Archive pour le mot-clef ‘exposition’

Le nouvel agenda des musées est sorti!

jeudi 4 février 2016

Retrouvez toute l’actu des musées de Nancy, et tout particulièrement de votre musée favori ici!

BD COUV-Agenda-FEVRMAI_2016

Les prochains rendez-vous du musée:

- A gla gla, une animation pour les 7-11 ans pendant les vacances,
mercredi 17 février de 14h30 à 16h

- Les Lumineuses, avec la présentation en AVANT PREMIÈRE du lustre Les Algues de Louis Majorelle, après sa restauration,
dimanche 20 mars de 10h30 à midi

- Pâques au musée, pour les petits de 5 à 7 ans,
dimanche 27 mars de 10h30 à midi

- Les Journées européennes des Métiers d’art, des démonstrations et animations autour des métiers du métal,
samedi 2 et dimanche 3 avril de 10h à midi et de 14h à 17h
Entrée gratuite tout le week end!

et à partir du 30 mars: la nouvelle exposition-dossier
Victor Prouvé et l’art de l’estampe
dont nous reparlerons bientôt!

Pour ne rien manquer, inscrivez-vous à la newsletter du service des publics des musées et réservez vite vos places!
Courriel: servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr

 

L’encre noire de la calomnie…

lundi 14 décembre 2015
E. Gallé, en collaboration avec V. Prouvé, fiole à encre La Calomnie, 1900. Suwa, Kitazawa museum of art (c) Kitazawa museum of art

E. Gallé, en collaboration avec V. Prouvé, fiole à encre La Calomnie, 1900. Suwa, Kitazawa museum of art (c) Kitazawa museum of art

Parmi les œuvres conçues par Gallé pour l’Exposition universelle de 1900, et présentées dans l’exposition actuellement au musée des Beaux-Arts, vous n’aurez pas manqué de remarquer cette fiole à encre, intitulée La Calomnie, prêtée par le Kitazawa museum of art (Japon). Cette pièce était présentée dans l’une des deux vitrines encadrant le four verrier, Les Granges.

Fonds photographique Gallé, vitrine Les Granges, exposition universelle de Paris, 1900. (c) MEN

Fonds photographique Gallé, vitrine Les Granges, exposition universelle de Paris, 1900. (c) MEN

Appelée aussi Les Baies de sureau, cette gourde est décrite ainsi par Louis de Fourcaud (1), le premier biographe de Gallé : « Sous le coup d’émotions violentes nées d’évènements publics, le peintre exécutait, toujours d’après les inventions de figures de M. Prouvé, et montrait en 1900 une fiole à encre, les Baies de sureau, au camée d’un bleu sinistre, stigmatisée d’une effigie de la Calomnie ». Sur la base renflée se détache en faible relief un visage de sorcière en train d’écrire des accusations mensongères, personnifiant le mot « calomnie » inscrit en intaille, tandis que les baies de sureau évoquent, sur la partie supérieure, aussi bien la couleur de l’encre d’imprimerie que la noirceur des accusations proférées pendant l’Affaire Dreyfus.

Détail du vase La Calomnie

Détail du vase La Calomnie

Le rôle de la presse y est capital, en effet, y compris à Nancy. Dès le 23 janvier 1898, Gallé, qui vient de signer la deuxième protestation des intellectuels à la suite de la publication du « J’accuse » d’Émile Zola, écrit au Progrès de l’Est pour expliquer sa position : « Dans le Progrès (…), on lisait hier que j’ai signé une protestation en faveur de Dreyfus. La rédaction que j’ai signée est écrite dans un esprit différent. Elle ne prétend nullement se prononcer sur l’innocence, pas plus que sur la culpabilité, personne de nous n’en possédant les preuves. Elle se borne à demander, pour tous les accusés sans exception, le maintien et l’observation des garanties stipulées par la loi française. (…) On ne pourra bientôt plus souhaiter la lumière, parler de justice et de vérité, sans passer pour un mauvais patriote. Il est douloureux d’avoir à le constater. » (2) Malgré ce positionnement plutôt en retrait, Gallé est immédiatement attaqué par les antidreyfusards, et en particulier son « ami » Maurice Barrès. Celui-ci critique violemment les signataires de la protestation en ces termes : « Ces intellectuels sont un déchet fatal dans l’effort tenté par la société pour créer une élite. Dans toute opération, il y a ainsi un pourcentage de sacrifiés. Un verrier m’a souvent expliqué ce qu’il perd de pots pour un qui réussit. » (3) L’allusion évidente n’échappe pas à Gallé qui rompt avec panache leur amitié dans une lettre publiée dans l’Aurore en usant d’une citation extraite des Déracinés du même Barrès (4) ! Celui-ci est alors rédacteur en chef du Courrier de l’Est, dont il fait l’organe de ses convictions nationalistes et antisémites. Face à une presse locale massivement antidreyfusarde, de L’Est républicain à La Croix de l’Est en passant par Le Petit Antijuif de l’Est de Drumont (5), le Progrès de l’Est est la seule tribune ouverte aux partisans de Dreyfus. L’hostilité exprimée envers ces derniers tend à une violence inouïe, distillant un climat délétère à Nancy. Le Progrès déposera le bilan en décembre 1900. Dans l’urgence, le Comité républicain du commerce et de l’industrie, les dreyfusards nancéiens, les membres de la Ligue de défense des droits de l’Homme et les francs-maçons du Grand Orient fondent L’Étoile de L’Est, dont le premier numéro paraît le 2 janvier 1901 (5).

 

E. Gallé, sept projets pour l'en-tête de l'Etoile de l'Est, 1900. Collection particulière. (c) MEN, photo D. Boyer

E. Gallé, sept projets pour l’en-tête de l’Etoile de l’Est, 1900. Collection particulière. (c) MEN, photo D. Boyer

« J’ai constamment des vertiges et cette affaire me donne des angoisses qui ne me laisseront bientôt plus dormir », écrit Gallé dans une lettre datée du 19 octobre 1898 (6). En quelques mois, l’Affaire a pris une ampleur inouïe en France, et dans la vie du verrier. Informé de manière très précise par des proches de l’Affaire (voir article précédent), Gallé n’a de cesse que de participer activement à la réparation de l’injustice. Souvent attaqué dans la presse, directement ou par allusions, il prend le temps de répondre point par point, si bien qu’un journaliste de l’Est républicain se dit « persécuté (…) par l’exquis poète verrier M. Émile Gallé. » (7) Le «plus beau lapin de la Garenne » (8), pourtant, ne cède jamais. Le vase La Calomnie apparaît ainsi comme une réponse subtile et poétique face aux injures faite à Dreyfus et face au dénigrement haineux qui entoure le « ménage de verriers », et ses proches (9).
Au-delà de la polémique épistolière, se pose surtout pour Gallé la question cruciale de l’opportunité de se servir de son art pour appuyer son combat. Lui qui n’hésitait pas en 1889 (10) à rappeler à la France ses devoirs envers les territoires annexés en 1871, proclame qu’ « Aujourd’hui, il faut jeter des fleurs sous les pieds des barbares ! Il faut répandre la grâce touchante de leur mort sur les objets les plus modestes !» (11). Le mode opératoire cependant a évolué entre 1889 et la préparation de l’Exposition universelle de 1900. Le langage de Gallé, fortement symbolique et poétique, n’est plus aussi évident, et les références à l’Affaire ne sont pas toutes aisées à comprendre. Pourtant l’allusion politique est manifeste, et Gallé manie avec une dextérité rare l’association d’un décor symbolique, d’un message poético-politique et d’un matériau aux effets expressifs. Le verre, plus que jamais sait révéler ou masquer ces vérités et complots qui gangrènent la IIIème République.

Emile Gallé, en collaboration avec Victor Prouvé, vase Hommes noirs, 1900. Musée de l’École de Nancy. Photo P. Caron

Emile Gallé, en collaboration avec Victor Prouvé, vase Hommes noirs, 1900. Musée de l’École de Nancy. Photo P. Caron

Avec Les Hommes noirs (MEN) et le vase d’accueil Pomme de sapin (collection particulière), La Calomnie est la troisième pièce dont le décor est commandé à Victor Prouvé à cette occasion. Comme pour chaque grande exposition depuis 1884, Gallé fait appel à Prouvé pour les pièces importantes sur lesquelles il souhaite utiliser la figure humaine. Les trois pièces se caractérisent par le choix de coloris sombres, symbolisant, au moins pour les Hommes noirs et La Calomnie, « la boue noire d’où sortent des êtres misérables », l’obscurantisme et le complot qui entourent l’affaire Dreyfus. Face à ces noirceurs, Gallé ose espérer que « la vérité s’allumera comme une lampe »(12). Le cas du vase Pomme de sapin (appelé aussi Pitié ou Charité), dont on ignore d’ailleurs s’il figura effectivement à l’Exposition, est plus complexe (13). Une lettre de Gallé à Prouvé datée de 1899 éclaire néanmoins son sens et sa place dans un programme décoratif très préparé : « Cette pièce devra faire partie d’une série rêvée par moi de Fruits spirituels, les uns bons et les autres mauvais. Celle-ci sera la pomme de sapin (…) formant ainsi cadre au sujet inspiré de ce thème : car j’ai eu froid et vous m’avez réchauffé, J’étais étranger et vous m’avez recueilli. » Gallé cite ici l’Evangile selon St Mathieu (25.35). La référence biblique est justement présente sur plusieurs œuvres dreyfusardes de l’exposition, comme cette citation tirée du Livre d’Isaï, Sicut hortus semen suum germinat , sic Deus germinabit Justitiam (De même que le jardin fait germer la semence, Dieu fera germer la justice), inscrite sur une table à thé.

E. Gallé, table Sicut hortus, 1898. MEN. Photo P.Caron

E. Gallé, table Sicut hortus, 1898. MEN. Photo P.Caron

L’engagement de Gallé en faveur de Dreyfus acquiert ici une nouvelle nuance. Gallé n’est pas seulement critiqué parce que dreyfusard, mais aussi parce que protestant. La presse nationaliste agite alors le spectre effrayant d’un syndicat dreyfusard à la solde de l’Allemagne regroupant francs-maçons, juifs et protestants. A de nombreuses reprises, on comprend combien est intolérable pour Gallé l’usage –détourné-  du christianisme par les antidreyfusards catholiques. Ce sentiment est rendu avec une grande sensibilité dans Le Figuier, où Gallé a « sculpté avec piété et douleur le signe auguste d’un plus oublié encore, et qui souffrit et mourut pour avoir promis qu’ « heureux seront ceux qui ont faim et soif de justice, parce qu’ils seront rassasiés »(14). Ce vase en forme de calice, décoré de larmes de verre, du figuier et du chrisme, invite à réconcilier dans la communion chrétiens et juifs, au nom de ces paroles extraites des Contemplations de Victor Hugo : « Car tous les hommes sont les fils d’un même père/ Ils sont la même larme. Ils sortent du même œil ».

E. Gallé, vase Calice Le Figuier, 1898-1900. MEN, photo P. Caron

E. Gallé, vase Calice Le Figuier, 1898-1900. MEN, photo P. Caron

Détail du chrisme sur le calice Le Figuier

Détail du chrisme sur le calice Le Figuier

Dans les années qui suivent l’exposition universelle, Gallé s’investit plus encore dans le champ politique. En 1902, il devient président d’honneur de la Fédération républicaine de Meurthe-et-Moselle, puis président d’honneur de l’association Gambettiste, alors qu’au même moment,  la liste nationaliste et antirépublicaine remporte les élections législatives à Nancy.

Ces positions fragilisent son œuvre de réunion des entreprises artistiques lorraines au sein de l’École de Nancy, comme en témoigne la lettre de Victor Prouvé de mai 1902 : « le nationalisme et le reste n’ont rien à faire en cette circonstance, pour ce qui concerne l’École de Nancy. Ce n’est qu’avec l’absence d’allusions malheureuses, de parti pris que tous adhèreront ».
Le poids de l’affaire Dreyfus pèse sur Gallé jusqu’à son décès. Si les hommages unanimes célèbrent avant tout l’artiste, ils passent sous silence son engagement dreyfusard, à l’exception notable de L’Est républicain  qui « regrette de devoir faire une réserve d’ordre politique sur cette tombe à peine fermée », le 26 septembre 1904. A cela Gallé aurait pu lui-même répondre :
«Mes travaux m’interdisent, comme vous le pensez, de prendre une part active aux affaires publiques. Je n’en ai pas moins constaté, dans les malheureuses années que nous venons de traverser, les défaillances de tristes spécialistes à qui leur pays avait confié la garde des principes fondamentaux de nos libertés. J’ai vu se commettre des forfaits sans expiation, sans réparation. (…)
Je suis prêt, le cas échéant, à protester encore. C’est le droit, c’est le devoir d’un honnête homme, d’un citoyen. » (15)

Atelier Gallé, photographie du Four verrier, 1900. Rennes, musée de Bretagne (c) Rennes, musée de Bretagne

Atelier Gallé, photographie du Four verrier, 1900. Rennes, musée de Bretagne (c) Rennes, musée de Bretagne

(1) « Emile Gallé », in La revue de l’art ancien et moderne, octobre 1902, pp. 281-296.
(2) Lettre publiée par le Progrès de l’Est le 24 janvier 1898.
(3) In Le Journal, 1er février 1898
(4) Lettre reproduite dans B. Tillier, Emile Gallé. Le verrier Dreyfusard, 2004, pp. 56-57, publiée dans l’Aurore le 15 février 1898.
(5) Gallé dessine l’en-tête du journal représentant une étoile aux rayons dirigés vers les clochers nancéiens. A voir dans l’exposition.
(6) Citée par F-Th. Charpentier, Émile Gallé, industriel et poète, Nancy, 1981.
(7) 16 décembre 1898, cité par Tillier, op. cit., pp. 57-58.
(8) Emile Gallé est ainsi qualifié, en référence à l’adresse de son usine, dans un article du Petit Antijuif de l’Est du 31 juillet 1900 relatif à l’ouverture du Lycée Jeanne d’Arc.
(9) Lettre à Joseph Reinach, le 20 novembre 1898, citée par Tillier, op. cit., p. 62.
(10)Par exemple sur la table Le Rhin (MEN)
(11)In Revue des arts décoratifs, avril 1898.
(12) Inscription figurant sur la lampe bulbe (cat.102), conservée au Badisches Landesmuseum de Karlsruhe.
(13) Ce vase a été exposé en 2008, lors de l’exposition « Victor Prouvé. Les années de l’École de Nancy », (cat.144)
(14) E. Gallé, « Mes envois au salon », in Revue des Arts décoratifs, 1898, pp. 144-148
(15) Le Temps, 13 décembre 1902.

Bibliographie :

B. Tillier, Emile Gallé, le verrier Dreyfusard, Paris, 2004
F. Parmantier, « Gallé le Dreyfusard », in Arts nouveaux, n°22, 2006, pp. 24-29.
Id. « Emile Gallé et Victor Prouvé, « ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front », in L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, Paris, 2015, pp .15-35.

Émile Gallé et le Club de l’Art Social

mercredi 11 novembre 2015

COnférence

Vendredi 20 novembre, à 18h30, Bertrand TILLIER, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université de Bourgogne et directeur du Centre Georges Chevrier (UMR CNRS 7366), proposera une conférence intitulée:

Aux origines d’un engagement: Émile Gallé et le Club de l’Art social

Cet éphémère club de réflexion et de discussion fut créé et animé par le critique d’art et militant anarchiste Adolphe Tarabant (1863-1950) entre  1889 et 1890. Fréquenté par des intellectuels, des personnalités de la vie politique et des artistes, il s’était donné pour mission de polémiquer, sous forme de manifeste surtout, autour de trois motivations:  développer diverses activités dans les milieux populaires pour mettre l’art à la portée de tous, promouvoir des pratiques artistiques au sein même de la classe ouvrière et valoriser des formes de créations artistiques populaires.

Les sources confirment la participation d’Émile Gallé à ce club, dans lequel il put s’initier à quelques unes des idées qu’il défendit avec force au cours de la décennie suivante.

En attendant la conférence, pour en savoir plus sur le Club de l’Art Social, suivez ce lien: http://inha.revues.org/5637

 

La conférence a lieu à l’auditorium du musée des Beaux-Arts , entrée rue Gustave Simon. Entrée libre, sans réservation et dans la limite des places disponibles.

Une conférence organisée par le musée de l’École de Nancy et l’Association des Amis du musée de l’École de Nancy.

A ne pas manquer!

jeudi 5 novembre 2015

hynmne a la justice

et ailleurs…

vendredi 23 octobre 2015

Le 17 octobre a ouvert ses portes à Hambourg une grande exposition consacrée à l’Art nouveau: Art nouveau. The great utopian vision.

L’exposition, assortie du réaménagement des collections permanentes dévolues à l’Art nouveau au Museum für Kunst und Gewerbe (MKG), retrace cette période artistique en soulignant l’importance des enjeux sociétaux qui motivèrent le mouvement partout en Europe. Pendant international au propos de l’exposition présentée en ce moment au musée des Beaux-Arts de Nancy, L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, l’exposition compte bien sûr parmi les œuvres exposées des pièces des artistes de l’École de Nancy…

Avis aux amateurs!

Pour tout savoir:

http://www.mkg-hamburg.de/en/exhibitions/upcoming/art-nouveau.html

Rudolph Dürkoop, Kopf mit Heiligenschein, 1908. Hamburg, MKG

Rudolph Dürkoop, Kopf mit Heiligenschein, 1908. Hamburg, MKG

 

Les choses se précisent…

vendredi 2 octobre 2015

On travail d’arrache-pied au musée des Beaux-Arts pour que le 9 octobre à 10h, tout soit prêt…

Peinture, ok; place aux œuvres...

Peinture, ok; place aux œuvres…

Pour ne rien manquer de l’exposition et des visites et conférences programmées, téléchargez l’agenda des musées ici…ou cliquez sur l’image ci-dessous.

N’oubliez pas de réserver vos visites auprès du service des publics des musées!

dépliantL’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps.
9 octobre 2015- 25 janvier 2016
Musée des Beaux-Arts de Nancy – Musée de l’École de Nancy

Escapade de dernière minute…

vendredi 14 août 2015

Pour voir briller les derniers feux de l’été, loin de la foule déchaînée des bords de mer, voici une destination originale et surprenante inspirée par l’itinérance de l’exposition Natures de l’Art nouveau: SUBOTICA, en Serbie.

Le palais Raichl

Le palais Raichl

Cette ville, située à quelques kilomètres de la frontière Hongroise, dans le nord du pays, connut un développement économique important au sein de l’Empire Austro-Hongrois dans la deuxième moitié du 19ème siècle. A partir des années 1880, elle vit affluer un nombre grandissant d’habitants et se développa en une ville moderne, attirant des architectes et des ingénieurs de toute la Hongrie, tels Ödön Lechner ou Raichl Ferenc. Architecture civile ou bâtiments publics, la frénésie constructive de Subotica et son enthousiasme pour le style Art nouveau se poursuivirent pendant les premières années du 20ème siècle. Le style associe les influences locales et régionales aux grands courants européens hongrois, viennois, belges ou français.

La grande synagogue

La grande synagogue

Quelques bâtiments emblématiques méritent le détour, comme la grande synagogue, l’hôtel de ville ou le palais Raichl. Les bords du lac voisin, le lac Palic, lieux de villégiature de la bourgeoisie locale furent également construits d’imposants bâtiments de style moderne et prolongent aujourd’hui cette plongée dans l’Europe de la Belle époque … Nul doute que Subotica et la Serbie seront les prochaines destinations “hype”! Allez-y vite avant la foule!

Subotica est membre du Réseau Art nouveau. L’exposition itinérante natures de l’Art nouveau y est présentée jusqu’au 14 septembre prochain (musée municipal de Subotica).

Le Réseau Art nouveau organise son prochain laboratoire historique à Subotica le 11 septembre prochain sur le thème: De la recherche à la restauration: patrimoine Art nouveau.

Pour découvrir Subotica et le lac Palic, consulter les sites

Subotica Art nouveau

Visit Subotica et Visit Palic

 

Visit Palic

Visit Palic

Le beau label…

vendredi 22 mai 2015

Non sans fierté, Off tenait à souligner la belle décision du Ministère de la Culture, qui a choisi d’attribuer son label annuel d’exposition d’intérêt national 2015 à deux expositions présentées à Nancy:

Ces animaux qu’on mange… au Museum-aquarium (jusqu’au 3 janvier 2016)

et

Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent. L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, la prochaine grande exposition que prépare le musée pour l’automne 2015

Ce label distingue “des expositions remarquables présentant un discours innovant en une thématique inédite, ainsi qu’une scénographie et un dispositif de médiation qui en livre les clés de lecture aux publics les plus variés. (…) Elles mettent en lumière des thématiques qui reflètent la richesse et la diversité des  collections des 1220 musées de France.” (Communiqué de presse de présentation des expositions labellisées en 2015)

Cette reconnaissance officielle récompense le travail mené depuis plusieurs années pour la préparation d’une exposition inédite et dont le sujet se fait l’écho de bien des événements récents. Axée autour des personnalités des deux présidents successifs de l’École de Nancy, Émile Gallé et Victor Prouvé, l’exposition rassemblera près de 200 œuvres et documents provenant des collections nancéiennes et Lorraines, de grands musées internationaux et de collections particulières.

Le Canthare Prouvé, vase conçu par Gallé pour son ami Prouvé, portant la coitation de Victor Hugo qui donne son titre à l'exposition

Le Canthare Prouvé, vase conçu par Gallé pour son ami Prouvé, portant la citation de Victor Hugo qui donne son titre à l’exposition

La menace Allemande, la montée de l’anarchisme, l’affaire Dreyfus, etc… firent de cette fin du XIXème siècle une période propice à l’intrusion de la politique dans le domaine des arts, tandis que la société connaissait de profondes mutations. Ce qui fut plus tard appelé la “Belle Époque” apparaît aujourd’hui bien davantage comme une période trouble et violente se précipitant inexorablement vers sa fin…

Quelles étaient alors les limites de la liberté de penser et de s’exprimer? Quel rôle pouvait jouer l’artiste dans la défense des opprimés et la lutte contre l’injustice?  Ce sont quelques unes des questions que soulèvera l’exposition présentée au musée des beaux-arts et au musée de l’École de Nancy à partir du 9 octobre…

… à suivre sur Off , sur le site internet et sur la page Facebook du musée!

Allons voir …

vendredi 23 janvier 2015

… si l’Art nouveau y est!

Toujours à la recherche de bons plans et de bonnes idées pour les amateurs d’Art nouveau, Off a fait le tour des expositions s’intéressant de près – ou de loin- à cette période que nous affectionnons…

Roubaix:
Le musée de la Piscine propose en ce moment une exposition consacrée à Camille Claudel,  Au miroir d’un Art nouveau (jusqu’au 8 février)

Claudel

Camille Claudel à Roubaix

“Camille Claudel est aujourd’hui perçue comme l’héroïne dramatique d’une histoire emblématique de la condition féminine au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Elle est surtout une artiste de premier rang qui apporte à l’histoire de la sculpture moderne un regard d’une grande singularité, ouvrant des ponts entre le naturalisme et le symbolisme, le néo-florentinisme et l’Art nouveau (…)”

Nous lirons avec attention le texte d’Emmanuelle Héran consacré à l’influence du courant japoniste et de l’Art nouveau dans l’art de Camille Claudel, publié dans le catalogue de l’exposition (Coédition Gallimard – La Piscine).

Paris:
Le musée d’Orsay présente ses plus récentes acquisitions en 7 ans de réflexion (jusqu’au 22 février)

7 années d'acquisitions, au musée d'ORsay jusqu'au 22 février

7 années d’acquisitions, au musée d’ORsay jusqu’au 22 février

Nous serons particulièrement attentifs à la section des arts décoratifs, où figurent de belles acquisitions École de Nancy, confrontées à des créations contemporaines …

« Deux œuvres de Gallé, un important vase sur le thème de la mer présenté lors de l’exposition de 1900 et un pichet sauterelle retracent l’extraordinaire fantaisie de l’artiste. (…) Alors que l’Art nouveau tempère sa maturation dans une étagère de Majorelle (donation Rispal), de nouvelles formes plus radicales annoncent l’art raffiné des années à venir avec une bergère de Karbowsky livrée pour Doucet, une commode de Mère aux panneaux de cuir gravé et une bergère de Ruhlmann à ses débuts sous influence viennoise, déjà totalement maître de sa ligne. »

La Haye:
Le musée Louis Couperus s’intéresse à  Carel de Nerée Tot Babberich en Henri van Booven. Den Haag in het Fin de siècle (jusqu’au 10 mai)

poster2_0

A travers les figures du peintre Carel de Nerée Tot Babberich et des écrivains Henri van Booven et Louis Couperus, l’exposition évoque la vie artistique de La Haye à la fin du XIXème siècle. Très influencé par Aubrey Beardsley, le peintre néerlandais laisse un œuvre qualifié de “décadentiste”, très symboliste, tout à fait ” Art nouveau”, notamment par son goût japonisant. A l’image de ses contemporains belges, français ou allemands, Carel de Nerée Tot Babberich s’intéressa également -brièvement-  aux arts décoratifs et même au textile.

Darmstadt:
La Mathildenhöhe de Darmstadt révèle un autre artiste peu connu en France, Hans Christiansen. Die Retrospecktive (jusqu’au 1er février, il faut se dépêcher!)

Rétrospective Hans Christiansen à Darmstadt jusqu'au 1er février

Rétrospective Hans Christiansen à Darmstadt jusqu’au 1er février

Avec la découverte de Tiffany, puis un séjour à l’Académie Julian à Paris, Hans Christiansen devient un pur artiste du Jugendstil allemand, se consacrant essentiellement à la peinture, mais aussi au mobilier, à la céramique, au papier peint, à la broderie ou encore à la tapisserie. Après la Mathildenhöhe, l’exposition sera présentée successivement à Berlin, Munich et Flensburg, sa ville natale.

Ljubjana:
Ce tour d’Europe des expositions ne serait pas complet sans citer la nouvelle étape de Natures de l’Art nouveau, présentée à Ljubjana jusqu’au 19 avril

Ljubjana

Que dire de plus sur cette expo?, sinon qu’elle peut être un bon prétexte pour aller découvrir une ville magnifique au patrimoine Art nouveau exceptionnel, membre (francophone) du Réseau Art nouveau!

Bon voyage!

Carnet de voyage n°6: Aveiro

jeudi 15 janvier 2015

Le périple de l’exposition Natures de l’Art nouveau se poursuit… après la Catalogne, l’exposition est en ce moment même présentée au Portugal, dans une petite ville très active au sein du Réseau Art nouveau, Aveiro, une ville qu’on appelle aussi “la Venise portugaise”!

Aveiro, ville du centre du Portugal, connue pour ses "Moliciero", des barques permettant de naviguer sur ses canaux Image: vsitcentrodeportugal.com

Aveiro, ville du centre du Portugal, connue pour ses “Moliciero”, des barques permettant de naviguer sur ses canaux
Image: vsitcentrodeportugal.com

Off a demandé à Andreia de nous parler de sa ville:

Off: Qui êtes-vous et depuis combien de temps vivez-vous à aveiro?Andreia: Je m’appelle Andreia et je vis à Aveiro depuis 32 ans, c’est à dire depuis ma naissance!

O: Quels lieux représentent le mieux l’Art nouveau dans votre ville?
A: Le très récent musée de l’Art nouveau, ainsi que la Rossio, le bâtiment dans lequel est situé le musée.

Musée d'Art nouveau d'Aveiro. Image: vsitcentrodeportugal.com

Musée d’Art nouveau d’Aveiro. Image: vsitcentrodeportugal.com

O:Quels autres lieux vous conseillez-nous de visiter?
A: Il faut visiter le musée d’Aveiro, qui raconte la vie de la Princesse Joan, qui est aussi l’endroit où a été inventé le bonbon traditionnel d’Aveiro, l’ovos moles. La visite de l’écomusée de Marinha da Troncalhada, s’impose aussi aux beaux jours!

O:Quelle est l’ambiance de la ville? Pouvez-vous nous dire ce qui la rend agréable à vivre?A: Il y a ici beaucoup de lumière, une cuisine délicieuse et de très beaux bâtiments! Aveiro est une ville étudiante (une grande université) et détendue, idéale pour vivre et travailler!

Suivez le parcours Art nouveau dans la ville. Image: vsitcentrodeportugal.com

Suivez le parcours Art nouveau dans la ville.
Image: vsitcentrodeportugal.com

O: un bon plan pour se loger, manger, faire du shopping?
A: Il y a de nombreux hôtels et chambres d’hôtes dans le centre-ville. Pour se restaurer, essayez les restaurants traditionnels situés autour du marché aux poissons. Pour le shopping, direction les rues commerçantes d’Aveiro, ou encore le Forum, un centre commercial.

Détail des typiques Azulejos Image: vsitcentrodeportugal.com

Détail des typiques Azulejos
Image: vsitcentrodeportugal.com

O: Que faut-il absolument rapporter d’Aveiro?
A: Des Ovos Moles, bien sûr! en forme de fruits de mer!

les fameux Ovos moles d'Aveiro

les fameux Ovos moles d’Aveiro

Découvrir Aveiro
Visiter le musée Art nouveau: et aussi sur Facebook

Aveiro possède un riche patrimoine bâti typique de l'Art nouveau Image: vsitcentrodeportugal.com

Aveiro possède un riche patrimoine bâti typique de l’Art nouveau
Image: vsitcentrodeportugal.com

Natures de l’Art nouveau /Naturezas de Arte Nuova, l’exposition est présentée à Aveiro jusqu’au 25 février 2015

L'exposition Natures de l'Art nouveau à Aveiro

L’exposition Natures de l’Art nouveau à Aveiro