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Les femmes du musée…

mardi 8 mars 2016
Victor Prouvé, portrait des demoiselles Moulin, 1903. M%usée de l’École de Nancy. Photo C. Philippot

Victor Prouvé, portrait des demoiselles Moulin, 1903. Musée de l’École de Nancy. Photo C. Philippot

Nous avons déjà évoqué l’absence remarquée de membres féminins dans la fondation de l’École de Nancy et plus généralement parmi les artistes nancéiens.

Rose Wild ou Madeleine Deville sont les seules à avoir laissé leurs noms sur des œuvres conservées au musée. Pourtant l’influence  des femmes dans l’École de Nancy fut décisive: Henriette Gallé, Jika Majorelle… comme dit le proverbe, « derrière chaque grand homme, il y a une femme »!

Barco Nancy  photographe, Henriette Gallé. Collection particulière. (c) MEN

Barco Nancy photographe, Henriette Gallé. Collection particulière. (c) MEN

En 1962, Françoise-Thérèse Charpentier devient la première conservatrice du nouveau musée de l’École de Nancy ouvert dans l’ancienne propriété Corbin. Grâce à ses liens privilégiés avec les filles d’Émile Gallé notamment, elle contribue par un intense travail de fond  à la redécouverte du mouvement, couronnée par l’exposition consacrée à Émile Gallé à Paris en 1985.

F-T Charpentier (en blanc) lors de l'inauguration du musée le 26 juin 1964. Photo archives M. Daum, MBA Nancy

F-T Charpentier (en blanc) lors de l’inauguration du musée le 26 juin 1964. Photo archives M. Daum, MBA Nancy

Aujourd’hui, c’est toujours une conservatrice, Valérie Thomas, qui  dirige le musée depuis 20 ans!

En cette journée de la femme, hommage à celles qui œuvrent au musée de l’École de Nancy! Chacune dans leur spécialité, elles contribuent à le faire rayonner…

Une partie de l'équipe du musée en 2014

Une partie de l’équipe du musée en 2014

Nos agent(e)s d’entretien: Malika, Françoise et Berthe, ainsi que Laetitia à la Villa Majorelle

Nos agent(e)s d’accueil: Smahane, Jacqueline, Nathalie, Tracy et Jeanine

Et nos vacataires: Hélène, Ursule, Anaïs et Olivia

Nos guides- conférencières: Kathy, Lucie, Christine, Prescilla et Ghislaine pour les ateliers

Notre documentaliste: Blandine

Notre responsable des publics: Emmanuelle

Notre responsable du service des publics: Véronique

Notre chargée de la communication: Véronique

Notre agent comptable et administratif: Ingrid

Notre directrice administrative: Monia

Notre bénévole: Roselyne

Notre directrice: Valérie

Et une petite pensée aussi pour celles qui sont parties mais qui ont laissé leur marque: Anne-Laure, Raymonde, Francine, Françoise, (les) Dominique, Hélène… et bien sûr Monique (†)

Et à sa manière, Mie, la petite mascotte du musée qui nous a quitté hier, participait elle aussi au rayonnement du musée.

 

Mie, la petite pensionnaire du musée...

Mie, la petite pensionnaire du musée…

Hommage aux femmes!

samedi 8 mars 2014

Malgré des statuts prévoyant l’ouverture de l’adhésion à l’Ecole de Nancy aux femmes, la parité n’existait pas en 1901, c’est un fait avéré! Sans aucune femme membre de l’association, il n’est donc pas aisé de leur rendre hommage en ce jour qui leur est dédié!

Plus qu’une ségrégation sexiste, c’est davantage l’état de la société d’avant 14 qui condamne les femmes, à Nancy comme ailleurs, aux rôles d’épouse discrète et de mère aimante. Si les milieux intellectuels et cultivés reconnaissent leurs qualités et capacités, les femmes artistes restent bien rares et sont peu encouragées. Leur indépendance distille plutôt une odeur de souffre, synonyme de danger…  A moins d’être veuve ou de rester dans l’anonymat.

 

V. Prouvé, portrait d'Henriette Gallé avec ses deux filles. MEN. Cliché Studio Image

V. Prouvé, portrait d’Henriette Gallé avec ses deux filles. MEN. Cliché Studio Image

Dans le domaine de l’inspiration, les artistes de l’École de Nancy font un usage très limité de la figure féminine. Et quand il le font, ils apparaissent très conservateurs: immanquablement la femme est soit nourricière, soit tentatrice et voluptueuse.

Victor Prouvé, coffret la Parure, détail. MEN, cliché Studio Image

Victor Prouvé, coffret la Parure, détail. MEN, cliché Studio Image

Pourtant, il serait faux de taxer ces artistes de misogynie primaire. Après son mariage, Victor Prouvé ne cesse de rendre hommage à sa femme Marie. Certes ces images célèbrent le bonheur conjugal et les joies de la maternité, mais elles évoquent aussi le rôle essentiel de sa compagne dans l’évolution de sa carrière. Une photo ancienne témoigne d’ailleurs de sa mise à contribution lors de la réalisation du décor de la salle à manger Masson. Marie Prouvé y pratique la couture, occupation par excellence réservée aux femmes, mais, au moins aujourd’hui, nous préférons y voir le fruit d’une collaboration confiante entre l’artiste et sa muse.

Victor et Marie Prouvé. Album Poiré. MEN

Victor et Marie Prouvé. Album Poiré. MEN

La forte personnalité d’Henriette Gallé est également sous-jacente dans l’œuvre de son mari, non comme muse ou modèle, mais bien plutôt comme compagnon de lutte. Henriette Grimm est issue d’une famille alsacienne républicaine et progressiste. L’une de ses cousines, Mathilde Roederer, membre de l’Internationale, est mariée à un ancien communard, Charles Keller. Femme de conviction, elle s’engage avec virulence aux côtés de son mari dans l’Affaire Dreyfus, et correspond avec Zola ou Reinach. Dans une lettre datée de 1900 et adressée au Capitaine Dreyfus et à son épouse, Gallé parle au nom de « Mr et Mme Gallé » pour leur présenter « l’hommage de profonde sympathie qui leur est dû ». En 1904, c’est elle qui reprend la direction d’une entreprise dans laquelle elle a toujours été impliquée. Le commerce et les finances, si pesants pour Gallé, sont les domaines d’Henriette. Grâce à cette expertise, elle parvient à maintenir l’activité, en opérant des choix drastiques. Si la poésie disparaît quelque peu de la production, la persévérance d’Henriette Gallé inscrit dans le temps le style « Gallé ».

Henriette Gallé. Fonds Reisch, MEN. inv 2121.2.5.49, détail

Henriette Gallé. Fonds Reisch, MEN. inv 2121.2.5.49, détail

C’est d’ailleurs chez Gallé que l’on trouve la seule trace d’une collaboratrice féminine. Rose Wild signe à côté du maître le vase Erable sycomore. Formée au dessin à l’Ecole régionale des beaux arts, Rose Wild rejoint les ateliers Gallé sans doute vers 1898. La même année, elle remporte le deuxième prix du concours organisé par le comité des dames de l’Union centrale des arts décoratifs, puis une médaille de bronze à l’Exposition Universelle de 1900. Douée mais fragile mentalement, Rose Wild se suicide en 1903. Elle acquiert ainsi une célébrité et une reconnaissance qui soulignent cruellement une exception et l’absence de place accordée aux artistes féminines dans les ateliers nancéiens.

Rose Wild. MEN

Rose Wild. MEN

Le concours de broderie organisé par l’École de Nancy, sous la présidence de Victor Prouvé sert surtout à démontrer le succès des arts appliqués à l’industrie, plus qu’à honorer une profession éminemment féminine. Que sait-on de celles qui ont brodé avec une délicatesse infinie les motifs de la robe « Bords de rivière au printemps »?

 

V. Prouvé et F. Courteix, robe Bords de rivière au printemps, MEN. Cliché C. Philippot

V. Prouvé et F. Courteix, robe Bords de rivière au printemps, MEN. Cliché C. Philippot

Publicité pour la robe de V. Prouvé et F. Courteix, MEN.

Publicité pour la robe de V. Prouvé et F. Courteix, MEN.