Archive pour juin 2010

Terrassa, la cité industrielle du “Modernisme”

Mercredi 16 juin 2010

La ville de Terrassa est située en Espagne à quelques kilomètres de Barcelone. Toute cette région, qui a connu un essor artistique et intellectuel à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, est fortement marquée par le Modernisme, qui n’est autre que l’appellation de l’Art nouveau en catalan.

Antoni Antonio Gaudi, Lluis Domenech i Montaner, Lluis Muncunill, Josep Puig i Cadafalch ou encore Joan Busquets  sont certainement les plus brillants représentants de ce Modernisme qui a rayonné dans toute la Catalogne à la fin du XIXe siècle et qui est aujourd’hui l’un des attraits touristiques de la région.

La ville de Terrassa qui compte aujourd’hui 200.000 habitants s’est principalement développée, au tournant des XIXe et XXe siècles, grâce à l’industrie du textile. De nombreuses usines ont été alors construites par des architectes modernistes et plus particulièrement par Lluis Muncunill,  alors architecte municipal.

Terrassa conserve encore de nombreux édifices modernistes parmi lesquels une cinquantaine d’usines réhabilitées en école, en centre d’art, en restaurant, en musée… La plus intéressante et impressionnante d’entre elles est l’ancienne usine textile Vapor Aymerich devenue le musée des sciences et techniques de catalogne qui a accueilli récemment le colloque du Réseau Art nouveau.

Lluis Muncunill, détail des voutes intérieures du Vapor Aymerich, Amat i Jover, 1907

D’autres édifices particulièrement remarquables par leur décoration et par leur architecture jalonnent tout le centre historique de Terrassa. La Casa Museu Alegre reflète l’art de vivre dans une riche demeure bourgeoise des années 1900. Architecture, vitraux, ferronneries, sculptures, peintures, mosaïques, mobilier… tout y est encore en place ou a été réintégré et restauré dans cette maison, propriété de la ville transformée en musée.

Alexandre de Riquer, peinture du salon de la Casa Alegre de Sagrera

Les riches industriels du textile font appel à Muncunill pour construire et aménager leurs demeures dans ce style moderne. La référence au monde végétal y est toujours présente, de façon parfois discrète, comme en témoignent certaines sculptures de façades à décor de chardon, de tournesol ou de fleurs plus locales.

Lluis Muncunill, façade de l'Almacèn Joaquim Alegre, 1904

On ne peut quitter Terrassa sans rendre visite à la Masia Freixa, étonnante par la simplicité de ses lignes organiques et par la beauté de ses volumes épurés.

Lluis Muncunill, Masia Freixa, 1907-1910, détail de la façade principale

Lluis Muncunill, Masia Freixa, 1907-1910, façade latérale

Lluis Muncunill, Masia Freixa, 1907-1910, détail d'une porte

L’encyclopédie florale de Henri Bergé

Vendredi 11 juin 2010

Au moment où l’Association des Amis du Musée de l’Ecole de Nancy visitait les thermes Art nouveau de Bad-Nauheim, avait lieu à plus de 1000 kilomètres de là, le colloque organisé par le Réseau Art nouveau sur le thème de “L’herbier Art nouveau”.  C’était en Espagne, dans la ville de Terrassa, située à quelques kilomètres de Barcelone.  Nous vous présenterons les particularités très étonnantes de ce patrimoine Art nouveau dans une prochaine note.

L'auditorium du musée

Le colloque se tenait au Museu Nacional de la Ciència i Tècnica de Catalunya (mNACTEC), une ancienne usine de textile Art nouveau reconvertie en musée des sciences et des techniques sur une surface de plus de 20.000m².

L'ancienne usine Vapor Aymerich, Amat i Jover (1907) réhabilitée en musée

Pour ce thème, idéal pour l’Art nouveau nancéien, le musée de l’Ecole de Nancy avait invité Michel Frising, doctorant en histoire de l’art à l’Université de Nancy 2, à présenter une communication sur “l’encyclopédie florale de Henri Bergé” que ce dernier constituât pour la cristallerie Daum.

Bien que Henri Bergé fût un artiste majeur de l’Ecole de Nancy, un collaborateur précieux pour Daum et un formateur exemplaire, il demeure encore assez méconnu. Néanmoins, les collections des musées de Nancy conservent un grand nombre de ses oeuvres (dessins, affiches, reliures, vitraux).

Quelques études botaniques et animalières de Henri Bergé. Musée de l'Ecole de Nancy

Heni Bergé, Vitrail La Lecture. Musée de l'Ecole de Nancy. Photo Gilbert Mangin

Les actes de ce colloque seront très prochainement disponibles sur le site du Réseau Art nouveau. Vous pourrez y découvrir les communications d’experts internationaux et les témoignages des partenaires du Réseau sur cette thématique particulièrement foisonnante : Barcelone, Budapest, Pavia, Riga, Terrassa.

Bad-Nauheim

Mercredi 9 juin 2010

Le samedi 05 juin, l’Association des Amis du Musée de l’Ecole de Nancy se rendait à Bad-Nauheim, en Allemagne, pour découvrir le patrimoine exceptionnel de cette ville thermale, membre du Réseau Art nouveau.

Les membres de l'AAMEN au complexe thermal de Bad-Nauheim. Photo Cédric Amey

Témoin majeur de l’Art nouveau allemand (appelé “Jugendstil”), cette cité thermale, en activité depuis le début du XIXe siècle, fut entièrement redessinée entre 1902 et 1912 sous l’impulsion du mécène visionnaire le grand-duc Ernst Ludwig de Hesse (déjà à l’initiative, en 1899, de la construction de la colonie d’artistes de Darmstadt).

Vue du Sprudelhof. Photo Cédric Amey

Le grand-duc confia à l’architecte Wilhelm Jost l’édification de la plupart des bâtiments, alliant savamment historicisme et Jugendstil, pour correspondre au goût de la clientèle de cet établissement thermal très réputé.

Les artistes Heinrich Jobst, Julius Scharvogel, Wilhelm Kleukens et Albin Müller participèrent, en étroite collaboration avec l’architecte, à la décoration de ce vaste ensemble qui s’articule autour du Sprudelhof (pavillon de la source).

L'intérieur du complexe thermal. Photo Nicole Gaudillère

Pilastre à l'intérieur du complexe thermal. Photo Nicole Gaudillère

Ferronnerie de balustrade. Le décor de lignes ondoyantes et de demi-sphères évoque l'eau thermale et ses bulles de gaz. Photo Nicole Gaudillère

Vitrail au décor géométrique et stylisé à l'intérieur du Sprudelhof. Photo Nicole Gaudillère

L'une des fontaines du Sprudelhof, due au sculpteur Heinrich Jobst. Photo Nicole Gaudillère

Par la cohérence de sa construction due au seul architecte Wilhelm Jost et la proche collaboration de décorateurs, le complexe thermal de Bad-Nauheim reste l’un des témoins majeurs de cette notion d’art total (Gesamtkunstwerk), dont la fonction pratique dévolue au thermalisme est intimement liée à l’architecture et à son décor Jugendstil.