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Les « Natures de l’Art nouveau » expliquées par le commissaire de l’exposition:

vendredi 20 décembre 2013
Photographie de libellule, extraite du fonds photographique ayant appartenu aux ateliers d' Emile Gallé.

Photographie de libellule, extraite du fonds photographique ayant appartenu aux ateliers d’ Émile Gallé.

L’exposition du Réseau Art nouveau vient d’ouvrir ses portes au Palais du Gouvernement à Nancy. Natures de l’Art nouveau permet au visiteur de parcourir l’Europe grâce à une riche documentation présentée dans une scénographie dynamique.

Off a rencontré son commissaire, l’historienne de l’art catalane Teresa-M. Sala, pour nous en parler…

Off: La relation entre nature et Art nouveau apparaît comme un sujet très vaste, dans lequel on peut s’égarer ou redire des choses déjà beaucoup entendues. Quelles clés avez-vous choisies pour apporter votre éclairage propre à cette thématique?

Teresa-M. Sala:  A la fin du 19ème siècle, le mouvement de l’Art nouveau libère les arts de l’historicisme éclectique grâce à la formulation d’un langage novateur qui se base sur l’étude et l’observation des formes naturelles. Pour cette raison, l’intention de l’expo est de montrer d’une façon plurielle « les natures de l’Art nouveau ». Avec ce titre, on veut ajouter la nature et les caractères des créateurs et des lieux.

Les clés de l’exposition sont organisées autour de trois questions:

– qu’est-ce que les créateurs de l’Art nouveau voient? (L’œil de l’époque)

– Comment est-ce qu’ils pensent les formes d’après la nature? (L’atelier de la nature)

– Et finalement, qu’est-ce qu’ils font? (Les paysages artificiels)

O: Quelles idées capitales de l’Art nouveau avez-vous choisies de mettre en avant dans l’exposition?

M-T.S: Les idées capitales de l’Art nouveau nous renvoient à l’origine même de la création, là où les racines des créateurs se trouvent, dans la nature. C’est un concept de la nature saisie comme une unité, dans laquelle le monde naturel est compris comme un organisme. Pour la compréhension de ce concept, j’ai essayé de montrer une séquence: l’époque + le processus créatif + les résultats.

Dans chaque chapitre, on peut voir les éléments les plus détachés de la nature de l’Art nouveau et on peut faire la comparaison entre les différentes parties. Il y a des  préoccupations communes des créateurs pour les solutions plastiques, selon les possibilités de la ligne, l’application des ornements, les structures, les modèles formels et symboliques, les métiers, les matières et les processus techniques, qui rendent possible la transformation des formes naturelles et culturelles.

O: Concevoir une exposition sans œuvres est un véritable défi. Quelles solutions avez-vous imaginé pour contourner ces obstacles?

T-M.S: Une expositions sans œuvres et seulement avec des images est en effet compliquée. C’est pour cela que nous sommes partis d’une image métaphorique forte, celle du poème prophétique de Charles Baudelaire, Correspondances. A partir de ce cadre, nous avons recherché avec les partenaires du Réseau, les éléments permettant d’étayer les contenus scientifiques et communicatifs, mais aussi en nous aidant à créer une esthétique. Nous avons essayé de faire un choix équilibré, fort, beau, représentatif et cohérent. La scénographie des contenus et des images retenues s’articule en trois parties:

– avec des écrans aux murs, on montre les références de l’époque: la science, la fascination pour le Japon, les répertoires décoratifs et la photographie naturaliste…

– un parcours à travers les tables des créateurs nous montre l’atelier et le processus de création, avec des fac-similés de projets d’œuvres

– enfin, on peut voir un jardin composé de fragments de créations de l’Art nouveau, dans lequel la transformation de la nature est un paysage artificiel très sensoriel.

O: Aujourd’hui la notion d’Europe est familière. L’épanouissement de l’Art nouveau à travers ce territoire, alors morcelé, répondait-il déjà à l’éveil d’une conscience « communautaire »?

T-M. S: Une visions générale du mouvement symboliste et de l’Art nouveau en Europe s’engage comme une mosaïque de toutes les identités portant un idéal de modernité récupérées dans chaque territoire. Parce qu’avec les mots de Stephan Zweig, on peut dire « qu’une seule impression optique, sensorielle, cause toujours plus d’impact dans l’âme que mille opuscules et articles de journaux ». Mais, le 28 juin 1914 à Sarajevo, le rêve finit. C’est la fin d’une époque, d’une façon de faire et aussi le début d’une situation nouvelle, celle du 20ème siècle.

Avant la Première Guerre mondiale, il y avait en Europe une compétition entre les nations. Aujourd’hui la devise de l’Union européenne, In varietate concordia (Unie dans la diversité) prétend être un projet commun dans le monde globalisé.

O: Nous n’avons jamais été aussi conscients de l’importance de la préservation de la nature. Pourtant nous ne lui avons jamais fait autant de mal… Pensez-vous que les hommes de la fin du 19ème siècle avaient déjà une conscience écologique? Peut-on comparer les efforts actuels pour une architecture éco-responsable, le design du recyclage, la « green attitude », etc., avec les idées développées par l’Art nouveau?

T-M. S: On assiste à une détérioration progressive des écosystèmes et l’origine de la situation actuelle n’est autre que la révolution industrielle du 19ème siècle, qui marqua le début d’un modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, modèle qui a dépassé les limites et n’est plus durable. L’intervention sur la nature, entendue par certains comme une réalité disponible pour sa transformation ou son exploitation sans aucune considération, a été marquée exclusivement par la volonté de la dominer, dans une complète arrogance. Cependant, il y a d’autres types de sensibilités qui voient dans la nature une réalité riche en possibilités de développement, et qui souhaitent connaître et respecter l’environnement. La vision intégrative qu’offre l’écologie, centrée sur l’étude et l’analyse du lien entre les êtres humains et leur environnement, est née aussi au 19ème siècle de l’esprit du biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel. Les perspectives actuelles sont fort menaçantes. Le changement climatique, la déforestation et l’exploitation abusive des ressources naturelles soulèvent le défi de défendre, préserver et conserver la nature.

Teresa-M. Sala

Teresa-M. Sala

Teresa-M. Sala est professeur titulaire d’Histoire de l’art à l’université de Barcelone. Ses recherches portent sur l’étude du Modernisme et de l’Art nouveau, en particulier dans les domaines du mobilier et du décor intérieur. Elle étudie également les relations entre l’art et la littérature, du Romantisme au Surréalisme, et concentre particulièrement ses travaux sur le mouvement Symboliste. Elle a été à plusieurs commissaire d’exposition, notamment pour l’exposition Barcelona 1900, présentée au musée Van Gogh d’Amsterdam.

Natures de l’Art nouveau, au Palais du Gouvernement à Nancy jusqu’au 13 avril 2014…

Ça s’en va et ça revient…

jeudi 28 mars 2013

… comme le bureau d’Hector Guimard, parti et déjà revenu!

Guimard, Ensemble de bureau, MEN, cliché Studio Image bd

Cet élégant bureau, ainsi que le fauteuil qui l’accompagne, viennent de réintégrer les collections permanentes après un séjour en Catalogne, pour l’exposition « Las otras Pedreras », à Barcelone.
S’il est malheureusement trop tard pour se rendre sur place et admirer l’ensemble des pièces témoignant de ces « autres Pedreras », le catalogue publié nous permet de comprendre l’importance de chacun de ces grands projets d’art total conçus au même moment à travers l’Europe et même l’Amérique. On y découvre notamment dans le détail les projets et plans architecturaux ou des vues intérieures anciennes.

Le commissaire de l’exposition, Juli Capella, architecte et théoricien du design explique ce choix: « L’intention est d’offrir un instantané de la discipline architecturale à ce moment précis. L’exposition présente une sélection de chefs-d’œuvre, apparus dans un court laps de temps, de 1900 à 1912, et qui ont laissé une marque indélébile dans l’histoire de l’art  grâce à la qualité tectonique sous-jacente  du projet de construction. »

 Outre la Pedreda de Gaudi, qui a fêté ses 100 ans en 2012, d’intéressants articles reviennent sur la genèse de la maison Horta à Bruxelles, l’hôtel Mezzara (H. Guimard) à Paris, la Glasgow School of Art  (C. R. Mackintosh), le palais Stoclet (J. Hoffmann) à Bruxelles, la Looshaus (A. Loos) à Vienne, et la Robie House (F L Wright) à Chicago.

Les pièces de mobilier et décor intérieur, vases et lampes rassemblés à Barcelone permettaient en outre de percevoir la force de la notion d’Art total, ce désir impérieux d’unifier le décor dans ses moindres détails.

Si l’ensemble d’Hector Guimard, conservé au musée de l’Ecole de Nancy, ne fut pas spécifiquement destiné à l’hôtel Mezzara, mais à l’hôtel particulier construit par Guimard pour lui-même, il n’en démontre pas moins le « style Guimard » caractéristique, fait de lignes sinueuses et fluctuantes. Oeuvre à part dans les collections du musée, l’ensemble de Guimard est néanmoins présenté dans les collections permanentes (en dehors des périodes de prêt ou d’exposition temporaire) en raison de ses qualités bien sûr, et du parallèle que le visiteur est invité à faire avec l’Ecole de Nancy. Mais il nous rappelle aussi que Guimard, comme de nombreux architectes et artistes Art nouveau, connut dans les années 50 – 60 un total désintérêt général. En effet, seule Nancy en accepta le don par sa veuve, Adeline Oppenheim – Guimard en 1949 !

Les altres Pedreres / Las otras Pedreras, La Pedreda, Barcelone, 2012

Les altres Pedreres / Las otras Pedreras,
La Pedreda, Barcelone, 2012

Prouvé, c’est (presque) terminé !

jeudi 15 novembre 2012

Après deux semaines de prolongation, l’exposition Jean Prouvé, ferronnier d’art a fermé ses portes dimanche 11 novembre… mais il n’est pas trop tard pour aller admirer les plus belles feuilles de la Donation Roy (Victor Prouvé), exposée jusqu’au 18 novembre…

Pendant le démontage de l’exposition, le musée propose à tous le tarif réduit  à 4 € et ce jusqu’à la réouverture de la totalité des salles d’exposition permanente, le mercredi 28 novembre.

Jean Prouvé, ferronnier d'art, c'est fini!

Rendez-vous en mai 2013 pour la prochaine exposition temporaire!

Il reste quelques places…

vendredi 3 août 2012

… pour l’atelier « Rythme et variation », proposé aux enfants dans le cadre de l’exposition temporaire Jean Prouvé, ferronnier d’art

Autour du travail de Jean Prouvé présenté au musée de l’Ecole de Nancy, il sera question de graphisme, de matériaux, d’imagination… L’atelier se déroule en trois séances successives, la première étant consacrée à la découverte de l’exposition et les deux suivantes à l’atlier créatif proprement dit.

Une façon amusante et passionnante de passer ses vacances!

2 cycles proposés:

Les 22, 23 et 24 août et les 29, 30 et 31 août

De 10h30 à 11h30 pour les 4 – 6 ans

ou

de 14h30 à 16h00 pour les 7-10 ans

Réservation nécessaire au Service des publics des musées

03.83.17.86.77 et e-mail:

servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr

Séance: 4,10 €/ 1ère séance au musée de l’Ecole de Nancy / 2ème et 3ème séances dans l’atelier du musée des beaux-arts

Et pour découvrir l’expo en s’amusant, n’oubliez pas de demander le livret de jeux pour les enfants!!

Livret jeux Jean Prouvé

Des années spéciales…

jeudi 19 juillet 2012

Tandis que Nancy  célèbre Jean Prouvé en 2012, Vienne rend un hommage imposant au célèbre peintre de la Sécession viennoise Gustav Klimt…

Pas moins de 10 expositions réparties dans les musées de la capitale viennoise interrogent l’art du peintre, son rôle dans le renouveau artistique, son influence sur les arts populaires, etc…

Pour tout savoir rendez-vous sur le site www.wien.info (version française disponible)

Vous pourrez même vous y « klimter »!!

Suivez le guide et devenez unKlimt!!

De Jean Lamour à Jean Prouvé…

jeudi 19 juillet 2012

… partir à la découverte de l’art de la ferronnerie à Nancy

Samedi 21 juillet à 11h, le musée de l’Ecole de Nancy propose, dans le cadre de ses visites extra-ordinaires, une visite – promenade en ville au départ de la place Stanislas.

Liée à l’industrie du métal, fortement ancrée en Lorraine, la ferronnerie a  marqué l’architecture locale. Ce parcours invite à découvrir des styles variés ainsi que des emplois qui se diversifient au cours des décennies.

Inscription obligatoire, places limitées à 15 personnes – Retrait des billets au préalable au musée de l’Ecole de Nancy

Rendez-vous au pied de la statue de Stanislas – Prévoir de bonnes chaussures et des jumelles! Durée 2 heures

Tarif: 7,60 € ou 5,60 €

Cette visite esté galement programmée les 11 août, 22 septembre et 27 octobre.

J-2…

jeudi 28 juin 2012

…. pour l’ouverture de l’exposition temporaire

JEAN PROUVE,

FERRONNIER D’ART

rendez-vous samedi 30 juin à partir de 10h

au musée de l’Ecole de Nancy…

ATTENTION !

En raison du vernissage de l’exposition, le musée de l’école de Nancy restera fermé au public jusqu’à 14h le vendredi 29 juin .

Portrait d’artiste – portrait de famille…

vendredi 22 juin 2012

La prochaine visite destinée aux enfants, dimanche 1er juillet à 10h30, s’intéressera à l’art du portrait.

On y parlera sans doute beaucoup de la famille Prouvé, mise à l’honneur au musée dans les deux expositions temporaires… On y parlera aussi de ressemblance, de photographie, de sentiments, de techniques…

Pour les enfants de 6 à 10 ans, sans réservation, dans la limite des places disponibles. Durée 1h15

Marie Prouvé et ses enfants, vers 1911. Musée de l'Ecole de Nancy, fonds photographique Prouvé

Le 1er dimanche du mois, c’est gratuit pour tous!

vendredi 25 mai 2012

La Médiathèque de Nancy propose jusqu’au 3 juin l’exposition  » Au coeur de l’oeuvre », présentatnt les travaux réalisés par des élèves de classe de CE2, CM1 et CM2 de Nancy autour d’oeuvres emblématiques du musée de l’Ecole de Nancy (lit Aube et Crépuscule) et du musée Lorrain (Femme à la puce) …

Site Manufacture, Grans hall des Frères Goncourt

Vite! avant qu’il ne soit trop tard…

jeudi 19 janvier 2012

 

Plus que quelques jours…

Pour satisfaire la demande des visiteurs, une ultime visite guidée de l’exposition est programmée

DIMANCHE  22 JANVIER à 15h30

Elle vient s’ajouter aux visites guidées habituelles de vendredi à 13h, samedi à 15h et dimanche à 11h

ATTENTION! Ces visites sont sans réservations et limitées aux 25 premiers!

Jacques Gruber et l’Art nouveau.

Un parcours décoratif

Galeries Poirel – 1, rue Victor Poirel – 54000 Nancy

03.83.21.13.42 – www.ecole-de-nancy.com