… comme le bureau d’Hector Guimard, parti et déjà revenu!
Cet élégant bureau, ainsi que le fauteuil qui l’accompagne, viennent de réintégrer les collections permanentes après un séjour en Catalogne, pour l’exposition “Las otras Pedreras”, à Barcelone.
S’il est malheureusement trop tard pour se rendre sur place et admirer l’ensemble des pièces témoignant de ces “autres Pedreras”, le catalogue publié nous permet de comprendre l’importance de chacun de ces grands projets d’art total conçus au même moment à travers l’Europe et même l’Amérique. On y découvre notamment dans le détail les projets et plans architecturaux ou des vues intérieures anciennes.
Le commissaire de l’exposition, Juli Capella, architecte et théoricien du design explique ce choix: “L’intention est d’offrir un instantané de la discipline architecturale à ce moment précis. L’exposition présente une sélection de chefs-d’œuvre, apparus dans un court laps de temps, de 1900 à 1912, et qui ont laissé une marque indélébile dans l’histoire de l’art grâce à la qualité tectonique sous-jacente du projet de construction.”
Outre la Pedreda de Gaudi, qui a fêté ses 100 ans en 2012, d’intéressants articles reviennent sur la genèse de la maison Horta à Bruxelles, l’hôtel Mezzara (H. Guimard) à Paris, la Glasgow School of Art (C. R. Mackintosh), le palais Stoclet (J. Hoffmann) à Bruxelles, la Looshaus (A. Loos) à Vienne, et la Robie House (F L Wright) à Chicago.
Les pièces de mobilier et décor intérieur, vases et lampes rassemblés à Barcelone permettaient en outre de percevoir la force de la notion d’Art total, ce désir impérieux d’unifier le décor dans ses moindres détails.
Si l’ensemble d’Hector Guimard, conservé au musée de l’Ecole de Nancy, ne fut pas spécifiquement destiné à l’hôtel Mezzara, mais à l’hôtel particulier construit par Guimard pour lui-même, il n’en démontre pas moins le “style Guimard” caractéristique, fait de lignes sinueuses et fluctuantes. Oeuvre à part dans les collections du musée, l’ensemble de Guimard est néanmoins présenté dans les collections permanentes (en dehors des périodes de prêt ou d’exposition temporaire) en raison de ses qualités bien sûr, et du parallèle que le visiteur est invité à faire avec l’Ecole de Nancy. Mais il nous rappelle aussi que Guimard, comme de nombreux architectes et artistes Art nouveau, connut dans les années 50 – 60 un total désintérêt général. En effet, seule Nancy en accepta le don par sa veuve, Adeline Oppenheim – Guimard en 1949 !


























