi travaillé autour d’une œuvre emblématique du musée, l‘Amphore du Roi Salomon d’Émile Gallé, réalisée pour l’exposition universelle de 1900.

Emile Gallé, amphore du roi Salomon, 1900. MEN. Cliché C. Philippot

Emile Gallé, amphore du roi Salomon, 1900. MEN. Cliché C. Philippot

Cette pièce, de dimensions exceptionnelles, a été inspirée à Gallé par le conte “La Rêveuse” de Marcel Schwob. Elle porte d’ailleurs une citation gravée extraite du texte: ” Cette cruche habitait/ autrefois l’océan/ elle contenait un génie qui était prince/ fille sage saurait briser enchantement/ par permission du roi Salomon/ qui a donné la voix aux mandragores/ Marcel Schwob”. L’héroïne du récit, Marjolaine, convaincue qu’elle est cette jeune fille sage, laisse passer sa vie dans l’attente du prince, au lieu de saisir un bonheur plus réel. Gallé en fait une œuvre politique, dans le contexte de l’affaire Dreyfus qui divise alors la France. Il place l’amphore au centre de son four verrier, parée du sceau du roi Salomon, se plaçant ainsi de manière visible dans le camp des Dreyfusards.

Le travail des classes autour de cette œuvre les invitait dans un premier temps à découvrir un lieu, un mouvement artistique et des artistes ayant travaillé dans un environnement proche et familier. Il s’agissait ensuite d’approfondir cette rencontre avec l’objet d’art afin d’amener les enfants à l’interpréter puis à imaginer une création plastique.

Les classes de l’école Boudonville ont travaillé sur le texte du conte, dans lequel figurent en tout 7 amphores. Ils ont ensuite réalisé 7 versions ce ces amphores à partir de bouteilles en plastique recyclées, qui leur ont permis de travailler sur l’idée de la transparence / opacité et sur la notion de récupération et de recyclage. Ils ont d’ailleurs placé à l’intérieur de leurs amphores des segments de la devise de Gallé “Ma racine est au fond des bois parmi les mousses, autour des sources”.

visuel 1

L’une des 7 cruches de Marjolaine, celle “pareille à l’énorme cupule azurée d’une fleur australe”, et qui contient “tout le ciel du paradis terrestre et les fruits riches de l’arbre, et les écailles enflammées du serpent, et le glaive ardent de l’ange”…

visuel 2

Et la cruche dans laquelle “Giauharé avait enclos toutes ses robes marines, tissées d’algues et tachées de la pourpre des coquillages”…

 

Parallèlement, ils ont été invité à travailler sur la création de textes à partir de deux amorces inspirées par le conte: “Si j’avais sept amphores…” et “C’est bien d’aller au musée de l’Ecole de Nancy la nuit, à la manière de Philippe Delerme…”

En voici deux exemples:

Si j’avais sept amphores,

Je dessinerais la première avec la couleur grise de mon crayon.

La seconde serait peinte aux couleurs vives de l’arc en ciel.

Sur la troisième, je graverais un cœur dans la pierre.

Je sculpterais la quatrième avec la couleur de la brique.

La cinquième en terre cuite.

La sixième serait en verre rose fuschia.

Et la septième rassemblerait la beauté de toutes les autres.

 Marie-Lou, CM1

«  C’est bien d’aller au Musée Ecole de Nancy la nuit…  »

En principe, on y va le matin, le jour ou encore l’après-midi , mais sûrement pas la nuit…surtout que c’est interdit. Alors, un jour, un jour pas comme les autres, on se décide pour y aller la nuit, mais on a peur. On sort de la maison et on se fait le plus discret possible pour ne pas éveiller les parents. On regarde bien partout pour ne pas se faire remarquer. Après quelque temps de marche, seul dans la nuit, on aperçoit le musée au loin. Quand on arrive, c’est là, à ce moment précis, qu’on a le plus peur. On regarde si la grande porte du musée est ouverte et là, miracle, elle est ouverte. Alors on se faufile et on découvre  tous les secrets du musée. On voit des vases de plusieurs couleurs tous plus beaux les uns que les autres, quelques tableaux aussi, des meubles originaux et des vitraux multicolores. Ensuite, on monte un grand escalier et on découvre un lit qui nous intrigue.  On regarde, on déchiffre des noms qui nous paraissent inconnus. Aube et Crépuscule. Et puis on découvre une chose verte. C’est une amphore. Il y en a deux  : une assez récente d’un vert clair magnifique bien scellée et une plus ancienne qui nous intrigue davantage encore. On aimerait en percer le mystère. Juste après, on regarde notre montre. «  Minuit  » déjà. On se précipite et on rentre chez soi. On se glisse alors sous les grandes et moelleuses couvertures de notre lit….et on s’endort en rêvant à toutes ces belles choses…

 C’est bien d’aller au Musée de l’École de Nancy la nuit  .

 Camille CM1

Pour l’École Charlemagne, le conte de Marcel Schwob a lui aussi été au cœur de la réflexion des enfants autour de l’œuvre de Gallé.

Les élèves en ont sorti l’idée qu’il fallait pleinement vivre sa vie. Ils ont alors choisi un tableau qui évoquait le plaisir de vivre comme la danse, le cirque, la musique…, en lien avec ce qu’ils aiment faire de leur propre vie. Chaque élève a reproduit de manière personnelle le tableau choisi. Dans une démarche surréaliste, les élèves ont intégrés dans leur tableau, une amphore, un livre et un objet témoins des activités qu’ils aiment pratiquer. Ces compositions ont été disposées dans un mini-cabinet de curiosités.

Le cabinet de curiosités de l'école Charlemagne

Le cabinet de curiosités de l’école Charlemagne

Parallèlement, les élèves ont participé à un atelier musical dirigé par Laurie Olivier, intervenante en musique, et conçu un spectacle autour du thème de l’amphore du roi Salomon d’Emile Gallé. La représentation a eu lieu en mars 2016 au Conservatoire de Musique de Nancy. Voici le texte lu par un élève, au début du spectacle :

« Cette cruche habitait autrefois l’Océan, Elle contenait un génie qui était prince. Fille sage saurait briser l’enchantement. Avec la permission du roi Salomon Qui a donné la voix aux mandragores.” Cet extrait du conte « La rêveuse » écrit par Marcel Schwob est gravé sur l’amphore du roi Salomon, réalisée par Émile Gallé. Cette amphore évoque, à travers son camaïeu de verts,  de bleus et ses petits coquillages gravés, le monde marin.  Aussi, avons-nous choisi d’interpréter cet univers de la mer à travers une chorégraphie musicale tout en rythme,  en chant et dans une danse gestuelle poétique. Nous vous invitons dès à présent à découvrir dans ce voyage aquatique, une anémone des mers. »

Le spectacle des enfants au conservatoire

Le spectacle des enfants au conservatoire

Lors de la Nuit des musées, les élèves sont également devenus médiateurs, pour présenter et partager leur travail. Une manière de prolonger un peu l’expérience…

Un visiteur de la Nuit des musées, très attentif aux explications des enfants...

Un visiteur de la Nuit des musées, très attentif aux explications des enfants…

Bravo aux élèves pour leur implication et leur beau travail, ainsi qu’à leurs professeurs, Laetita Bessot et Véronique Pierrat de l’école de Boudonville, et Mme Iacono  de l’école Charlemagne, motivés et engagés !

Rendez-vous l’année prochaine, pour de nouvelles créations!

Demandez le programme!

jeudi 19 mai 2016

Samedi 21 mai à partir de 20h, c’est la Nuit des Musées à Nancy!

Voici le programme de ce qui vous attend!

Flyer-a-imprimer-001Flyer-a-imprimer-002Nous vous attendons nombreux!

Une bonne Nuit!

vendredi 22 mai 2015

Beau succès pour notre Nuit des Musées, au musée de l’École de Nancy et à la villa Majorelle, où se sont pressés de nombreux visiteurs noctambules!

Les guides du musée ont proposé des commentaires sur les oeuvres ayant pour thème la nuit... comme ici le lit d’Émile Gallé "Aube et crépuscule"...

Les guides du musée ont proposé des commentaires sur les œuvres ayant pour thème la nuit… comme ici le lit d’Émile Gallé “Aube et crépuscule”…

En première partie de soirée, les élèves de classe de 5ème du collège La Plante Gribé de Pagny sur Moselle ont présenté le fruit de leur travail autour du vitrail de la Salle de Jacques Gruber, dans le cadre du projet national La Classe, L’œuvre!

« Célébrer l’Art nouveau en travaillant la spontanéité »

Séverine Altmayer enseigne les arts plastiques au collège La Plante Gribé de Pagny-sur-Moselle

« D’abord attirée, comme tant d’autres d’enseignants de la région, par le Centre Pompidou Metz, je me suis orientée vers un autre musée, celui de l’École de Nancy pour vivre l’aventure de « La classe, l’œuvre ! » avec ma classe de 5e. L’œuvre proposée par le musée – un grand vitrail de Jacques Gruber figurant un paon au milieu de fleurs – a subjugué les enfants. C’était un choc pour eux, après avoir d’abord travaillé sur images, de découvrir l’œuvre en taille réelle. Ils ont découvert aussi qu’un vitrail pouvait provenir non seulement d’une église, mais aussi – c’est le cas ici – d’une maison particulière et représenter non des motifs religieux, mais la faune et la flore, qui sont la source d’inspiration de l’Art nouveau. Les enfants sont fiers de s’approprier un peu de l’œuvre de Jacques Gruber, et plus largement, de découvrir le magnifique patrimoine de leur région. »

L'interprétation du vitrail de Gruber par les élèves: visuelle et gestuelle au son des oiseaux

L’interprétation du vitrail de Gruber par les élèves: visuelle et gestuelle au son des oiseaux

Une danse matérialisée par les voiles, coordonnées au chant des oiseaux... une immersion dans la nature!

Une danse matérialisée par les voiles, coordonnées au chant des oiseaux… une immersion dans la nature!

 

Votez pour la mascotte!!

jeudi 23 avril 2015
le 16 mai prochain

le 16 mai prochain

Le 16 mai prochain aura lieu la nouvelle

NUIT EUROPÉENNE DES MUSÉES!

Bien sûr, le musée de l’École de Nancy ET la Villa Majorelle y participent activement… En attendant, l’organisation de la Nuit européenne des Musées a lancé un concours pour l’élection de la mascotte de la Nuit des Musées. Voici la mascotte du musée de l’École de Nancy, élue à l’unanimité par nos amis sur la page Facebook du musée:

Jacques Gruber, vitrail de La Salle, détail du paon. Musée de l’École de Nancy, cliché C. Philippot

Jacques Gruber, vitrail de La Salle, détail du paon. Musée de l’École de Nancy, cliché C. Philippot

Pour que la mascotte du musée devienne la mascotte de toute la Nuit des Musées, nous avons besoin de vous!

A partir du mercredi 29 avril, allez encore et encore voter pour le paon de Gruber sur la page Facebook de la Nuit des Musées ici!!!

Allez voter!!!

Allez voter!!!

Nous vous attendons avec impatience pour fêter la Nuit….

2015

vendredi 9 janvier 2015
2015

2015

 

Pour connaître le programme 2015, cliquez sur l’image!

Les fleurs, la mode…

mardi 3 juin 2014

Si vous êtes passés à la villa Majorelle lors de la Nuit des Musées, vous avez pu découvrir le travail amusant des enfants de l’école du Placieux pour le projet “La classe, l’œuvre!”.

A partir de la chambre à coucher de Louis Majorelle, les enfants ont imaginé une armoire – papillon- et tout un vestiaire inspiré par les formes naturelles. On pouvait ainsi s’imaginer porter un pantalon “carotte” , une jupe “oignon”, ou encore un pull “blé”… De quoi donner des idées aux grands créateurs qui n’en finissent pas de réinterpréter les modes passées…

Robe tulipe

Robe tulipe

Jupe oignon

Jupe oignon

ou pull Blé...

ou pull Blé…

 

L’idée de rechercher dans les formes naturelles l’inspiration de nouvelles création est l’essence même de la démarche de nos artistes de l’École de Nancy, et plus généralement de l’Art nouveau. La mode n’échappa pas à l’application de cette théorie. Le musée de l’École de Nancy a la chance de conserver l’un des plus beaux exemples en ce domaine, la robe Bord de rivière au printemps, de Victor Prouvé, réalisée avec la maison Courteix…

En 1900 – comme aujourd’hui!- la mode est avant tout une affaire parisienne… Les grandes maisons de couture dictent les styles dont s’inspirent ensuite les provinciales grâce aux revues de mode. La “haute couture”, alliée à la haute société, fait de la saison des mondanités un défilé incessant de nouveautés et de tendances. La comtesse Greffuhle, qui inspira à Proust le personnage de la Duchesse de Guermantes , est restée célèbre pour ses tenues spectaculaires et inhabituelles. Grande cliente du couturier Worth, on la voit par exemple photographiée dans une robe brodée de lis, à col en forme d’ailes de chauvre-souris, soulignant la cambrure et la finesse extrême de sa taille (1).

Cette courbe en S, ainsi marquée par un corset accentuant la cambrure et faisant saillir la poitrine, caractérise la silhouette féminine des années 1894-1904. Cette ligne serpentine et souple s’accorde parfaitement avec les recherches formelles de l’Art nouveau. Pourtant, l’intérêt pour des motifs inspirés par l’observation la nature semblent avoir été rare et réservé à certains milieux cultivés. Le motif floral est cependant très présent, mais dans une version plutôt XVIIIème, dans laquelle l’élégante est identifiée à une nymphe  “évocatrice des grâces de Trianon”, vêtue de “taffetas noir ou Pompadour à bouquets estompés”,… (2)

Dans son compte-rendu des tendances vestimentaires de l’année, Sybil de Lancey (2) cite justement la robe de Prouvé, “une robe exposée au milieu des œuvres d’art pur, une œuvre d’art elle-même”, lui reprochant “ce lourd drap de soie ivoire”.
L’auteur est cependant impressionné par “un dessin exquis et rare, un merveilleux travail”. La maison de broderie Courteix présente d’ailleurs ce modèle, véritable manifeste de son savoir-faire, dans une galerie d’art (3), et non dans son showroom…

"Bord de rivière au printemps", un poème de soie selon Victor Prouvé et Fernand Courteix... MEN, cliché C. Philippot

“Bord de rivière au printemps”, un poème de soie selon Victor Prouvé et Fernand Courteix… MEN, cliché C. Philippot

Si ces considérations de qualité de textiles n’ont semble-t-il guère préoccupé Prouvé et Courteix, l’extrême sophistication du motif de broderie, tant dans sa composition que dans sa réalisation, dit bien la volonté de faire de cette robe un manifeste. Il s’agit bien ici de démontrer comment adapter à un objet du quotidien, le vêtement, les mêmes principes décoratifs que ceux qui participent alors au renouveau des arts décoratifs. Fils de dessinateur en broderie, Victor Prouvé connaît parfaitement à la fois les techniques et l’histoire de la broderie. Il collabore avec Courteix, avec les tissages de Julienrupt ou encore la maison Heymann- Lingelor pour concevoir des modèles de galons, ceintures, cols, bonnets… aux motifs végétaux renouvelés – primevères, ancolies, capucines, chèvrefeuilles, passiflores…-  et adaptés aux contraintes de la production mécanisée. L’ambition de Bord de rivière au printemps est toute autre…

La traine de la robe est doublée d'un voile de mousseline brodé.MEN, Cliché C. Philippot

La traine de la robe est doublée d’un voile de mousseline brodé.MEN, Cliché C. Philippot

 

Prouvé joue habilement avec la forme traditionnelle de la robe pour recréer un univers aquatique peuplé de plantes et d’insectes. Le décor brodé se concentre sur la partie inférieure de la jupe évasée qui se prolonge en une longue traine. Un réseau savant de fils métalliques argents et dorés forme une résille  évoquant l’eau et ses remous d’où jaillissent les gerbes d’iris, de nénuphars et de sagittaires. Le mouvement du tissu doit lui même répéter et recréer l’impression de flou et d’ondulation.

Détail de la broderie. Cliché C. Philippot

Détail de la broderie. Cliché C. Philippot

Sur le plastron de la robe brodé de fils dorés et de paillettes s’est posée une libellule en argent. Le bijou – qui n’est pas sans évoquer Lalique – complète logiquement le vêtement, dans une étroite symbiose. La richesse et la préciosité du travail de broderie contredisent sans doute l’idée même de l’art appliqué à un objet du quotidien… Mais le résultat est un vibrant hommage au savoir-faire des petites-mains anonymes , les “industrieuses abeilles de la mode, les ouvrières de l’élégance” ainsi que les décrit le critique Arsène Alexandre (4), qui font la réputation des grandes maisons.

Détail du corsage, avec le bijou plastron en forme de libellule. Cliché C. Philippot

Détail du corsage, avec le bijou plastron en forme de libellule. Cliché C. Philippot

Bord de rivière ne fut sans doute jamais portée. Peut-être a-t-elle inspiré d’autres créateurs… Elle répond, à sa façon, à ce principe évoqué dans la revue Les Modes paru en février 1901 selon laquelle la femme du XXème siècle doit “se trouver en harmonie plus étroite avec elle-même d’abord […], ensuite avec les décors inédits où elle doit vivre désormais”.

Attribuée à Callot Sœurs, jupe, vers 1900-1905. Paris, Palais Galliera

Attribuée à Callot Sœurs, jupe, vers 1900-1905. Paris, Palais Galliera (5)

Ainsi, “la toilette devait être déterminée par l’endroit où elle était portée” affirme Henry van de Velde dans ses mémoires, dès 1896 (6). Pour lui, qui habilla sa femme en harmonie complète avec leur maison, le renouveau du vêtement passe certes par le décor – mais abstrait, au lieu de “décors naturalistes obsolètes et sans fonction”- mais également par la manière dont ce décor est appliqué au vêtement, afin de “souligner les coutures” et rehausser “l’assemblage du vêtement”. Enfin, van de Velde se posa comme l’un des pionniers dans la lutte contre la tyrannie de la mode parisienne imposant la ligne corsetée, non seulement néfaste pour le corps, mais inadaptée à la vie quotidienne des femmes, en dessinant des vêtement de coupe ample, à un seul pan . Malgré ces tentatives mêlant étroitement confort, harmonie, ou hygiène, mais aussi vie moderne et quotidien,  la mode féminine restera prisonnière du corset et des jupons longs jusqu’à la première Guerre Mondiale.

 Bord de rivière est resté un exemple unique, fragile, presque irréel, destiné à  une femme idéale à taille de guêpe, qui se serait évaporée au tournant du siècle …

Détail d'un iris brodé en passé plat ton sur ton. On distingue l'état parcellaire du tissu, repris et préservé lors de la restauration de la robe. Cliché C. Philippot

Détail d’un iris brodé en passé plat ton sur ton. On distingue l’état parcellaire du tissu d’origine, repris et consolidé lors de la restauration de la robe. Cliché C. Philippot

NB: L’extrême fragilité de la robe Bord de rivière au printemps impose des conditions de conservation très strictes, à plat, dans un conditionnement adapté, à l’abri de la lumière.  Elle a été entièrement restaurée, mais cependant, chaque manipulation met en danger son intégrité. Elle n’est donc sortie des réserves qu’exceptionnellement et rarement exposée. On a pu l’admirer pour la dernière fois en 2008, lors de l’exposition consacrée à Victor Prouvé au musée de l’École de Nancy.

Un gerbe de sagittaires d'eau dorées jaillit de l'onde... Cliché C. Philippot

Un gerbe de sagittaires d’eau dorées jaillit de l’onde… Cliché C. Philippot

(1) On peut voir plusieurs exemples de la garde-robe de la Comtesse Greffuhle (conservée au Palais Galliera à Paris), ainsi qu’un panorama de l’élégance de la parisienne présentés à l’exposition du musée du Petit-Palais “Paris 1900″.
(2) “La mode et les modes”par Sybil de Lancey, dans la revue Les Modes, n°5, mai 1905.
(3) La robe est exposée en août 1900 à la Galerie des Artistes Modernes, 19 rue Caumartin, qui accueillait notamment les expositions du Groupe des Cinq puis L’Art dans Tout.
(4) Arsène Alexandre,Les Reines de l’aiguille, modistes et couturières, Paris, 1902.
(5) Cette jupe exposée dans l’exposition Paris 1900. La ville spectacle, au musée du Petit Palais, présente un décor floral de cordonnet appliqué dont la composition évoque  – en une version très simplifiée- les lignes du corsage de la robe de V. Prouvé.
(6) Voir également son article consacré au vêtement féminin: “Das neue Kunst-Prinzip in der modernen Frauen-Kleidung”, Dekorative Kunst, 1902.

La classe, la Nuit!

mardi 13 mai 2014
Une nouvelle Nuit des Musées!

Une nouvelle Nuit des Musées!

Un nouveau rendez-vous à ne pas manquer!

Samedi 17 mai, c’est la NUIT DES MUSÉES!

le musée de l’École de Nancy
et
la Villa Majorelle
ouvrent leurs portes ce samedi
de 20.00 à minuit!

ENTRÉE GRATUITE pour TOUS!

Au programme:

* A la villa Majorelle: présentation du travail des enfants de deux classes de CE1 de l’école du Placieux, réalisés dans le cadre de l’opération “la classe, l’œuvre”:

Ce projet, lancé à l’initiative des ministères de la Culture et de l’Éducation Nationale, invitait des classes à choisir une œuvre parmi les collections de musée comme point de départ pour réaliser un projet artistique d’interprétation. Pour l’école du Placieux, il s’agit de la chambre à coucher de Louis Majorelle, conçue pour son usage personnel. On pourra donc découvrir comment des enfants de 8 ans perçoivent l’Art nouveau aujourd’hui!

Pour en savoir plus sur l’opération “La classe, l’œuvre”, regarder ici:

* Au musée de l’École de Nancy: en écho au projet “la classe, l’œuvre”, un parcours Majorelle, ponctué d’interventions de médiateurs, permet de mettre la lumière (dans la nuit!) sur les plus beaux ensembles de Louis Majorelle présentés, tels que la fameuse chambre à coucher, le piano La Mort du cygne ou le bureau Nénuphar…

et aussi: l’exposition Les artistes de l’École de Nancy et la Première Guerre mondiale, présentant le travail des artistes nancéiens pendant et après le conflit, alors que se tourne définitivement la page de l’École de Nancy…

Alors, on va tous au musée samedi soir!

BONNE NUIT!

Émile Gallé, coupe La Nuit, vers 1884. Nancy, MEN. Cliché C. Philippot

Émile Gallé, coupe La Nuit, vers 1884. Nancy, MEN. Cliché C. Philippot

Ô Nuit…

mardi 7 mai 2013

… des Musées 2013

 La nouvelle édition de la Nuit Européenne des Musées c’est samedi prochain, le 18 mai. L’occasion rêvée de prolonger un peu sa journée, par un détour au musée de l’Ecole de Nancy et à la villa Majorelle !

Cette année, le musée propose de partir à la recherche des intrus qui se sont glissés dans les collections permanentes à l’aide d’un livret jeu… Ouvrez bien vos yeux!

Pour les plus curieux encore, les guides du musée, répartis dans l’ensemble du musée, proposerons des commentaires rapides des grandes oeuvres du musée…

Rendez-vous pour une belle nuit, de 20h à minuit!
Entrée libre.

Nuit des Musées 2013

Nuit des Musées 2013

et pour connaître tout le programme dans votre région ou ailleurs c’est ici

NUIT DES MUSEES 2012

mardi 15 mai 2012

Programme très allèchant au musée de l’Ecole de Nancy avec les improvisations de la Compagnie Crache-Texte qui évoquera “le bon plaisir de Monsieur Corbin…” (animations pendant toute la soirée)

Une soirée à poursuivre ensuite à la villa Majorelle ouverte en nocturne pour l’occasion…

Nuit des Musées 2012

Samedi 19 mai de 20h à Minuit

Consultez le programme complet sur: http://nuitdesmusees.culture.fr/

Douce Nuit…

jeudi 12 mai 2011

Samedi 14 mai

NUIT européenne des MUSEES

Rendez-vous au musée de l’Ecole de Nancy et à la Villa Majorelle

de 20h à minuit

Entrée libre dans le musée et le jardin illuminés pour une nuit magique!  

Au musée, toutes les demi heures environ, nos guides vont donneront quelques commentaires “éclairés” de plusieurs oeuvres du musée liées aux horticulteurs nancéiens, et en particulier à Victor Lemoine…  

A samedi!  

Emile Gallé, Surtout de table Les Pontédéries, Nancy, musée de l'Ecole de Nancy