Archive pour le mot-clef ‘expo’

L’œil de la romancière Edmonde Charles-Roux sur Victor Prouvé

jeudi 21 janvier 2016

En 1999, la romancière et membre de l’Académie Goncourt, Edmonde Charles-Roux livre dans sa préface au catalogue de l’exposition proposée à la Douëra à Malzéville son regard sur Victor Prouvé, sur l’École de Nancy et sur 1999, année où se superposent les grandes expositions nancéiennes et Le Temps du Maroc en France.

Charles-Roux 1Charles-Roux 2Extrait du catalogue de l’exposition “Victor Prouvé: Voyages en Tunisie; 1888-1890″, La Douëra – Ville de Malzéville, 12 mai – 27 juin 1999, publié aux Editions Serpenoise.

L’École de Nancy entre en gare!

mardi 21 juillet 2015

Depuis deux semaines et pour tout l’été, le musée de l’École de Nancy présente quelques uns de ses chefs d’œuvre en gare de Nancy. Grâce au partenariat établi avec Gares et Connexion, filiale de la SNCF, chargée de l’animation des gares, vitraux, vases, peintures ou encore reliures et ensembles mobilier décorent  les fenêtres hautes du Hall République et du passage entre celui-ci et le Hall Thiers…

De quoi égayer l’arrivée et le passage en gare et donner envie aux heureux touristes qui transitent par Nancy de venir voir de plus près les créations de l’École de Nancy!

Du côté de la place Thiers, des vitraux, de la peinture et 4 vases de Gallé

Du côté de la place Thiers, des vitraux, de la peinture et 4 vases de Gallé

Le Paon de Camille Martin associé aux tonalités bleues du vitrail de la Salle de Gruber

Le Paon de Camille Martin associé aux tonalités bleues du vitrail de la Salle de Gruber

Le vase Fleur de passiflore, si délicat, à côté de l'exotique Forêt Guyanaise, de Gallé

Le vase Fleur de passiflore, si délicat, à côté de l’exotique Forêt Guyanaise, de Gallé

Hall république, place à la reliure de Camille Martin pour L'Art japonais

Hall république, place à la reliure de Camille Martin pour L’Art japonais

N’oubliez pas de lever la tête si vous passez par la gare c’est été!

Le beau label…

vendredi 22 mai 2015

Non sans fierté, Off tenait à souligner la belle décision du Ministère de la Culture, qui a choisi d’attribuer son label annuel d’exposition d’intérêt national 2015 à deux expositions présentées à Nancy:

Ces animaux qu’on mange… au Museum-aquarium (jusqu’au 3 janvier 2016)

et

Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent. L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, la prochaine grande exposition que prépare le musée pour l’automne 2015

Ce label distingue “des expositions remarquables présentant un discours innovant en une thématique inédite, ainsi qu’une scénographie et un dispositif de médiation qui en livre les clés de lecture aux publics les plus variés. (…) Elles mettent en lumière des thématiques qui reflètent la richesse et la diversité des  collections des 1220 musées de France.” (Communiqué de presse de présentation des expositions labellisées en 2015)

Cette reconnaissance officielle récompense le travail mené depuis plusieurs années pour la préparation d’une exposition inédite et dont le sujet se fait l’écho de bien des événements récents. Axée autour des personnalités des deux présidents successifs de l’École de Nancy, Émile Gallé et Victor Prouvé, l’exposition rassemblera près de 200 œuvres et documents provenant des collections nancéiennes et Lorraines, de grands musées internationaux et de collections particulières.

Le Canthare Prouvé, vase conçu par Gallé pour son ami Prouvé, portant la coitation de Victor Hugo qui donne son titre à l'exposition

Le Canthare Prouvé, vase conçu par Gallé pour son ami Prouvé, portant la citation de Victor Hugo qui donne son titre à l’exposition

La menace Allemande, la montée de l’anarchisme, l’affaire Dreyfus, etc… firent de cette fin du XIXème siècle une période propice à l’intrusion de la politique dans le domaine des arts, tandis que la société connaissait de profondes mutations. Ce qui fut plus tard appelé la “Belle Époque” apparaît aujourd’hui bien davantage comme une période trouble et violente se précipitant inexorablement vers sa fin…

Quelles étaient alors les limites de la liberté de penser et de s’exprimer? Quel rôle pouvait jouer l’artiste dans la défense des opprimés et la lutte contre l’injustice?  Ce sont quelques unes des questions que soulèvera l’exposition présentée au musée des beaux-arts et au musée de l’École de Nancy à partir du 9 octobre…

… à suivre sur Off , sur le site internet et sur la page Facebook du musée!

Allons voir …

vendredi 23 janvier 2015

… si l’Art nouveau y est!

Toujours à la recherche de bons plans et de bonnes idées pour les amateurs d’Art nouveau, Off a fait le tour des expositions s’intéressant de près – ou de loin- à cette période que nous affectionnons…

Roubaix:
Le musée de la Piscine propose en ce moment une exposition consacrée à Camille Claudel,  Au miroir d’un Art nouveau (jusqu’au 8 février)

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Camille Claudel à Roubaix

“Camille Claudel est aujourd’hui perçue comme l’héroïne dramatique d’une histoire emblématique de la condition féminine au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Elle est surtout une artiste de premier rang qui apporte à l’histoire de la sculpture moderne un regard d’une grande singularité, ouvrant des ponts entre le naturalisme et le symbolisme, le néo-florentinisme et l’Art nouveau (…)”

Nous lirons avec attention le texte d’Emmanuelle Héran consacré à l’influence du courant japoniste et de l’Art nouveau dans l’art de Camille Claudel, publié dans le catalogue de l’exposition (Coédition Gallimard – La Piscine).

Paris:
Le musée d’Orsay présente ses plus récentes acquisitions en 7 ans de réflexion (jusqu’au 22 février)

7 années d'acquisitions, au musée d'ORsay jusqu'au 22 février

7 années d’acquisitions, au musée d’ORsay jusqu’au 22 février

Nous serons particulièrement attentifs à la section des arts décoratifs, où figurent de belles acquisitions École de Nancy, confrontées à des créations contemporaines …

« Deux œuvres de Gallé, un important vase sur le thème de la mer présenté lors de l’exposition de 1900 et un pichet sauterelle retracent l’extraordinaire fantaisie de l’artiste. (…) Alors que l’Art nouveau tempère sa maturation dans une étagère de Majorelle (donation Rispal), de nouvelles formes plus radicales annoncent l’art raffiné des années à venir avec une bergère de Karbowsky livrée pour Doucet, une commode de Mère aux panneaux de cuir gravé et une bergère de Ruhlmann à ses débuts sous influence viennoise, déjà totalement maître de sa ligne. »

La Haye:
Le musée Louis Couperus s’intéresse à  Carel de Nerée Tot Babberich en Henri van Booven. Den Haag in het Fin de siècle (jusqu’au 10 mai)

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A travers les figures du peintre Carel de Nerée Tot Babberich et des écrivains Henri van Booven et Louis Couperus, l’exposition évoque la vie artistique de La Haye à la fin du XIXème siècle. Très influencé par Aubrey Beardsley, le peintre néerlandais laisse un œuvre qualifié de “décadentiste”, très symboliste, tout à fait ” Art nouveau”, notamment par son goût japonisant. A l’image de ses contemporains belges, français ou allemands, Carel de Nerée Tot Babberich s’intéressa également -brièvement-  aux arts décoratifs et même au textile.

Darmstadt:
La Mathildenhöhe de Darmstadt révèle un autre artiste peu connu en France, Hans Christiansen. Die Retrospecktive (jusqu’au 1er février, il faut se dépêcher!)

Rétrospective Hans Christiansen à Darmstadt jusqu'au 1er février

Rétrospective Hans Christiansen à Darmstadt jusqu’au 1er février

Avec la découverte de Tiffany, puis un séjour à l’Académie Julian à Paris, Hans Christiansen devient un pur artiste du Jugendstil allemand, se consacrant essentiellement à la peinture, mais aussi au mobilier, à la céramique, au papier peint, à la broderie ou encore à la tapisserie. Après la Mathildenhöhe, l’exposition sera présentée successivement à Berlin, Munich et Flensburg, sa ville natale.

Ljubjana:
Ce tour d’Europe des expositions ne serait pas complet sans citer la nouvelle étape de Natures de l’Art nouveau, présentée à Ljubjana jusqu’au 19 avril

Ljubjana

Que dire de plus sur cette expo?, sinon qu’elle peut être un bon prétexte pour aller découvrir une ville magnifique au patrimoine Art nouveau exceptionnel, membre (francophone) du Réseau Art nouveau!

Bon voyage!

1894/ Carnet d’exposition n°1

vendredi 22 août 2014

A l’occasion des 50 ans du musée de l’École de Nancy, voici une nouvelle série d’articles dédiée aux grandes expositions consacrées à l’École de Nancy. Chacune, dans son contexte particulier, fut un évènement, présenté et commenté dans la presse, attendu et apprécié par les amateurs… A l’aide des documents conservés (photos, articles de presse, commentaires, etc…), nous vous proposons de faire revivre ces grands moments !

 

Camille Martin, Affiche pour l'exposition d'art décoratif de 1894. MEN, Cliché C. Philippot

Camille Martin, Affiche pour l’exposition d’art décoratif de 1894. MEN, Cliché C. Philippot

« L’exposition qui doit s’ouvrir le 24 juin, dans les galeries de la Salle Poirel, s’annonce brillamment, – et tout d’abord par une affiche d’une grande richesse composée par Camille Martin et tirée sous les presses de la Maison Berger-Levrault, qui a fait un chef d’œuvre typographique. »

La Lorraine Artiste du 10 juin 1894 exprime son enthousiaste impatience dans ce premier article consacré à l’exposition avant même son ouverture, ventant dans une visite virtuelle la décoration florale de Félix Crousse et celle, générale, confiée à Louis Majorelle, les peintures décoratives de Guingot, les pièces d’orfèvrerie de Kauffer et Daubrée, « l’envoi si remarquable  de M. Louis, Geisler », papetier, voisinant avec la faïencerie de Toul.  Émile Gallé vient ensuite avec sa « prestigieuse et féérique exposition », suivi des Prouvé, Majorelle, Friant, Daum… Avant de détailler la fin de l’exposition où se succèdent vitraux, broderies ou serrurerie d’art, deux groupes retiendront l’attention, celui des reliures et cuirs décoratifs envoyé par l’Union centrale des Arts décoratifs, et celui des objets d’art présentés au Salon du Champs de Mars l’année précédente.

 

Stand Gallé à l'Exposition d'Art décoratif et industriel Lorrain, Nancy, 1894. Cliché D. Boyer

Stand Gallé à l’Exposition d’Art décoratif et industriel Lorrain, Nancy, 1894. Reproduction D. Boyer

Le détail du catalogue de l’exposition laisse imaginer la variété des pièces et styles présentés. Majorelle présente sur son stand du Louis XVI, de l’Empire, du vernis Martin, mais aussi un panneau de marqueterie intitulé La Source, dans la lignée des pièces de mobilier présentées par Gallé en 1889. Il prête à Daum Frères un mobilier d’exposition pour les « Cristaux d’art ciselés, intaillés et gravés », les « verreries de fantaisie », et « verreries de table et de dressoir ». Malgré leur pouvoir évocateur, les titres donnés aux vases ne peuvent rivaliser avec ceux de Gallé :  Pensées sombres et pensées folles  côtoient un  Bol de capucine , des Violettes fanées  et une  Touffe d’iris… Mais la théâtralisation du stand, surmonté d’un vaste catafalque de tissu drapé, n’a rien à envier à celle de son illustre voisin.

Chez Gallé se juxtaposent pièces nouvelles et chefs d’œuvre de l’exposition de 1889*, illustrant toute la variété de son savoir-faire. Le catalogue précise dans sa notice que les « études de verrier » ont été « fondu(e)s à la cristallerie ». En effet, en 1894, Gallé inaugure son four verrier à Nancy, qui annonce une nouvelle ère de recherches dans ce domaine…   La commode Parfums d’autrefois montre la maîtrise exceptionnelle des techniques du bois, après 10 années de pratique dans les ateliers nancéiens.

 

Emile Gallé, "Parfums d'autrefois". console de salon avec glace d'entre fenêtres. 1894. Nancy, MEN, cliché C. Philippot

Emile Gallé, “Parfums d’autrefois”. console de salon avec glace d’entre fenêtres. 1894. Nancy, MEN, cliché C. Philippot

La grande découverte du Salon du Champs de Mars de 1893 fut celle du travail du cuir de Victor Prouvé et Camille Martin. L’exposition de 1894 accueille les fameuses reliures Salammbô, L’Art japonais ou L’Estampe originale, entre autres, mais aussi le coffret La Parure ou la coupe La Nuit, témoignant de l’apport capital de Victor Prouvé dans le domaine des arts décoratifs.

Victor Prouvé, coffret La Parure - état d'origine-, Nancy, MEN.

Victor Prouvé, coffret La Parure – état d’origine-, Nancy, MEN.

 

Présentés côte à côte, dans cette scénographie chargée caractéristique des « accrochages » 19ème siècle, ces artistes et artisans nancéiens forment déjà un groupe, au sein duquel se multiplient les collaborations, et donnant naissance à une émulation artistique inédite. En 1894, le public nancéien assiste à la naissance effective de l’École de Nancy.

« C’est une exposition d’art faite en vue de mieux mettre en lumière le talent varié, la puissance de production de beaucoup de nos artistes lorrains. (…) C’est une œuvre de propagande, c’est un acte dans la lutte engagée contre la France par nos adversaires et nos ennemis. C’est une manifestation en faveur de l’art décoratif dont le caractère et l’importance a trop longtemps été méconnu. »

Extrait du discours de M. André, lors de l’inauguration de l’Exposition d’Art décoratif et industriel Lorrain.

Commission :

MM. André, membre du Conseil municipal ; Marcot, ancien membre du Conseil municipal ; De Meixmoron de Donbasle, ancien président de la Société des Amis des Arts ; Larcher, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts ; Goutière-Vernolle, directeur de la Lorraine Artiste ; Charbonnier, professeur de dessin au Lycée ; Camille Martin, peintre ; Emile Gallé, fabriquant d’objets d’art ; Antonin Daum, maître-verrrier ; Louis Majorelle, tapissier, fabriquant de meubles de luxe ; Hennequin, ancien magistrat ; René Wiener, relieur.

 

*Exposition Universelle de 1889 à Paris.

Direction Terrassa!

dimanche 6 juillet 2014

Carnet de voyage n°4…

Natures de l’Art nouveau continue son périple européen… L’exposition est présentée encore pour quelques jours à Terrassa, une petite ville catalane située à une vingtaine de kilomètres de Barcelone, qui connut une forte expansion industrielle grâce au textile. Terrassa possède donc un patrimoine industriel particulièrement riche et intéressant, en particulier l’usine Vapor Aymerich ou la Masia Freixa, qui valent bien un détour, si la Catalogne est votre destination cet été!

Pour nous parler de la ville, nous avons rencontré Domenec Ferran, directeur du Museu de Terrassa.

Masia Freixa, Terrassa

Masia Freixa, Terrassa

Off: Quels lieux représentent le mieux l’Art nouveau à Terrassa?Domenec: L’usine Vapor Aymerich, bien sûr, la Casa Alegre de Sagrera, le Magatzem Fornès, l’Ecole Industrielle et pour finir la Masia Freixa.

Les toitures très étudiées de l'usine Vapor Aymerich, de nuit...

Les toitures très étudiées de l’usine Vapor Aymerich, de nuit…

O:Quels sont les autres lieux que vous nous conseillez de visiter?
D: La cathédrale Seu d’Egara, l’église San Pere de Terrassa, le château (castell),  le Cartoixa de Vallparadis, le théâtre principal et naturellement, le museu de Terrassa!

de jour...

de jour…

O: Quelle est l’ambiance de votre ville? pouvez-vous nous dire ce qui la rend agréable à vivre?
D: C’est une ville accessible, jolie et moins chère que Barcelone. Elle a l’avantage d’être justement près de Barcelone, avec des liaisons rapides. Terrassa propose beaucoup d’activités culturelles de grande qualité (théâtre, concerts de Jazz, …) et possède un riche patrimoine architectural et muséal.

La Casa Alegre de Sagrera

La Casa Alegre de Sagrera

O: Où nous conseillez-vous de dormir, manger, faire du shopping?
D: Le mieux est de trouver un hôtel dans le centre, où l’ambiance est très agréable, les monuments proches. A Terrassa, rien n’est à plus de 15 -20 minutes! Terrassa, comme les toutes villes catalanes, se vit dans la rue à partir du printemps!

L'Escola Industrial

L’Escola Industrial

et le Centre de Documentation du musée du Textile

et le Centre de Documentation du musée du Textile

 

O: Quel souvenir doit-on absolument ramener de Terrassa?
D: De l’artisanat local, souvent inspiré par les monuments modernistes de la ville, bien sûr!

La Cathédrale Seu d'Egara

La Cathédrale Seu d’Egara

et l'église San Pere

et l’église San Pere

L’exposition Natures de l’Art nouveau est ouverte jusqu’au 13 juillet prochain à la Salla Muncunill… Pas une seconde à perdre!

Naturaleses de l'Art nouveau

Naturaleses de l’Art nouveau

 

 

Derniers jours….

mercredi 9 avril 2014
Florilège / Natures de l'Art nouveau, jusqu'au 13 avril 2014

Florilège / Natures de l’Art nouveau, jusqu’au 13 avril 2014

Hélas, il va bientôt falloir dire adieu aux deux expositions du Palais du Gouvernement…

Natures de l'Art nouveau et Florilège, pour quelques jours encore au Palais du Gouvernement

Natures de l’Art nouveau et Florilège, pour quelques jours encore au Palais du Gouvernement

Il vous reste quelques jours pour les découvrir et de nombreuses bonnes raisons de vous y rendre:

- parce que vous aimez l’Art nouveau
- parce que vous êtes curieux
- parce que c’est gratuit
- parce que samedi 12 et dimanche 13 avril, il y aura des surprises toute la journée!
- parce que – surtout- après ce sera trop tard!

Alors, notez dans votre agenda:
Samedi 12 et dimanche 13 avril:
– à 10h30: visites guidées des expos, 1.60 €
– à 10h30: Opération Trans Art nouveau Express pour les enfants à partir de 10 ans (un jeu de plateau rigolo, pour voyager à travers l’Europe…) – Gratuit, sur réservation au 03.83.40.14.86
– à 15h30: Opération Trans art nouveau Express, cette fois-ci pour les grands… qui aiment jouer! Gratuit, sur réservation au 03.83.40.14.86
– à partir de 14h15, et toutes les heures: visite guidée décalée et surprenante, avec la compagnie d’improvisation Crache-Texte – Gratuit, sans réservation

Les expositions sont ouvertes tous les jours jusqu’à dimanche 13 avril
De 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00
Entrée LIBRE
Livret de jeu pour les enfants GRATUIT
Catalogue de l’exposition Florilège, 10 €

Pour visiter l’exposition Natures de l’Art nouveau, il vous faudra ensuite partir en Catalogne ou en Norvège! Alors, plus un instant à perdre… !

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Philéas le petit botaniste fait visiter l’exposition aux petits…

Les artistes de l’Ecole de Nancy et la Première Guerre Mondiale

lundi 17 mars 2014

A l’occasion des célébrations du centenaire de la Première Guerre Mondiale, le musée de l’École de Nancy a sorti de ses réserves un ensemble captivant d’œuvres réalisées pendant et après la guerre par les artistes qui firent les beaux jours de l’association.

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L’association est dissoute alors que les premiers soldats sont mobilisés. Si la plupart des membres de l’École de Nancy sont trop âgés pour partir combattre, ce n’est pas le cas de leur main d’œuvre, immédiatement et massivement enrôlée. Les premières batailles se déroulent aux portes de Nancy… La guerre bouleverse toute la production artistique locale, nécessitant fermeture ou délocalisation des ateliers.

Pourtant, il faut survivre et même participer à l’effort de guerre. Les premiers croquis de  Louis Hestaux ou de Victor Prouvé témoignent avec consternation des destructions qui frappent les villages proches de Nancy. On croyait alors à un conflit express…

Louis Hestaux, village en ruines. MEN, cliché D. Boyer

Louis Hestaux, village en ruines. MEN, cliché D. Boyer

Prouvé met ensuite son art au service de l’éducation des populations civiles par le biais d’affiches, de diplômes, et même de bons points. Les établissements Gallé retrouvent l’élan de Gallé, disparu 10 ans plus tôt, en produisant des séries de verreries, pour certaines “parlantes”, évoquant les destructions ou la ligne bleue des Vosges, symbole des combats pour les territoires perdus.

Ets Gallé, vase Cathédrale de Reims. MEN. Cliché D. Boyer

Ets Gallé, vase Cathédrale de Reims. Collection particulière. Cliché D. Boyer

Enfin, à la fin de la guerre, la commémoration des sacrifices et l’éloge rendu aux héros des tranchées nécessitent la production de médailles et autres monuments symboliques. La reprise lente de l’activité des ateliers d’art nancéiens est, comme pour l’ensemble du pays, un passage forcé vers une autre époque, l’entrée réelle dans le 20ème siècle. Et la fin définitive d’un rêve d’union.

V. Prouvé, affiche Noël pour la Grande Paix qui vient. MEN. Cliché D. Boyer

V. Prouvé, affiche Noël pour la Grande Paix qui vient. MEN. Cliché D. Boyer

 

Exposition proposée dans la petite galerie du verre et au premier étage.
Du 19 mars au 29 juin
Œuvres de Victor Prouvé, Louis Hestaux, Louis Majorelle et des Etablissements Gallé., issues des collections du musée de l’Ecole de Nancy et de collections privées.

Petit journal d’exposition adulte et enfant, en français. Gratuit
Visites guidées de l’exposition les 27 mars, 25 avril et 24 mai à 16.30Tarif: 1,60 € + billet, sans réservation

Amarrage réussi à la villa Majorelle…

mardi 4 mars 2014

Jusqu’à la fin du mois, la villa Majorelle accueille une présentation des travaux réalisés par les membres de l’association nancéenne, Les Amarres. Lieu dédié à l’accueil de personnes en situation difficile et isolées, les Amarres offre un cadre sécurisant pour tous ceux pour qui le contact avec l’extérieur ou avec les autres s’est distendu, en raison d’une situation familiale, de la perte d’un emploi ou de la précarité. Ouvert le soir et le week end, les Amarres proposent des activités variées, sous forme d’ateliers: écriture, peinture, informatique, poésie, dessin… mais aussi des sorties dans des lieux culturels ou en plein air. Depuis plusieurs années, les Amarres travaillent en collaboration avec des établissements culturels nancéens. Après le musée Lorrain et le musée des beaux arts, c’est le musée de l’École de Nancy qui a accueilli et collaboré un projet sur le thème de la nature et du voyage.

 

Voyage au pays de l'Art nouveau

Voyage au pays de l’Art nouveau

“Au départ, comme nous l’explique Alexandrine Vernoit-Cremel, animatrice et coordinatrice du projet au sein des Amarres, il n’y avait peut-être que 6 personnes intéressées. Puis progressivement, en parlant, le bouche-à-oreille, …,  le projet a grandi, il y a eu de nouvelles personnes intéressées. Par exemple, les personnes qui participent à l’atelier d’écriture, et qui n’étaient pas concernées… ”

Créations poétiques

Créations poétiques

Comment expliquer cet engouement? “Pour ceux qui fréquentent les Amarres, ce type de projet est l’occasion de prouver qu’ils sont capables de produire quelque chose. C’est important car cela les aide à reprendre confiance en eux. On sent qu’ils admirent le travail des artistes pour son audace, son idéal.”

Présentation à la villa Majorelle

Présentation à la villa Majorelle

Créations poétiques, dessins, peintures et montages sont autant d’expressions différentes de la perception de l’École de Nancy. Une perception portée par le rêve d’un ailleurs, dans l’espace et dans le temps. L’ensemble montre justement une certaine audace, où domine la poésie.

Le fait de conclure le projet par une exposition à la villa Majorelle a d’ailleurs semblé renforcer encore la motivation de tous, sensibles à la reconnaissance des autres. Ce lieu en particulier représente à la fois un lieu public, un lieu patrimonial, mais fut aussi un lieu de vie, un foyer. Un joli symbole pour ceux qui, aux Amarres, tentent de reconstruire le leur…

Pour suivre les Amarres, rendez-vous sur le blog:
les.amarres.over-blog.com

Les travaux du groupe des Amarres sont présentés à la villa Majorelle jusqu’à la fin mars. On peut les découvrir lors des visites guidées du week end.
Samedi et dimanche, 13h45, 15h, sur réservation auprès du service des publics
servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr

Vernis-sage…

vendredi 21 février 2014

Cette semaine, deux expositions ont retenu notre attention en raison d’un lien -parfois lointain, mais…- avec l’École de Nancy:

Ainsi, la nouvelle exposition des arts décoratifs consacrée au vernis Martin, nous amène-t-elle à rappeler l’emploi de cette technique dans les collections.

Les secrets de la laque française: le vernis Martin s’intéresse à cette technique, si prisée au XVIIIème siècle, de décor luxueux aux accents exotiques. L’exposition révèle tout particulièrement les origines du décor de laque en France, employé au faubourg Saint-Antoine dès le 17ème siècle.  ” C’est vers 1670, semble-t-il, que s’y installèrent les premiers artisans qu’on y trouve appelés « vernisseur ». Contrairement aux ébénistes, souvent flamands ou allemands, les vernisseurs du faubourg Saint-Antoine furent tous français, et plutôt, quand on peut le savoir, provinciaux.(…) Il est possible de distinguer trois périodes dans l’histoire des vernisseurs du faubourg jusqu’à la fin du règne de Louis XIV : celle des premiers vernisseurs – Massot, Thérèse, Ancellin, Cibou, Thévenard –, puis celle de la famille Langlois, celle de Guillaume Martin enfin. (…) La première mention du « vernis Martin » apparaîtrait dans les textes à la fin du XVIIIe siècle sous la plume de la baronne d’Oberkirch qui rédigea ses mémoires en 1789, tandis que les formes « vernis de Martin » ou encore « vernis par Martin » se rencontrent beaucoup plus tôt dans le siècle. ” (Extraits du catalogue d’exposition)

Le “vernis Martin” consiste en une peinture polychrome pratiquée sur divers matériaux et sur métaux dont le bronze, le cuivre ou le zinc. À cette peinture peuvent être associées des applications d’or ou des incrustations de nacre et de métaux précieux ; le tout est recouvert d’un vernis au copal, transparent et brillant, dit vernis Martin. (Définition de l’Inventaire général).

Ce type de décor est remis au goût du jour à la fin du XIXème siècle, à Paris, chez Sormani ou chez Zwiener. Mais dès 1861, Auguste Majorelle (1825-1879) présente des pièces de mobilier en imitation de laque. En 1864, Auguste Majorelle dépose un premier brevet d’invention concernant cette technique de décoration mixte, combinant l’incrustation de faïence, porcelaine, cristal ou biscuit, avec le décor polychrome de la laque. Majorelle présente à l’Exposition Universelle de 1878, le fameux piano à décor mi chinois mi japonais que l’on peut admirer au musée de l’Ecole de Nancy.

Le fameux piano à décor de Vernis Martin d'Auguste Majorelle. Musée de l'Ecole de Nancy . Cliché D. Boyer

Le fameux piano à décor de Vernis Martin d’Auguste Majorelle. Musée de l’Ecole de Nancy . Cliché D. Boyer

Auguste Majorelle établit alors sa notoriété sur la qualité de cette production à succès. Quand Louis Majorelle lui succède en 1882, il poursuit tout naturellement ce type de production, au moins jusqu’en 1894. Le musée conserve un très riche exemple de ce type de meuble décoré, un meuble d’appui conçu par Louis Majorelle vers 1885 (présenté en 2005 dans  l’exposition Formes et Couleurs).

Le vernis Martin selon Louis Majorelle, sur un meuble d'appui de forme 18ème, conçu vers 1885. MEN, cliché C. Philippot

Le vernis Martin selon Louis Majorelle, sur un meuble d’appui de forme 18ème, conçu vers 1885. MEN, cliché C. Philippot

Louis Majorelle, tout comme son père, fournit des meubles de ce type au magasin parisien “L’Escalier de Cristal”, dont la clientèle est alors entichée de chinoiseries. Si l’évolution stylistique de Majorelle l’éloigne peu à peu de ce type de décor, on peut toutefois imaginer qu’il conservera tout de même le goût des chinoiseries, comme en témoigne l’aménagement d’un petit salon chinois dans sa maison.

Souvenir du vernis Martin, le décor de laque de cette table à thé de Louis Majorelle, dessinée vers 1885-1890. MEN, cliché C. Philippot

Souvenir du vernis Martin, le décor de laque de cette table à thé de Louis Majorelle, dessinée vers 1885-1890. MEN, cliché C. Philippot

C’est également pour l’Escalier de cristal qu’est réalisé l’un des tous premiers exemples de mobilier produit par Emile Gallé, une table à tiroirs, à décor de Vernis Martin. L’emploi de cette technique, alors qu’il débute le métier d’ébéniste, s’explique sans doute par la vigueur de cette mode, en particulier à Nancy où la maison Majorelle devait régner en maître. Mais justement, face à la maîtrise de Majorelle, Gallé ne persiste guère et se tourne plutôt vers la marqueterie, avec le succès que l’on connaît…

Rare exemple de Vernis Martin chez Gallé, vers 1885. MEN, cliché D. Boyer

Rare exemple de Vernis Martin chez Gallé, vers 1885. MEN, cliché D. Boyer

La seconde exposition nous entraîne dans un tout autre univers, celui des paquebots…  Le musée d’art et d’industrie de Saint Étienne propose jusqu’au 31 mars l’exposition Paquebot France, design embarqué. S’il s’agit ici de la version baptisée en 1962, il ne nous a pas échappé qu’une précédente version du Transatlantique illustrait le savoir-faire de l’Ecole de Nancy!

En 1910, Eugène Vallin (1856-1922) est contacté par la Société des Ateliers et des Chantiers de Saint-Nazaire. Il est chargé, à la demande du décorateur Georges Turck, de fournir le mobilier de la salle à manger du paquebot France. Vallin conçoit en particulier des fauteuils tournants, fixés au sol par un pied central en bronze. C’est également lui qui décore le salon de l’appartement du Commandant. Après la seconde guerre mondiale, le paquebot est modifié et la salle à manger perd son mobilier. Jusqu’en 1914, Vallin travaille à plusieurs autres reprises pour d’autres bateaux de croisière. Dans les années 30, ce sont les établissements Majorelle qui à leur tour participent à l’aménagement d’un autre paquebot de luxe, le Normandie. Dans un cas comme dans l’autre, leur participation illustre le choix remarqué d’un savoir-faire à la française, symbole de luxe et de modernité.

La Paquebot France, symbole du luxe à la française, en 1912 ou en 1962!

La Paquebot France, symbole du luxe à la française, en 1912 comme en 1962!

Bibliographie:
Sur le Vernis Martin:
Catalogue d’exposition Couleurs et Formes, R. Bouvier, V. Thomas, Nancy, 2005
R.Bouvier, Majorelle, Paris, 1991

Sur le Paquebot France:
F. Descouturelle, Eugène Vallin, Nancy, AAMEN, 1998