Archive pour le mot-clef ‘Jugendstil’

et ailleurs…

vendredi 23 octobre 2015

Le 17 octobre a ouvert ses portes à Hambourg une grande exposition consacrée à l’Art nouveau: Art nouveau. The great utopian vision.

L’exposition, assortie du réaménagement des collections permanentes dévolues à l’Art nouveau au Museum für Kunst und Gewerbe (MKG), retrace cette période artistique en soulignant l’importance des enjeux sociétaux qui motivèrent le mouvement partout en Europe. Pendant international au propos de l’exposition présentée en ce moment au musée des Beaux-Arts de Nancy, L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, l’exposition compte bien sûr parmi les œuvres exposées des pièces des artistes de l’École de Nancy…

Avis aux amateurs!

Pour tout savoir:

http://www.mkg-hamburg.de/en/exhibitions/upcoming/art-nouveau.html

Rudolph Dürkoop, Kopf mit Heiligenschein, 1908. Hamburg, MKG

Rudolph Dürkoop, Kopf mit Heiligenschein, 1908. Hamburg, MKG

 

Allons voir …

vendredi 23 janvier 2015

… si l’Art nouveau y est!

Toujours à la recherche de bons plans et de bonnes idées pour les amateurs d’Art nouveau, Off a fait le tour des expositions s’intéressant de près – ou de loin- à cette période que nous affectionnons…

Roubaix:
Le musée de la Piscine propose en ce moment une exposition consacrée à Camille Claudel,  Au miroir d’un Art nouveau (jusqu’au 8 février)

Claudel

Camille Claudel à Roubaix

“Camille Claudel est aujourd’hui perçue comme l’héroïne dramatique d’une histoire emblématique de la condition féminine au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Elle est surtout une artiste de premier rang qui apporte à l’histoire de la sculpture moderne un regard d’une grande singularité, ouvrant des ponts entre le naturalisme et le symbolisme, le néo-florentinisme et l’Art nouveau (…)”

Nous lirons avec attention le texte d’Emmanuelle Héran consacré à l’influence du courant japoniste et de l’Art nouveau dans l’art de Camille Claudel, publié dans le catalogue de l’exposition (Coédition Gallimard – La Piscine).

Paris:
Le musée d’Orsay présente ses plus récentes acquisitions en 7 ans de réflexion (jusqu’au 22 février)

7 années d'acquisitions, au musée d'ORsay jusqu'au 22 février

7 années d’acquisitions, au musée d’ORsay jusqu’au 22 février

Nous serons particulièrement attentifs à la section des arts décoratifs, où figurent de belles acquisitions École de Nancy, confrontées à des créations contemporaines …

« Deux œuvres de Gallé, un important vase sur le thème de la mer présenté lors de l’exposition de 1900 et un pichet sauterelle retracent l’extraordinaire fantaisie de l’artiste. (…) Alors que l’Art nouveau tempère sa maturation dans une étagère de Majorelle (donation Rispal), de nouvelles formes plus radicales annoncent l’art raffiné des années à venir avec une bergère de Karbowsky livrée pour Doucet, une commode de Mère aux panneaux de cuir gravé et une bergère de Ruhlmann à ses débuts sous influence viennoise, déjà totalement maître de sa ligne. »

La Haye:
Le musée Louis Couperus s’intéresse à  Carel de Nerée Tot Babberich en Henri van Booven. Den Haag in het Fin de siècle (jusqu’au 10 mai)

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A travers les figures du peintre Carel de Nerée Tot Babberich et des écrivains Henri van Booven et Louis Couperus, l’exposition évoque la vie artistique de La Haye à la fin du XIXème siècle. Très influencé par Aubrey Beardsley, le peintre néerlandais laisse un œuvre qualifié de “décadentiste”, très symboliste, tout à fait ” Art nouveau”, notamment par son goût japonisant. A l’image de ses contemporains belges, français ou allemands, Carel de Nerée Tot Babberich s’intéressa également -brièvement-  aux arts décoratifs et même au textile.

Darmstadt:
La Mathildenhöhe de Darmstadt révèle un autre artiste peu connu en France, Hans Christiansen. Die Retrospecktive (jusqu’au 1er février, il faut se dépêcher!)

Rétrospective Hans Christiansen à Darmstadt jusqu'au 1er février

Rétrospective Hans Christiansen à Darmstadt jusqu’au 1er février

Avec la découverte de Tiffany, puis un séjour à l’Académie Julian à Paris, Hans Christiansen devient un pur artiste du Jugendstil allemand, se consacrant essentiellement à la peinture, mais aussi au mobilier, à la céramique, au papier peint, à la broderie ou encore à la tapisserie. Après la Mathildenhöhe, l’exposition sera présentée successivement à Berlin, Munich et Flensburg, sa ville natale.

Ljubjana:
Ce tour d’Europe des expositions ne serait pas complet sans citer la nouvelle étape de Natures de l’Art nouveau, présentée à Ljubjana jusqu’au 19 avril

Ljubjana

Que dire de plus sur cette expo?, sinon qu’elle peut être un bon prétexte pour aller découvrir une ville magnifique au patrimoine Art nouveau exceptionnel, membre (francophone) du Réseau Art nouveau!

Bon voyage!

Carnet de voyage… Helsinki

vendredi 22 novembre 2013

Profitant de l’itinérance de l’exposition créée par le Réseau Art nouveau, et que Nancy accueillera à partir du 20 décembre, voici le premier épisode d’une série de petites notes de voyage à la découverte de chacune des villes où séjournera “Natures de l’Art nouveau”.

Bientôt à Nancy...

Bientôt à Nancy…

Pour commencer, nous voici à HELSINKI

Helsinki

Helsinki

La ville assume avec fierté sa situation de capitale la plus au nord de l’Europe! Face à la mer Baltique,  Helsinki allie une architecture colorée et imposante au charme des  innombrables îles de l’archipel. L’Art nouveau y tient une place importante, comme dans le quartier (encore une île) de Katajanokka, tout entier construit après 1900, ou les belles villas du quartier d’Eira. Si vous avez le temps, une petite excursion jusqu’à Hvitträskk s’impose.

Enfin, si le finnois est un peu difficile à suivre, sachez que tous les noms des rues sont aussi en suédois (ça ne vous aidera peut-être pas beaucoup), mais surtout tout le monde parle parfaitement l’anglais, y compris dans les bus et trams…

Nous avons interrogé Sari, qui vit à Helsinki depuis 1991:

Off: Quels lieux représentent le mieux l’Art nouveau dans la ville?
Sari: Le quartier de KATAJANOKKA et la Villa JOHANNA

La Villa Johanna, dans le quartier d'Eira

La Villa Johanna, dans le quartier d’Eira

O: Quels autres lieux -hors Art nouveau- nous conseillez-vous?
S: La forteresse de SUOMELINNA . Il faut aussi absolument visiter le zoo de KORKEASAARI, où l’on se rend en ferry aussi, et puis il faut passer sur les marchés de HAKANIEMI et de HIETALAHTI.

La forteresse de Suomenlinna

La forteresse de Suomenlinna

Nous avons aussi beaucoup aimé la curieuse “église dans le rocher” TEMPPELIAUKIO, et un passage par la gare semble indispensable… Quand nous y étions, les géants étaient partis se refaire une beauté à la campagne…!

Temppeliaukionkirkko

Temppeliaukionkirkko

O: Pouvez-vous nous décrire l’ambiance de votre ville, ce qui la rend agréable à vivre?
S: Helsinki est une ville de taille agréable, pas trop grande, ni trop petite. On y trouve des exemples d’architecture du 18ème siècle à nos jours. La mer, bien sûr, est un élément vital et fort dans la ville. C’est une ville assez calme et surtout très sûre, elle est propre et plutôt amicale.

Rautatieasema, la gare centrale d'Helsinki

Rautatieasema, la gare centrale d’Helsinki

O: Quelques bonnes adresses pour séjourner à Helsinki?
S: Il y a l’embarras du choix! Pour manger dans des restaurants authentiques, il y a par exemple Kolme Krunna, qui date des années 50 ou Elite,  qui lui a plutôt une ambiance années 30.

Pour le côté Art nouveau, on vous conseille le restaurant SALUTORGET ou le Café JUGEND, tous les deux sur Esplanadi. 

Le Café Jugend

Le Café Jugend

O: Quel souvenir doit-on ramener ABSOLUMENT d’Helsinki?
S: Un T-shirt Marimekko, bien sûr!
L’exposition Natures de l’Art nouveau est présentée à Helsinki jusqu’au 16 février 2014, au Helsinki City Museum, Sofiankatu 4

Hvitträsk, la maison des architectes Geselius, Lindgren et Saarinen:
Kirkkonummi, Hvitträskintie 166, FI-02440 LUOMA 

Hvitträsk

Hvitträsk

 Merci à Sari pour son aide et son accueil!
Prochain carnet de voyage en compagnie d’Anne Lise à Bruxelles…

Vivre dans l’Art nouveau

jeudi 6 septembre 2012

C’est possible! Voici l’exemple d’un collectionneur qui sait allier vie quotidienne et mobilier bien choisi, dans Elle Déco de septembre…

Cet été, vous allez où?

mardi 13 juillet 2010

On vous pose cette question et vous ne savez pas quoi répondre? voici quelques idées de destinations Art nouveau selon que vous êtes amateurs de chaleur ou de fraîcheur, de Nord ou de Sud, d’exotisme ou d’aventure…

Option 1: Soleil et chaleur, version Movida

A vous la Catalogne: direction Barcelone, la Sagrada Familia, les maisons de Gaudi, la parc Güell… mais vous prolongerez le séjour par des excusions à Terrassa et à Reus, deux petites villes qui ont profité au début du siècle dernier du succès de l’industrie textile pour se lancer dans le “Modernisme”. Architectures visionnaires, villas luxueuses, usines modernes… Les architectes  profitèrent de ces circonstances favorables pour laisser libre-cour à leur inspiration…

Option 2: Soleil et chaleur, version Dolce Vita

A vous l’Italie! Direction le Lac de Côme, en Lombardie, où les rives du lac déroulent leur succession de Palaces désuets et de Palais d’été… comment résister au stile Liberty qui envahit cette architecture du loisir et du plaisir? Mais le vent de modernité ne s’arrête pas là et Varèse, capitale industrielle de la Province voit elle-aussi son architecture influencée par les idées modernes: gares, hôtels, villas, usines et casinos illustrent la réussite et l’imagination fertile des bâtisseurs du Liberty.

Enfin pour les plus téméraires, la traversée vers Palerme s’impose… Comme bien d’autres villes d’Europe, Palerme entreprend une transformation radicale à la fin du 19ème siècle pour moderniser ses infrastructures. Des architectes et des artistes travaillent à cette rénovation: Ernesto Basile ou Ettore di Maria Bergler sont les plus célèbres d’entre eux. La construction de la Galleria d’Arte Moderna ouvre triomphalement la porte aux arts du 20 ème siècle.

Option 3: sur les traces de l’Empire Austro-Hongrois…

Nostalgiques de Sissi Impératrice, des valses de Strauss et des dorures de Schönbrunn, ce voyage n’est pas pour vous car il vous entraînera vers la modernité: Otto Wagner et les artistes de la Secession Viennoise n’entraient guère dans les canons de l’art officiel. De nombreux sites témoignent de l’effervescence artistique viennoise que résument bien par leur audace les peintures de Klimt ou les fauteuils de Hoffmann… Il n’y a qu’un pas à franchir pour prolonger ce voyage vers Budapest, capitale hongroise, elle aussi fortement marquée par l’éclosion de l’Art nouveau. Il s’y joua une partition bien particulière, avec l’opposition de styles au sein d’un même mouvement de rénovation de l’architecture et des arts décoratifs: Odön Lechner s’inspira de l’Orient et des formes traditionnelles hongroises pour créer un style  spécifiquement hongrois, tandis que le groupe des architectes Károly Kós et Dezsö Zrumeczky préférait rejeter ces influences orientales pour ne retenir que l’aspect local et vernaculaire. Budapest connut vers 1900 son  Âge d’or et devint une véritable métropole.

Option 4: Le vent du Nord, nuits blanches en Scandinavie…

Voilà la meilleure saison pour s’aventurer près du cercle polaire (ou presque…!) avec ces journées qui s’étirent et des températures agréables! Älesund en Norvège, Helsinki en Finlande, Riga en Lettonie représentent une concentration exceptionnelle d’édifices datant de cette période. Älesund est reconstruite entièrement et dans une parfaite unité après un incendie qui la ravage en 1904. Helsinki profite de l’indépendance et d’un essor économique fort pour affirmer son rôle de métropole: un art nouveau et fortement inspiré par la pure tradition finlandaise voit le jour. Riga est une ville étonnante: plus du tiers de ses constructions est de style Art nouveau. Les couleurs vives et les décors qui s’y déploient en font l’une des villes les plus pittoresques et surprenantes de l’Europe du nord.

Option 5: A cup of tea in Glasgow…

L’art du thé à Glasgow existe toujours et l’art du thé “à la Makintosh” y est tout particulièrement cultivé: on fait toujours la queue aujourd’hui pour entrer au Willlow tea room de Sauciehall street ! Glasgow, ville industrielle et maritime connaît alors une croissance extraordinaire. Les architectes et artistes trouvent de nombreux et riches commanditaires,  tentés par un style qui affiche sa modernité. Makintosh définit un style tout de rigueur et de sobriété, privilégiant les lignes géométriques, l’opposition du blanc et du noir et la verticalité, qu’il applique tant à l’architecture qu’aux arts décoratifs. Il exerce une influence essentielle sur la Secession viennoise ou le Jugenstil allemand et souligne la diversité des modes d’expressions rassemblées sous le terme d’Art nouveau.

Option 6: La Havane, si!

Peut-être a-t-on tendance à penser que l’Art nouveau est typiquement européen… on a tort! On trouve encore de précieux vestiges de décors Art nouveau, en particulier dans le centre de la capitale cubaine. Des architectes d’origine catalane y importèrent des motifs décoratifs caractéristiques qu’ils appliquèrent essentiellement à un décor plaqué et déclinable à l’envi. Les éléments décoratifs, préfabriqués en usine et simples d’utilisation, autorisèrent une large diffusion du vocabulaire moderniste et son adaptation dans les domaines de la ferronnerie, céramique ornementale et du mobilier. Un peu de la vieille Europe sous les Tropiques!

Option 7: Paris – Nancy – Bruxelles, le triangle d’or?

Pour ceux que la traversée de l’Atlantique ne tente pas, il reste ici sous nos yeux ou à deux pas, des trésors de l’Art nouveau! Pour se remettre de la frustration de ne pas visiter le Castel Béranger de Guimard à Paris, pourquoi ne pas prendre le train vers Bruxelles, pour rendre visite à Victor Horta? De là, bien sûr, on reviendra comparer le confort de la villa de Louis Majorelle à Nancy, qui, même si elle n’est plus (ou pas encore) tout à fait dans son état d’origine, nous montre combien il faisait bon vivre dans une maison d’artiste!

C’est décidé? vous partez? Bon voyage dans l’Art nouveau!

Pour plus d’infos et de photos, regardez le site du Réseau Art nouveau network ici

Bad-Nauheim

mercredi 9 juin 2010

Le samedi 05 juin, l’Association des Amis du Musée de l’Ecole de Nancy se rendait à Bad-Nauheim, en Allemagne, pour découvrir le patrimoine exceptionnel de cette ville thermale, membre du Réseau Art nouveau.

Les membres de l'AAMEN au complexe thermal de Bad-Nauheim. Photo Cédric Amey

Témoin majeur de l’Art nouveau allemand (appelé “Jugendstil”), cette cité thermale, en activité depuis le début du XIXe siècle, fut entièrement redessinée entre 1902 et 1912 sous l’impulsion du mécène visionnaire le grand-duc Ernst Ludwig de Hesse (déjà à l’initiative, en 1899, de la construction de la colonie d’artistes de Darmstadt).

Vue du Sprudelhof. Photo Cédric Amey

Le grand-duc confia à l’architecte Wilhelm Jost l’édification de la plupart des bâtiments, alliant savamment historicisme et Jugendstil, pour correspondre au goût de la clientèle de cet établissement thermal très réputé.

Les artistes Heinrich Jobst, Julius Scharvogel, Wilhelm Kleukens et Albin Müller participèrent, en étroite collaboration avec l’architecte, à la décoration de ce vaste ensemble qui s’articule autour du Sprudelhof (pavillon de la source).

L'intérieur du complexe thermal. Photo Nicole Gaudillère

Pilastre à l'intérieur du complexe thermal. Photo Nicole Gaudillère

Ferronnerie de balustrade. Le décor de lignes ondoyantes et de demi-sphères évoque l'eau thermale et ses bulles de gaz. Photo Nicole Gaudillère

Vitrail au décor géométrique et stylisé à l'intérieur du Sprudelhof. Photo Nicole Gaudillère

L'une des fontaines du Sprudelhof, due au sculpteur Heinrich Jobst. Photo Nicole Gaudillère

Par la cohérence de sa construction due au seul architecte Wilhelm Jost et la proche collaboration de décorateurs, le complexe thermal de Bad-Nauheim reste l’un des témoins majeurs de cette notion d’art total (Gesamtkunstwerk), dont la fonction pratique dévolue au thermalisme est intimement liée à l’architecture et à son décor Jugendstil.