Archive pour le mot-clef ‘2014’

Ne les oubliez pas…

vendredi 19 décembre 2014

… non, non, je ne parle de pas de vos petits chaussons sous le sapin… mais des derniers jours consacrés aux 50 ans du musée!

Profitez de la fin d’année pour rendre une visite au musée et découvrir:

–  l’exposition – dossier  “Petite et grande histoire du musée de l’École de Nancy (jusqu’au 4 janvier)

– le lustre Les Algues de Louis Majorelle (jusqu’au 25 janvier), et  participer à l’appel aux dons lancé par l’Association des Amis

– participer à la visite proposée le 28 décembre à 10h30: Les oubliés. Œuvres méconnues du musée - visite sans réservation, dans la limite des places disponibles. Tarif: entrée du musée + 1.60 €

Emile Gallé, porte pinceaux au chasseur oriental, Nancy, musée de l’École de Nancy. Cliché D. Boyer... L'un des ces "oubliés" qu'on voit sans les voir!

Émile Gallé, porte pinceaux au chasseur oriental, Nancy, musée de l’École de Nancy. Cliché D. Boyer… L’un des ces “oubliés” qu’on voit sans les voir!

N’oubliez pas, comme “Off”, de vous reposer un peu, pour recommencer une année 2015 pleine de surprises et d’événements au musée de l’École de Nancy!

JOYEUSES FÊTES A TOUS!

Gallé au musée de l’Ecole de Nancy

vendredi 12 décembre 2014

cataloguegallé

Le musée de l’École de Nancy est fier de vous présenter son dernier ouvrage:

Gallé au musée de l’École de Nancy

paru aux éditions Snoeck

 

Encore un petit effort!

mardi 9 décembre 2014

LUSTRE Majorelle relance contribution décembredétail

Comme de nombreux admirateurs de l’Art nouveau et de l’École de Nancy,
vous avez à cœur de voir s’enrichir les collections du musée,vous souhaitez voir ce lustre exposé aux côtés des œuvres de Majorelle,
vous souhaitez voir ce lustre retrouver son aspect d’origine…

Vous avez jusqu’à la fin du mois de janvier pour envoyer votre contribution à l’AAMEN
Pas un instant à perdre!

1. Téléchargez le formulaire

2. Renvoyez-le avec votre contribution à
AAMEN
Villa Majorelle
1, rue Louis Majorelle
54000 NANCY

3.Déduisez jusqu’à 66% de votre don!

 On compte sur vous!

Le formulaire à renvoyer sans tarder!

Le formulaire à renvoyer sans tarder!

On parle de nous…!

vendredi 14 novembre 2014

Le Journal des Arts consacre son dossier cette semaine à Nancy, arrivée 4ème de son palmarès annuel des villes qui bougent pour la Culture!

Le dossier de la semaine dans le JDA

Le dossier de la semaine dans le JDA

La villa Majorelle a même les honneurs d’un petit encart, où se sont glissées quelques petites erreurs…Le mobilier de la salle à manger est bien déjà là, et en possession du musée depuis 1996, et les couronnements de cheminée seront bien REposés en 2015, au cours des travaux de réfection de la toiture…

La plus importante villa Art nouveau de Nancy

La plus importante villa Art nouveau de Nancy

Pour lire l’intégralité du dossier, suivez ce lien : Journal des Arts Nancy

 

Hokusai… et Nancy!

mardi 4 novembre 2014

Paris découvre actuellement l’exposition Hokusai… et mesure “l’effet Hokusai”, presque comme ont pu le ressentir les européens à la fin du XIXème siècle!

Exposition Hokusai, Paris, Grand Palais, jusqu'au 18 janvier 2015

Exposition Hokusai, Paris, Grand Palais, jusqu’au 18 janvier 2015

Le musée de l’École de Nancy a prêté pour l’occasion un vase d’Émile Gallé sur lequel le verrier reprend un motif du maître Japonnais… Voilà pour Off l’occasion de revenir sur l’influence décisive qu a exercé l’art japonais sur le mouvement nancéien…

Emile Gallé, vase octogone Grenouilles, MEN, inv. AD 31. Cliché C. Philippot

Émile Gallé, vase octogone Grenouilles, MEN, inv. AD 31. Cliché C. Philippot

 NDLR: nous reprenons ici un extrait du texte de Blandine Otter écrit à l’occasion de la présentation de l’exposition -dossier “Le Japonisme ou l’influence  de l’art japonais dans l’art français à la fin du XIXème siècle” , présentée au musée de l’école de Nancy en 2003.

Le 23 octobre 1868 l’empereur Mitsuhito (1852-1912) proclame l’ère Meiji, synonyme d’ouverture du Japon à l’Occident. En effet, jusqu’ici, ce pays vit replié sur lui-même. Fermeture instaurée en 1639 par la politique des Tokugawa (shôguns : chefs militaires qui exercent le pouvoir véritable jusqu’en 1867). Seul un îlot artificiel dans le port de Nagasaki permet des liens commerciaux avec l’Europe (les Hollandais sont les seuls Occidentaux autorisés).

Mais l’art du Japon n’est pas inconnu puisqu’en 1867, à Paris, le «Pays du Soleil Levant» participe officiellement pour la première fois à une Exposition Universelle, par l’envoi de sabres, de porcelaines, de peintures, de laques, par la reconstitution d’une ferme japonaise…

E. Gallé, Petit vase Bambou, MEN. Cliché C. Philippot

E. Gallé, Petit vase Bambou, MEN. Cliché C. Philippot

Une véritable vogue pour l’esthétique japonaise des couleurs et du raffinement se révèle tout particulièrement en France, notamment par des influences sur la création picturale contemporaine et par l’éclosion d’un réseau actif d’amateurs, artistes, marchands ou collectionneurs. En effet, on peut citer le rôle non moins important de Siegfried Bing, marchand d’art et collectionneur d’objets orientaux, dont l’intérêt personnel pour la céramique fine et son sens des affaires l’ont conduit naturellement en direction de la mode pour les curiosités japonaises. En 1888, il initie une revue dédié à l’art japonais, intitulée Le Japon Artistique (éditée en Français, Anglais et Allemand), qui présente des articles illustrés par sa propre collection.

A cette même époque, a lieu l’ouverture du premier musée Guimet, en 1879 à Lyon, conçu comme un musée des religions, qui est transféré en 1889 à Paris. En 1892 le Louvre voit entrer des œuvres japonaises dans ses collections orientales qui seront complétées plus tard par plusieurs donations, dont celles d’une partie des collections de Siegfried Bing ou Louis Gonse (auteur d’une première histoire de l’art japonais publiée en 1883).

Victor Prouvé, reliure sur l'Art japonais de Louis Gonse, MEN. Cliché P. Buren

Victor Prouvé, reliure sur l’Art japonais de Louis Gonse, MEN. Cliché P. Buren

Dans le domaine de la création artistique, la passion pour l’art japonais a vite dépassé le stade de l’exotisme et se trouve lié au mouvement des artistes dits “d’avant-garde”. En effet, le Japonisme se répand surtout chez les artistes qui cherchent à trouver des expressions nouvelles. C’est la nouveauté de la mise en page, l’habileté du dessin, l’éclat des couleurs, la simplification des moyens picturaux, toute une esthétique qui va transformer l’art pictural occidental. Mais chaque artiste (Manet, Whistler, Degas, Monet…) tire parti de cette séduction de l’art japonais, à sa façon, afin de mieux s’exprimer. En effet, après la découverte et l’adoption d’une nouvelle forme d’art, a lieu ensuite son assimilation et enfin son interprétation, soit la création véritable.

Autre point important, celui de la place de l’art dans la vie quotidienne des Japonais. En effet, un objet utilitaire tend toujours à devenir une œuvre d’art, et une œuvre d’art a toujours une fonction. Cette revalorisation des arts appliqués, de l’alliance du beau et de l’utile trouve un écho dans les divers mouvements modernes voulant rétablir l’artisanat d’art comme celui des Arts and Crafts jusqu’aux tentatives de rénovation artistique de l’Art nouveau.

Les Européens sont également amenés à changer leur vision de la nature. Et grâce à l’art japonais, ils ont découvert un nouveau système de valeur comme l’amour du matériau employé, la manière de traiter un sujet, le plaisir que procure le rythme propre au trait…

Un Japonais à Nancy : Hokkaï Takashima (Haghi, Japon, 1850-1931)

Auteur de plusieurs traités sur la flore et l’agriculture japonaises, Hokkai Takashima arrive en France, en 1885, sur ordre et aux frais du Ministère de l’agriculture du Japon, comme élève étranger à l’École forestière de Nancy (alors unique en France).

Takashima, cascade, MEN; Cliché O. Dancy

Takashima, cascade, MEN; Cliché O. Dancy

Homme d’une grande culture et doué d’une vive sensibilité artistique, il noue des liens d’amitié avec les artistes nancéiens qui s’intéressent à l’art japonais, tels Camille Martin, Émile Gallé, Victor Prouvé… et, grâce à son talent pour le dessin, les aide à mieux cerner la façon dont les Japonais représentent le monde végétal ou ressentent la nature et plus particulièrement le rythme cyclique des saisons. C’est d’ailleurs la maîtrise avec laquelle il manie le pinceau qui est soulignée dans la presse nancéienne. Une exposition lui est notamment consacrée en 1886 dans la vitrine de René Wiener, l’un des animateurs de la vie artistique nancéienne.

Cette amitié avec les artistes nancéiens se retrouve par la dédicace à Camille Martin, Victor Prouvé et Louis Hestaux de quelques-uns des dessins actuellement exposés.

Après un dernier séjour à Nancy en 1889, et de retour au Japon, il abandonne ses fonctions officielles pour se consacrer pleinement à l’art.

Aujourd’hui, le musée municipal des Beaux-Arts de Shimonoseki possède un fonds important d’œuvres de Hokkai Takashima.

Un cas d’École : Gallé et les autres

 Hokkai Takashima ne peut être considéré comme l’initiateur du Japonisme à Nancy. En effet, l’art du Japon est déjà connu, et notamment chez Gallé. Représentant son père à l’Exposition Universelle de Paris de 1867, il a pu visiter à loisir la section du Japon. C’est d’ailleurs peut-être à cette époque qu’il constitue sa collection d’œuvres japonaises composée de céramiques, de bambous, de laques et d’estampes.

D’autre part, Nancy possède son magasin japonais et chinois au 13 rue Gambetta, dont le propriétaire, Armand Logé, fait imprimer sa publicité sur du papier japon.

Mais il faut noter que la plupart des créations de caractère “exotique” voyant le jour dans le Nancy du Second Empire est dans la lignée directe des “chinoiseries” rococo héritées du XVIIIe siècle. Inspiration que l’on retrouve d’ailleurs dans le piano d’Auguste Majorelle présenté à l’Exposition Universelle de Paris de 1878 avec un décor imitant les laques orientales (technique du vernis Martin), ou encore dans le décor Imari des lions héraldiques formant bougeoir ou chandelier de Gallé.

Bien entendu, les artistes nancéiens, dont Émile Gallé et Camille Martin (René Wiener, Intérieur d’atelier (Atelier Camille Martin), 1880), entre autres, sont attirés par la vogue de l’art du Japon, tout comme les artistes européens. Mais il ne s’agit pas là non plus d’une copie servile de cet art. En effet, Henri Frantz écrit à propos d’Emile Gallé : «Il puise dans l’art japonais la conception globale et les principes fondamentaux de son style. Mais nous ne devons pas en conclure qu’il le copie humblement. Rien n’est plus éloigné de l’art japonais que les travaux de Gallé […] Il ne fait qu’emprunter l’expression des artistes nippons et la remanie avec habileté et goût.» (The Magazine of Art, mars 1897).

E. Gallé, assiette japonaise, MEN. Cliché C. Philippot

E. Gallé, assiette japonaise, MEN. Cliché C. Philippot

Emile Gallé emprunte quelques éléments de l’art japonais comme par exemple les motifs zoomorphes que l’on peut retrouver sur l’arrosoir dont l’anse est une trompe d’éléphant, ou encore les humanisations d’insectes qui rappellent le sujet de quelques estampes japonaises mais qui sont aussi à rapprocher de la connaissance de la production du dessinateur nancéien Granville (1803-1847) (Jardinière Grandville, 1885-1889). Emprunt également de la composition chère aux artisans japonais comme l’imbrication de cartels de formes et de dimensions différentes. Le décor ainsi contenu dans des vignettes délimitées associe des herbages et des insectes (Jardinière Anthurium et libellule, vers 1882). L’asymétrie est également présente dans les compositions japonaises et se retrouve chez Gallé avec l’étagère Bambou (1894).

E. Gallé, étagère Bambou, MEN. Cliché Studio Image

E. Gallé, étagère Bambou, MEN. Cliché Studio Image

On peut également retrouver des motifs de décor typiquement japonais : le chrysanthème (Gallé, Vase Chrysanthème,), la carpe Koï et le bambou (Gallé, Jardinière Bambous, carpe et goujons, ), le papillon (Gallé, La Nuit japonaise, 1900), l’évocation des fonds sous-marins (Daum, Coupe Algues et poisson, ), ou encore celui très célèbre du Fuji-Yama dont l’évocation s’est multipliée par le commerce des estampes et leurs imitations parisiennes (Gallé, Eventail Ushiwa ou vue du mont Fuji-Yama).

E. Gallé, éventail japonais, MEN. Cliché Studio Image

E. Gallé, Éventail, MEN. Cliché Studio Image

L’art du Japon permet également un renouvellement des formes des objets et notamment un intérêt pour la section carrée que l’on retrouve dans le dessin préparatoire des ateliers Gallé (MOD 17) et la boîte à thé triple éditée par Saint-Clément dont le modèle est attribué à Émile Gallé.

NB: On sait également qu’Émile Gallé possédait dans sa bibliothèque un grand nombre de livres japonais. Parmi ceux-ci, essentiellement des albums de plantes et de dessins, il faut citer la présence de la Manga d’Hokusai, éditée en 15 volumes et probablement aussi celle de ses Cents vues du Mont Fuji. (Voir à ce sujet l’article de Ikonobu Yamane, La collection d’œuvres japonaises de Gallé et amitié avec Tokusô Takashima, dans le catalogue de l’exposition Émile Gallé, Nature et symbolisme, l’influence du Japon, Vic sur Seille, 2009)

En outre, le musée possède aujourd’hui dans le fonds Victor Prouvé, un grand nombre d’estampes japonaises originales collectionnées par le peintre, dont des œuvres de Hokusai, mais aussi d’autres peintres japonais bien connus en Europe à la même époque, comme Hiroshige ou Utamaro.

Le mont Fuji, estampe japonaise. Fonds Prouvé, MEN.

Le mont Fuji, estampe japonaise. Fonds Prouvé, MEN.

Métamorphoses…

vendredi 24 octobre 2014

Quelques images de l’atelier de vacances “Objets métamorphosés” proposé mardi dernier à la villa Majorelle… Le prochain aura lieu mardi 28. Pour les plus jeunes, le prochain rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte, c’est pour fêter la Saint-Nicolas, dimanche 7 décembre, de 10h à 11h30, avec une visite suivie d’un atelier “chocolat”!

Pour participer à ces animations, contactez vite le Service des publics des Musées, par téléphone du lundi au vendredi de 9h à 12h30: 03.83.17.86.77 ou par mail: servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr

Après une visite de la villa Majorelle avec Lucie, les petits participants passent à la phase créative, avec Gislaine

Après une visite de la villa Majorelle avec Lucie, les petits participants passent à la phase créative, avec Ghislaine

Le sujet? Métamorphoser une chaise ordinaire...

Le sujet? Métamorphoser une chaise ordinaire…

Les chaises se parent de décor très... girly!

Les chaises se parent de décor très inhabituels: plumes pierres et scoubidous!

Un foisonnement d'idées à méditer par nos designers contemporains!

Un foisonnement d’idées à méditer par nos designers contemporains!

Vive la couleur dans la maison!

Vive la couleur dans la maison!

 

 

 

 

Automne…/ portfolio

vendredi 17 octobre 2014

L’automne vu par l’École de Nancy…

Victor Prouvé, Vision d'automne. MEN, cliché Studio Image

Victor Prouvé, Vision d’automne. MEN, cliché Studio Image

Emile Friant, l'Automne, MEN. CLiché D. Buren

Emile Friant, l’Automne, MEN. CLiché D. Buren

Camille Martin, paysage d'arbres, MEN. Cliché P. Buren

Camille Martin, paysage d’arbres, MEN. Cliché P. Buren

Jacques Gruber, vitrail à décor de coloquinte, villa Majorelle. Cliché D. Boyer

Jacques Gruber, vitrail à décor de coloquinte, villa Majorelle. Cliché D. Boyer

Louis Majorelle, table marronnier, MEN. Cliché Ph. Caron

Louis Majorelle, table marronnier, détail,  MEN. Cliché Ph. Caron

Emile Gallé, table Pavot et dahlias, détail du plateau, MEN. Cliché STudio Image

Émile Gallé, table Pavot et dahlias, détail du plateau, MEN. Cliché Studio Image

Henri Bergé, étude de feuilles de marronnier, MEN. Cliché D. Boyer

Henri Bergé, étude de feuilles de marronnier, MEN. Cliché D. Boyer

Henri Bergé, Etude de physalis, MEN. Cliché D. Boyer

Henri Bergé, Etude de physalis, MEN. Cliché D. Boyer

Emile Gallé, cruche Raisins et vase Feuilles d'automne, MEN. Cliché C. Philippot

Émile Gallé, cruche Raisins et vase Feuilles d’automne, MEN. Cliché C. Philippot

Emile Gallé, vase Chrysanthèmes, MEN. Cliché C. Philippot

Emile Gallé, vase Chrysanthèmes, MEN. Cliché C. Philippot

 

Emile Gallé, vases Courge noire et Courge à gibbosités, MEN. Cliché C. Philippot

Emile Gallé, vases Courge noire et Courge à gibbosités, MEN. Cliché C. Philippot

Daum Frères, vase Courge, MEN. Cliché C. Philippot

Daum Frères, vase Courge, MEN. Cliché C. Philippot

Daum Frères, vase Coloquinte, MEN. Cliché C. Philippot

Daum Frères, vase Coloquinte, MEN. Cliché C. Philippot

Ernest Bussière, vase Courge déséchée, MEN. Cliché C. Philippot

Ernest Bussière, vase Courge déséchée, MEN. Cliché C. Philippot

Camille Martin, buvard Il reste la mélancolie, MEN. Cliché P. Buren

Camille Martin, buvard Il reste la mélancolie, MEN. Cliché P. Buren

Prochain rendez-vous:

Dimanche 19 octobre, visite en famille pour feuilleter “L’herbier de l’Art nouveau”, à 10h30.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Henriette et Emile Gallé, la suite…

vendredi 10 octobre 2014

Pour les malheureux qui n’ont pu assister à la conférence consacrée à la correspondance entre Henriette et Émile Gallé, donnée mercredi 8 octobre à l’auditorium du Museum Aquarium, voici un petit résumé des échanges …

Ambiance studieuse à l'auditorium du Museum Aquarium

Ambiance studieuse à l’auditorium du Museum Aquarium

Après une introduction de Roselyne Bouvier, vice-présidente de l’Association des Amis de l’École de Nancy, a démarré la discussion autour de la correspondance d’Henriette et Émile Gallé, animée par Valérie Susset, journaliste à l’Est Républicain.

La genèse de la publication des lettres d’Henriette et Émile Gallé, fut tout d’abord évoquée par Philippe Thiébaut, aujourd’hui conseiller scientifique à l’Institut National d’Histoire de l’Art, après avoir été pendant de longues années, conservateur en chef du département des arts décoratifs au musée d’Orsay. Cette publication entre dans un cycle consacré par Les éditions la Bibliothèque des Arts aux correspondances d’artistes, auquel Philippe Thiébaut avait déjà participé pour Lallique. Connaissant bien la correspondance des époux Gallé pour l’avoir déjà étudiée, Philippe Thiébaut proposa à Jacqueline Amphoux, arrière petite-fille des Gallé, de collaborer sur cette édition. Jacqueline Amphoux, expliqua quant à elle, avoir souhaité faire la lumière sur la personnalité et le rôle d’Henriette Gallé, thèmes qu’elle étudie depuis longtemps. L’idée de publier ces lettres échangées dès les fiançailles et jusqu’à la fin de la vie d’Émile Gallé, permettait ainsi de révéler l’importance à la fois affective mais aussi professionnelle d’Henriette.

Au fur et à mesure des thématiques lancées par l’animatrice, Jacqueline Amphoux et Philippe Thiébaut ont ainsi évoqué les aspects tant intimes que publics de la vie commune des Gallé. Leur travail a notamment consisté à classer chronologiquement les lettres, mais surtout à éclaircir de nombreuses allusions peu claires, en particulier les références à des personnes souvent citées par leur seul prénom, et ce, grâce à des recoupements avec d’autres correspondances d’Henriette, avec ses sœurs, par exemple.

Valérie Susset anime ces échanges avec Jacqueline Amphoux et Philippe Thiébaut

Valérie Susset anime ces échanges avec Jacqueline Amphoux et Philippe Thiébaut

Philippe Thiébaut a souligné le plaisir évident de l’écriture pour Gallé, qui prend la forme d’une véritable conversation suivie, mais qui pour Henriette, n’est pas toujours chose facile. Aux charmants échanges des fiancés énamourés, succèdent peu à peu des conversations mêlant les affaires suivies par Henriette en l’absence d’Émile et les nouvelles familiales. Henriette ne cache pas à Émile son désintérêt pour la botanique, et plus tard, elle ne se prive pas non plus de lui donner son avis sur ses créations, même si, visiblement, Gallé n’en tient pas vraiment compte! Henriette lui fait également remarquer qu’elle voit en lui deux hommes, après le succès l’exposition de 1884: celui qu’elle connaît, et un autre, un mondain faisant partie de la “clique dorée” parisienne!

Très tôt, Henriette est impliquée dans les affaires de l’entreprise. On apprend par exemple qu’Henriette est la voix de la raison quand il s’agit des préparatifs pour les grandes expositions ou pour les extensions de l’usine, calmant les ambitions déraisonnables de son mari. Henriette est avec Émile Lang le pilier de la gestion de l’usine, pendant qu’Émile voyage… La connaissance de l’entreprise est capitale et décisive lorsque Gallé tombe malade et qu’Henriette reprend totalement la direction. C’est une femme toujours combattante et optimiste qui écrit à son mari alors parti en cure au Luxembourg ou dans les Vosges.

Ces années difficiles pour l’entreprise et pour le couple, sont bien sûr marquées par l’Affaire Dreyfus. Alors qu’Émile, grâce à ses séjours à Paris, entretient de nombreuses relations dans le milieu Dreyfusard, Henriette doit suivre les évènements à distance, et sous forme épistolaire. Mais elle évoque l’agressivité ambiante de la ville et la mise à l’écart des Dreyfusards dont les Gallé font partie. Tous deux ont souffert profondément de la haine ambiante exacerbée par les journaux antisémites, ou en voyant des anciens amis changer de trottoir à leur approche. Sans parler des angoisses liées à la chute vertigineuse de l’activité de l’usine après 1900.

Ces lettres nous rapprochent un peu plus de la personnalité de l’artiste, et de sa complexité. Homme de création, plutôt qu’homme d’affaires, il a toujours considéré son rôle de chef d’entreprise comme celui d’un chef de famille, n’ayant jamais la force de réduire le nombre des ouvriers, même dans les mauvaises périodes. Il s’exprime avec virulence et peu d’estime sur ses concurrents, avec lesquels il doit composer lors de la création de l’École de Nancy en 1901. Henriette apparaît toujours comme celle qui trouve les mots pour l’apaiser.

Ponctuée de quelques extraits de lettres lus, la conférence s’est achevée en laissant le sentiment d’avoir pu entrer un peu dans l’intimité de l’artiste, de l’homme engagé. C’est un homme bien entouré et très aimé aussi que révèlent ces lettres,  où l’affection profonde est omniprésente.

A découvrir par écrit bien vite!

Emile et Henriette Gallé, Correspondances, 1875-1904

Émile et Henriette Gallé, Correspondance, 1875-1904

Merci à l’AAMEN pour avoir organisé ce moment d’exception

 

Une heure avec… l’Ecole de Nancy, n°2

vendredi 3 octobre 2014

Retour à la Bibliothèque Stanislas, samedi 11 octobre à 10h30, pour le deuxième volet consacré au fonds École de Nancy, avec cette fois-ci un focus sur les reliures.

Après le succès de la première rencontre autour des revues et albums, Valérie Thomas, du musée de l’École de Nancy et Mireille François, de la Bibliothèque Stanislas commenteront les ouvrages reliés par René Wiener, Victor Prouvé, Camille Martin ou Jacques Gruber. Ce moment de découverte est aussi un moment d’échange, permettant d’approcher au plus près de ces pièces de collection et de poser les nombreuses questions qu’elles soulèvent.

Un moment privilégié pour les amateurs de belles choses!

Rendez-vous samedi 11 octobre à 10h30, à la Bibliothèque Stanislas, 43 rue Stanislas à Nancy, entrée libre, sans réservation.

Une heure avec l’École de Nancy, focus n°2

Une heure avec l’École de Nancy, focus n°2

PS: Cette spectaculaire reliure, qui fait partie des pièces présentées samedi, est due à René Wiener, d’après un dessin d’Adolphe Girardon, sur: Les Trophées de Hérédia. Paris: Lemerre, 1893.

La Villa Fournier-Defaut à Nancy

vendredi 26 septembre 2014

Nous avons le plaisir de publier ici l’article de Jérôme Perrin, paru dans le revue de la Route Européenne de L’Art nouveau coupDefouet n°23 en catalan et en anglais. Merci à l’Inventaire de Lorraine qui nous a autorisé à reproduire les illustrations.

La villa Fournier-Defaut
Construction et destruction de la villa-témoin du Parc de Saurupt

 Jérôme PERRIN
Assistant de conservation
Villa Majorelle

 

En 1901, un vaste projet immobilier est lancé à Nancy devant aboutir à la construction d’un quartier résidentiel privé de 88 villas sur une surface de 20 hectares. Ces villas – somptueuses – étaient « destinées à être habitées bourgeoisement par des familles de propriétaires, rentiers, industriels, négociants, officiers ou personnes exerçant des professions libérales[1]. »

 

Villa Fournier-Defaut D’après E.Badel – Le parc de Saurupt à Nancy, 1906 Repr. D.Bastien © Région lorraine – Inventaire général

Villa Fournier-Defaut
D’après E.Badel – Le parc de Saurupt à Nancy, 1906
Repr. D.Bastien © Région lorraine – Inventaire général

Une loge de gardien à l’entrée et une grande grille assuraient aux futurs propriétaires une quiétude et une sécurité optimales. Le projet d’aménagement fut confié à deux jeunes architectes nancéiens, Emile André (1871-1933) et Henry Gutton (1874-1963). Mais, en raison de l’éloignement du centre ville et du coût d’achat et de construction, ce projet ambitieux n’a abouti en 1906 qu’à l’édification de six maisons. La première maison construite est issue de la collaboration des architectes Henri Gutton[2] (1851-1933) et Joseph Hornecker (1873-1942) pour le compte de l’entreprise Fournier et Defaut, entrepreneurs attitrés du Parc de Saurupt.

 

Villa Fournier-Defaut, façade postérieure  D’après E.Badel – Le parc de Saurupt à Nancy, 1906 Repr. D.Bastien © Région lorraine – Inventaire général

Villa Fournier-Defaut, façade postérieure
D’après E.Badel – Le parc de Saurupt à Nancy, 1906
Repr. D.Bastien © Région lorraine – Inventaire général

Située à l’origine en face de la loge du gardien, elle occupait la plus importante propriété du parc : 2100 m². Le chantier, commencé en 1902, s’achève en 1904. Construite dans un style Art nouveau éclectique, la maison est érigée selon un principe rationaliste où la fonction détermine la forme générale, d’où les nombreux décrochements de façades et corps de bâtiments. Le parti pris de l’architecte Hornecker était de combiner tradition et modernité pour faire de cette maison une sorte de villa-témoin du Parc de Saurupt : « Le style classique s’y marie très habilement avec la fantaisie moderne : voici des tourelles d’avancée, un haut pignon richement décoré, des balcons et des bow-window, un magnifique jardin d’hiver, des baies largement ouvertes sur le soleil, des cheminées Renaissance et une toiture aiguë et coquettement découpée.[3] »

Corniche, plafond, avant démolition, 1974  Ph. G.Clement © Région lorraine – Inventaire général

Corniche, plafond, avant démolition, 1974
Ph. G.Clement © Région lorraine – Inventaire général

Un riche décor Art nouveau aux motifs floraux ornait l’extérieur et l’intérieur : vitraux floraux de Joseph Janin, moulurations en stuc à décor de pommes de pin, sculptures de pavot, céramiques émaillées et ferronneries en “coup de fouet”, entre autres. La maison est inoccupée jusqu’en 1906, date à laquelle elle est mise en location, puis vendue en 1911 à Albert Crovisier qui apporte quelques petites modifications : il commande un nouveau vitrail à Jacques Gruber et fait ajouter une marquise au-dessus de la porte d’entrée principale.

 

Cage d’escalier, avant démolition, 1974 Ph. D.Bastien©Région lorraine – Inventaire général

Cage d’escalier, avant démolition, 1974
Ph. D.Bastien©Région lorraine – Inventaire général

Une démolition exemplaire

Proposée à la vente à la fin des années 1960, la villa, qui ne trouve pas d’acquéreur, est alors squattée illégalement et se détériore en l’absence d’entretien . En 1974, un projet immobilier, prévoyant la construction d’un ensemble de cinq villas de standing à l’emplacement de la villa Fournier-Defaut, est alors lancé et le permis de démolir et de construire est accordé. Un article[4] rappelle que la maison était récupérable, à la condition d’y investir plusieurs dizaines de milliers de francs de l’époque. Le journaliste rappelle également que « maintenant que l’heure de passer aux actes a sonné, on s’étonne, on se débat, on crie au scandale, on s’époumone. Trop tard[5]. » La villa Fournier-Defaut devait en effet bénéficier d’une mesure de protection grâce à une demande d’inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Mais cette demande est faite après que les permis de démolir et de construire aient été accordés.

 

Ensemble en cours de destruction, 1974 Ph. J.Guillaume © Région lorraine – Inventaire général

Ensemble en cours de destruction, 1974
Ph. J.Guillaume © Région lorraine – Inventaire général

La villa Fournier-Defaut est alors démolie malgré la protestation de plusieurs associations d’habitants et d’étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy qui réalisent à cette occasion plusieurs affiches dénonçant le massacre du patrimoine. Seule la grille de clôture a été préservée et délimite encore aujourd’hui l’ancienne propriété. Si cette mobilisation ne suffit pas à arrêter la destruction de la villa, elle a comme conséquence une prise de conscience globale de la valeur du patrimoine Ecole de Nancy. Même si le musée de l’Ecole de Nancy, inauguré en 1964, est principalement dédié à la conservation de l’art décoratif Art nouveau, le grand public est encore peu sensibilisé – et sensible – à cette forme d’art et les destructions de ce patrimoine en Europe sont très courantes dans les années 1950-1970. Ainsi quelques années plus tôt à Nancy, en 1968, la maison Luc, également issue de la collaboration de Gutton et Hornecker, avait été détruite[6]. Mais la destruction de la villa Fournier-Defaut, et surtout la mobilisation qu’elle a suscité, a débouché à la protection rapide de plus d’une trentaine de maisons de style Ecole de Nancy. En 1976, une importante exposition présentée à Paris et à Nancy[7] a permis de faire le point sur ce patrimoine exceptionnel et sur l’urgence d’en assurer durablement la protection.

 

[1] Parc de Saurupt. Clauses, charges et conditions. Première partie. Titre V. Professions

[2] Henri Gutton est l’oncle de Henry Gutton (NDA : note de l’auteur)

[3] Emile BADEL. Le Parc de Saurupt hier, aujourd’hui et demain. Nancy, 1906

[4] Daniel LECLERC, “Feu vert aux affaires rue des Brice : La maison de Gutton démolie”, L’Est républicain, édition de Nancy, 26 novembre 1974. L’Est républicain est l’un des principaux quotidiens locaux lus à Nancy (NDA)

[5] op. cit.

[6] La maison Luc était située 27, rue de Malzéville à Nancy. Une partie de la décoration extérieure et intérieure a cependant pu être sauvée et déposée au musée de l’Ecole de Nancy : rampe d’escalier, ferronneries, luminaires, vitrail, chenets…

[7] Ouvrage collectif. Nancy architecture 1900. Guide de l’exposition. Nancy : Office de tourisme, 1976.