Archive pour avril 2011

Profession…récoleur

Mardi 12 avril 2011

Récoler dans un musée n’est pas une infraction, loin de là… Il s’agit même d’une obligation pour tous les musées de France d’ici 2014. 

Depuis 1 an et demi, Anne Chassaing est chargée du récolement des collections du musée de l’école de Nancy. Cette mission ressemble parfois à une chasse au trésor et parfois à un travail laborieux et routinier. Patiemment et méthodiquement, Anne recense l’un après l’autre tous les objets, dessins, peintures, vases, sculptures,etc… qui sont propriété du musée. Chaque pièce est mesurée, photographiée, étudiée, marquée et, si elle ne l’est pas encore, inventoriée. Toutes ces données sont ensuite entrées dans la base Micro-musées, où sont également précisés leur emplacement actuel et leur état. 

Le matériel de récolement: un ordinateur, un appareil photo et un pied à coulisse

Le récolement dans le recueillement

Aussi surprenant que cela puisse paraître, un inventaire  ne suffit pas pour régir une collection. Les oeuvres bougent, disparaissent, réapparaissent… Le mouvement est constant et parfois bien difficile à suivre. Ainsi, le musée de l’école de Nancy compte-t-il 7 inventaires successifs. Le plus ancien date de la donation Corbin en 1935. S’il est très complet, il est pourtant totalement dépourvu de descritption. Il est par exemple bien difficile de déterminer de quel “petit vase” il est question au milieu de la collection des verreries d’Emile Gallé ! Le récolement permet  d’apporter des réponses à de nombreuses questions et souvent de corriger des erreurs répétées. 

Le récolement d'un vase des Arts Réunis

Signature et marquage du numéro d'inventaire à l'encre

En un an et demi, Anne a récolé 1930 pièces! Elle vient de passer 6 mois entiers consacrés à la céramique et la réserve est maintenant dans un ordre impeccable:  les pièces sont rassemblées par auteur, reconnues et numérotées. Si le temps peut paraître bien long parfois dans la pénombre d’une réserve, le travail de récolement offre aussi l’occasion unique de partager un contact tactile avec les oeuvres. Quand Anne manipule les pièces, son état d’esprit oscille entre une inquiétude légitime et le plaisir de la découverte. Pour les pièces les plus lourdes et les plus imposantes, elle est heureusement secondée par un agent technique du musée. Quelqu’un avec qui partager justement ce moment de joie fébrile et d’extrême concentration… 

Les pièces non marquées sont numérotées à l'encre à l'endroit le moins visible

Il reste encore plus de 5000 oeuvres à recoler d’ici 3 ans. Une tâche qu’Anne a décidé de laisser à un(e) autre, pour retrouver son métier de formation, la photographie. Au terme de ce travail énorme, toutes les données de Micro-musées seront versées sur la base Joconde et accessibles à tous. 

L'inventaire ancien, base du travail, et l'étiquette de récolement

La belle saison…

Vendredi 8 avril 2011
…du magnolia dans le jardin du musée, c’est maintenant, et ça ne dure pas longtemps. Alors précipitez-vous!

 

 

Aux petits soins pour Gruber…

Jeudi 7 avril 2011
La préparation d’une exposition donne souvent lieu à un travail important de restauration des oeuvres avant leur exposition. L’exposition consacrée à Gruber en septembre prochain ne déroge pas à cette règle. Après le vitrail, la campagne de restauration concerne aujourd’hui les documents graphiques, particulièrement fragilisés par les années.

Armelle Poyac, de l'atelier " A la page"

Armelle Poyac, restauratrice en arts graphiques, a entrepris de raffraîchir et de stabiliser plusieurs dessins et imprimés en vue de leur exposition. Cela va du petit nettoyage à la gomme, dont le résultat peut être saisissant, à des interventions plus lourdes, comme le comblement de déchirures et de lacunes.

Le gommage

Petit test "avant/après"

Il n’est pas rare de trouver sur des documents anciens des réparations antérieures: en vieillissant, les scotchs jaunissent, durcissent, se décollent, mais surtout ils marquent de manière presque indélébile le papier.

Armelle Poyac au travail

La boîte à couleur

Restaurateur = chirurgien du papier?

Sur cette affiche pour le Concours de Tir de la Ville de Nancy, outre de multiples pliures et déchirures, la lecture de l’oeuvre était fortement gènée par des manques dans la bordure. Conformément à la déontologie de la restauration, ces manques ont été comblés par un papier proche dans la tonalité, mais parfaitement visible. Si une partie du liseret vert à été reprise au pastel, la bordure jaune n’a pas été reproduite pour ne pas alourdir la restauration.

Une déchirure bien visible

et pratiquement invisible après intervention

L'affiche très abîmée avant

la réparation: un comblement et une reprise au pastel du liseret

Même réparation mais sans reprise de couleur

 Heureusement, elle garde le sourire…