Archive pour la catégorie ‘Non classé’

Bonne année 2016 !

jeudi 7 janvier 2016

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Cliquez sur l’image pour l’animer…!

Adieu 2015…

mardi 22 décembre 2015

Toute l’équipe du musée de l’École de Nancy vous souhaite de joyeuses et heureuses fêtes de fin d’année…

Le musée est ouvert pendant les fêtes, à l’exception des 25 et 31 décembre.

Nous vous donnons rendez-vous en 2016!

Victor Prouvé, étude (Janvier) pour le décor du grand salon de l'hôtel de ville de Nancy, vers 1891, MEN. Cliché C. Philippot

Victor Prouvé, étude (Janvier) pour le décor du grand salon de l’hôtel de ville de Nancy, vers 1891, MEN. Cliché C. Philippot

Saint Nicolas, te voilà!

mardi 1 décembre 2015

Retrouvez votre âme d’enfant au musée de l’école de Nancy en fêtant la Saint Nicolas avec nous! Entrée du musée et animations gratuites!

Dans l'ordre: les trois enfants, l'ange, le boucher, St Nicolas, l'âne,  et le père Fouettard§ Illustration Schlep

Dans l’ordre: les trois enfants, l’ange, le boucher, St Nicolas, l’âne, et le père Fouettard§ Illustration Schlep

Samedi 5 et dimanche 6 à 10h30 et 14h30
Visite en famille 20 000 lieues sous les mers
A partir de 6 ans
Gratuit, sur réservation

Et tout le week end :

Le p’tit train de la Saint Nicolas vous emmène au musée depuis la place Stanislas (surprises et humour compris)
Départs à 10h et 14h, dans la limite des places disponibles

Le p’tit thé de la Saint Nicolas vous attend au musée entre 10h et 12h et 14h et 17h, avec dégustation de thé de Noël et de gourmandises!

(Bon plan: l’entrée de la villa Majorelle est gratuite aussi!! N’oubliez pas de réserver!)

Bravo et merci bon Saint Nicolas!!

Réservez vite:

Service des publics
tél (le matin): 03.83.17.86.77

courriel: servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr

Henriette Gallé-Grimm, de l’ombre à la lumière….

vendredi 27 novembre 2015
Anonyme, photographie d’Émile Gallé, avec Henriette Gallé à l'arrière plan, vers 1900. MEN (c) MEN

Anonyme, photographie d’Émile Gallé, avec Henriette Gallé à l’arrière plan, vers 1900. MEN (c) MEN

On nous pardonnera cette accroche facile… Pourtant il faut reconnaître qu’Henriette Gallé, l’épouse d’Émile Gallé, n’avait pas, jusqu’à présent, fait l’objet d’une étude attentive, en particulier au regard de son influence sur l’œuvre de son mari. Avec la publication de la correspondance des époux Gallé par la Bibliothèque des Arts en 2014, et l’exposition actuellement présentée au musée des Beaux-Arts, on mesure mieux son rôle majeur, en particulier dans l’engagement dreyfusard.

Nous tirons l’essentiel des informations de l’article de son arrière-petite-fille, Jacqueline Amphoux, paru dans le catalogue de l’exposition et retraçant la vie d’une femme au tempérament ardent.

Barco Nancy  photographe, Henriette Gallé. Collection particulière. (c) MEN

Barco Nancy photographe, Henriette Gallé. Collection particulière. (c) MEN

Henriette Grimm est née près de Strasbourg, à Bischwiller, où son père était pasteur. Elle est la seconde de quatre filles : Lina (1846-1954), Henriette (1848-1914), Marguerite (1850-1934) et Elise (1852-1928). Autour des filles Grimm, on trouve « les cousins de Mulhouse », dont Charles Keller (voir article précédent…), ou encore l’amie d’enfance, Mathilde Roederer (1850-1936), fille d’un médecin de Strasbourg qui possédait une maison à Bischwiller. Keller a sans doute une influence importante sur les jeunes filles, et sur leur pensée politique. On sait, par exemple, qu’Élise Grimm entre en relation épistolaire avec la romancière anarchiste André Léo, à partir de 1869, avant d’adhérer à L’Internationale en 1872. Mathilde Roederer rejoint en 1871 Charles Keller en Suisse, où elle adhère avec lui à la Fédération jurassienne de Bakounine. Ils se marient en 1876, après avoir pris quelques peu leurs distances vis-à-vis du mouvement.

"Les galettes! ", trois des filles d'EMil et Henriette Gallé. MEN (c) MEN

« Les galettes! « , trois des filles d’Émile et Henriette Gallé. MEN (c) MEN

Entre 1869 et 1871, Henriette est préceptrice près de Londres. Elle vit à distance le drame de la guerre puis de l’Annexion. La jeune fille exprime alors sa colère et son indignation dans ses courriers (1): « où est le droit, et la justice, entre laisser l’Alsace et la Lorraine sous le joug prussien ou pardonner comme des sots ? » (7 mars 1871). La Commune de Paris met en évidence ses convictions politiques : « les rouges, comme d’habitude, vont trop loin dans leurs demandes (…). Je crains ces gens qui ainsi gâtent ce qu’il y a de vrai dans leurs idées » (31 mars 1871). Elle défend une république modérée, sociale, qui place l’instruction et l’éducation au cœur de son action. « Le parti ouvrier français a pour lui l’avenir, c’est pourquoi il faut l’instruire » (18 mai 1871). Henriette manifeste d’ailleurs son désir d’ouvrir un cours primaire où elle inculquerait aux enfants les principes de justice et de morale pour en faire de bons citoyens.

En septembre 1872, Henriette opte pour la nationalité française. En février 1875, la proposition de mariage du jeune nancéien, et protestant, Émile Gallé est acceptée. « Elle [la parole du Pasteur Grimm, ndlr] ouvre pour moi les portes d’un monde nouveau, où tout est printemps, jeunesse et espérance. » (Lettre d’Émile Gallé au Pasteur Grimm, 16 février 1875). Le mariage est arrangé, mais bien vite les fiancés ressentent une profonde affection mutuelle, et expriment une confiance et une compréhension réciproques. Henriette confie très vite ses doutes religieux : « « J’ai un aveu à vous faire dont je tiens à vous parler avant tout. C’est à mes convictions religieuses que je fais allusion (…). Il y a quelques années, moi, mes sœurs, mes amies, tout notre cercle enfin a pendant un moment été entrainé dans un courant de discussions, de lectures de tout genre. Mes convictions religieuses en ont été ébranlées, et ce qui pour d’autres est une certitude n’est plus pour moi qu’une espérance. » (24 février 1875)

Quatre filles naissent de ce mariage, et Henriette se charge elle-même de leur éducation. Les séjours fréquents de Gallé à Paris ou ailleurs, conduisent Henriette à suivre de près les affaires de l’entreprise. Ses lettres disent fréquemment ses soucis au sujet d’une commande, ou des difficultés de son mari pour faire aboutir ses projets : « Thérèse me raconte les complications de la semaine mais je devine que tu en as bien d’autres. Que deviennent le vase Greffuhle et le Prouvé ? » (Lettre du 31 juillet 1896). Les succès de l’Exposition universelle de 1889 ont ouvert les portes du Tout Paris à Gallé, qui fréquente les salons à la mode et rencontre des personnalités en vue. Ces rencontres sont fructueuses en commandes et en renommée. L’activité de Gallé se déploie, mais elle reste compliquée, notamment, en raison de la délocalisation de la fabrication des verreries à Meisenthal jusqu’en 1894. Une fois ouvert le four verrier à Nancy, Gallé peut laisser s’exprimer dans toute sa plénitude sa créativité. De nouveaux soucis surgissent, comme par exemple la copie, dont Gallé se plaint souvent : « (…) Meys, Legras, Walléryst. imitent en horrible camelote à l’acide nos plus baux vases à orchidées roses en relief. » (Lettre du 5 juin 1897).

La famille Gallé, vers 1902. MEN (c) MEN

La famille Gallé, vers 1902. MEN (c) MEN

Henriette connaît bien la situation de la manufacture, parfois si tendue qu’elle lui fait écrire : « j’ai bien l’impression que le bonheur et l’avenir de nos filles dépendent un peu de la situation économique; elles ne seront jamais bien riches, mais au moins qu’elles aient l’indépendance ;(…) Mais ce qui est pire que de se savoir sans fortune, c’est d’être forcé de faire un mariage d’affaires » (Lettre du 2 octobre 1895).

Ces années qui précèdent l’affaire Dreyfus sont celles des premiers engagements politiques manifestes dans l’œuvre de Gallé. La table Le Rhin en 1889, puis le vase Dragon et Pélican offert à l’indépendantiste irlandais W. O’Brien en 1890 (voir article précédent) annoncent une tournure nouvelle dans son œuvre, où sont associées iconographie symbolique et citations. Le patriotisme, étendu à la dénonciation des souffrances d’autres peuples opprimés à l’image des Alsaciens –Mosellans, y domine. La révélation de la possible innocence de Dreyfus, évoquée dès 1897, pousse alors Gallé à faire évoluer son discours artistique en une arme de lutte contre le mensonge, l’injustice et l’obscurantisme.

Le 17 janvier 1898, en signant la pétition publiée dans L’Aurore, Gallé affiche publiquement sa position en faveur du « maintien de la légalité contre tout arbitraire ». Le 27 mars de la même année, c’est le nom d’Henriette Gallé qui apparaît dans le journal Le Siècle parmi les signataires de l’appel aux femmes de France pour obtenir pour Julie Dreyfus l’autorisation de rendre visite à son mari. « Après avoir cru à la culpabilité du cap. Dreyfus, les récents événements m’ont poussée à m’informer auprès de ceux qui auraient le plus à cœur de la défendre. J’achetais tous les jours La Libre Parole. Sa lecture eut pour résultat de me faire croire peu à peu à l’innocence de D. » (2)

Emile Gallé, bureau la Forêt lorraine, 1899. Collection particulière (c) MEN. Photo M. Bourguet

Emile Gallé, bureau la Forêt lorraine, 1899. Collection particulière (c) MEN. Photo M. Bourguet

Henriette connaît avec précision les détails de l’affaire depuis novembre 1897. Son beau-frère, Gustave Christ, banquier à Mulhouse, est en relation avec Mathieu Dreyfus. Henriette prend contact avec certains des acteurs de premier plan de l’affaire, tels le Major Picquart ou Joseph Reinach. Elle écrit à ce dernier pour le féliciter de son article paru dans Le Siècle, dans lequel il s’étonne du « silence des Poètes » : « Je suis heureuse de cette occasion pour vous offrir au nom de mon mari comme au mien le témoignage de l’admiration et la vraie sympathie avec laquelle nous avons suivi votre belle campagne (…) Enfin nous touchons au but, à celui que vous poursuiviez, le triomphe de la vérité et de la justice » (16 novembre 1898). Gallé rend hommage à l’énergie épistolaire déployée par son épouse pendant ces années en lui offrant un bureau assorti de cette dédicace : « A ma brave femme Henriette Gallé, en mémoire des luttes patriotiques pour les principes d’humanité, de justice et de liberté. Mars 1899. Emile Gallé, trésorier de la Ligue française pour la défense des Droits de l’Homme et du Citoyen ».

Panneau du bureau la Forêt Lorraine, dédicacé par Gallé à sa femme Henriette, 1899. Collection particulière (c) MEN. photo M. Bourguet

Panneau du bureau la Forêt Lorraine, dédicacé par Gallé à sa femme Henriette, 1899. Collection particulière (c) MEN. photo M. Bourguet

La section nancéienne de la Ligue est crée à Nancy le 2 janvier 1899 et dans la foulée, l’Université populaire. Henriette assiste aux conférences et s’aventure même à en donner une elle-même en 1903. Elle reprend le rôle de trésorier de la Ligue après la mort de son mari en 1904. Cet investissement dans ces deux organes dreyfusards, souligne le tempérament audacieux d’Henriette, qui ne se contente pas d’être le soutien discret de son mari. Même si elle reconnaît souvent dans ses lettres à son mari qu’elle est « depuis longtemps habituée à subordonner [ses] impressions aux [siennes] » (29 juin 1900), Henriette déroge totalement aux conventions. L’inscription des deux plus jeunes filles Gallé au Lycée Jeanne D’Arc en 1900, est un geste politique sans doute, mais aussi la volonté manifeste d’encourager l’éducation rationnelle et libérale des jeunes filles, et par là leur émancipation. (3)

L’affaire Dreyfus a pour conséquence plusieurs ruptures dans le cercle des relations des Gallé, mais, dans le cas d’Henriette, nul regret n’est exprimé. « J’ai supporté et je supporte encore allègrement l’hostilité que nous a valu l’Affaire » écrit-elle le 30 juillet 1900, mais l’on sent aussi dans sa lettre l’inquiétude face aux difficultés financières engendrées par les frais de la préparation de l’Exposition Universelle. Gallé en a fait une véritable tribune dreyfusarde, dans un climat général que la grâce de Dreyfus en septembre 1899 n’a pas apaisé. Les rancunes sont tenaces et la clientèle qui s’est détournée de Gallé n’est pas prête à revenir si vite. « Je continue d’espérer que les frais énormes que nous y avons faits seront à peu près ou même tout à fait compensés, et nous n’aurons plus aucune raison d’amour propre pour ne pas faire les choses raisonnablement ». En Août 1901, Henriette est optimiste : « Avec ton nom, ton excellente organisation, ta clientèle assurée, il est impossible qu’on ne puisse établir un équilibre entre les ventes et les dépenses. », Gallé vient de renvoyer des ouvriers et de renoncer à un développement industriel : «(…) s’appliquer à faire produire le plus possible à un outil modeste comme grandeur, mais supérieur comme qualité : voilà mon rêve. » En septembre, elle évoque même l’idée de céder l’affaire : « (…) nous pourrions en retirer de quoi vivre à l’aise. Il faut y penser, chéri, n’est-ce pas. Ce sera peut-être le moyen de réaliser ton rêve : céder ton affaire à un gendre.» (2 septembre 1901). Depuis la préparation de l’Exposition universelle, Émile Gallé est épuisé et s’absente à plusieurs reprises pour des cures. Henriette occupe une place toujours plus importante dans la gestion des affaires de la manufacture. Avec la maladie puis le décès de son mari, Henriette se transforme en femme d’affaire. Elle avait alors déjà amplement démontré ses compétences, sa clairvoyance et son sang-froid…
(1) Extraits de la Correspondance (1875-1904) d’Émile et Henriette Gallé, publiée par la Bibliothèque des Arts, 2014.
(2) Brouillon ( ?) de lettre cité par J. Amphoux, « Henriette Gallé-Grimm, une femme engagée », in L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, 2015, p. 42 . La Libre parole était un journal anti juif auquel collaborait le véritable espion, Esterhazy. H. Gallé écrit cette lettre pour dénoncer l’énormité des mensonges publiés dans le journal : « Comment ! D. aurait d’avance combiné de faire tomber les soupçons sur un autre en décalquant l’écriture de cet autre (…) J’ai lu entre vos lignes haineuses la certitude que vous aviez vous-même de l’innocence de D. »
(3) voir à ce sujet : M. Sylvestre, « la création du lycée Jeanne d’Arc à Nancy », in Arts nouveaux, n°22, septembre 2006, pp. 30-37

Espoir

jeudi 19 novembre 2015
V. Prouvé, Espoir, Nancy, MEN. Détail. (c) M. Bourguet

V. Prouvé, Espoir, Nancy, MEN. Détail. (c) M. Bourguet

En 1898, la Ville de Paris confie à Victor Prouvé la décoration de la salle des Fêtes de la mairie du XIème arrondissement. Prouvé conçoit quatre panneaux intitulés: Espoir, Amour, Bonheur ou Joie et Méditation. l’ensemble n’est achevé et visible qu’en 1907, après une longue phase de gestation, de réalisation, et d’installation (1).

Pour Prouvé, l’ensemble est fastidieux, en particulier en raison des conditions de finition sur place, dans une salle dont il critique la configuration et l’état général. Il essuie aussi, tandis qu’il est au travail, les remarques et critiques des passants.

Prouvé décrit lui-même son programme décoratif:

« Le sujet est comme vous le savez « Séjour de paix et de joie ». Ceux qui ont peiné, les déshérités, viennent de la ville (au coin dans le 1er panneau) et arrivant par bateaux, ils se dispersent dans le séjour de Paix et de Joie, où ils se régénèrent, deviennent meilleurs, forment une nouvelle famille. La nouvelle jeunesse en gaie farandole devant les aïeux qui assis sous le grand arbre contemplent leurs ébats… puis ils méditent. « (Lettre de Victor Prouvé à Ralph Brown, 7 octobre 1907).

V. Prouvé, Méditation, Nancy, MEN. (c) M. Bourguet

V. Prouvé, Méditation, Nancy, MEN. (c) M. Bourguet

Les tableaux présentés dans l’exposition « L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps« , sont des répliques réalisées par Prouvé avec Charles Wittmann, certainement pour le compte d’Eugène Corbin.

Entre les débuts de la commande et son aboutissement complet, s’est déroulée tout entière l’affaire Dreyfus. On a déjà évoqué à quel point celle-ci a influencé l’œuvre et la vie de Gallé, l’ami fidèle de Victor Prouvé.

V. Prouvé, le Bonheur, Nancy, MEN. (c) M. Bourguet

V. Prouvé, le Bonheur, Nancy, MEN. (c) M. Bourguet

Le programme, pourtant, n’a pas évolué, même si l’on peut, sans trop douter, affirmer que la vision idéale de la cité future et de la République fraternelle de Prouvé, telle qu’il l’imagine en 1898, s’est assombrie pendant l’affaire. Il écrit ces mots à Gallé qui lui demande son aide pour la création du vase Hommes noirs : « Cette recherche d’êtres louches, misérables fantômes, contraste singulièrement avec ma frise [pour la mairie du XIème arrondissement, NDLR], qui est une sorte de bonheur pour ceux qui ont peiné et souffert. très enveloppé par ce sujet, je n’ai que plus de mal de trouver des noirceurs. Elles existent cependant autour de nous! » (Lettre datée du 10 octobre 1899)

V. Prouvé, La Joie, Nancy, MEN (c) M. Bourguet

V. Prouvé, La Joie, Nancy, MEN (c) M. Bourguet

Prouvé ne revendique jamais ouvertement ce que d’autres vont qualifier « d’œuvre socialiste » (2). Au contraire, il met même Gallé en garde dans un courrier de 1902: « La politique que vous mêlez un peu trop à tout pour le moment est affreusement nuisible… » (14 mai 1902). Prouvé parle ici précisément des conséquences pour l’Alliance provinciale des industries d’art, fondée l’année précédente. La dépendance de Prouvé à la commande publique explique en partie cette volonté de conserver une forme d’autonomie artistique. Les deux figures récurrentes de l’ouvrier et du chemineau rappellent pourtant ses aspirations révolutionnaires, mais à l’image du forgeron, sculpté sur le fronton de la Maison du Peuple, financée par son ami Charles Keller, elles n’appellent pas à l’acte, mais plutôt à « faire fructifier l’héritage révolutionnaire »(3). Ainsi Prouvé fait-il disparaître la violence potentielle contenue dans l’appel à la Grève générale ou à l’Action directe de Keller/Turbin, en transformant le mouvement ouvrier en une joyeuse farandole fleurie, en un acte pacifique et fraternel. (voir ici)

V. Prouvé, étude pour L'Ile heureuse, 1902, Nancy, MEN (c) M. Bourguet

V. Prouvé, étude pour L’Ile heureuse, 1902, Nancy, MEN (c) M. Bourguet

Malgré ses réticences vis à vis de la politique, Prouvé se présente aux élections municipales de 1912, sur une liste d’entente républicaine. Il est élu largement et commente son élection ainsi: « Si j’estime que l’artiste doit être attentif à tous les évènements, à tous les actes, c’est parce que, s’il est l’observateur, s’il est le traducteur, s’il est l’évocateur, s’il doit être celui qui aime et s’émeut…, il a le devoir d’être aussi celui qui combat ».(4)

V. Prouvé, Jaurès à la tribune de l'Eldorado, 1913, Nancy, MEN, album Poiré (c) MEN

V. Prouvé, Jaurès à la tribune de l’Eldorado, 1913, Nancy, MEN, album Poiré (c) MEN

Ce nouvel enthousiasme pour l’engagement politique de l’artiste sera de courte durée… L’assassinat de Jaurès, dont Prouvé semble avoir partagé les idées, en juillet 14, puis les horreurs de la Première Guerre mondiale (voir ici), le poussent à faire cet amer constat: « Je croyais que, malgré bien des défauts, des travers encore, l’humanité allait vers le bien et le bon. »(5)

 

(1) Sur l’ensemble des commandes publiques de Victor Prouvé, voir les articles de Blandine Otter, parus dans Arts nouveaux, revue des Amis du musée de l’École de Nancy, n. 29 (2013, pp.24-33), 30 (2014, pp. 20-29), et 31 (2015, pp. 18-27).

(2)Voir F. Parmantier, « Émile Gallé et Victor Prouvé. Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front », in L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, 2015, p. 26.

(3) J.Lalouette, « La libre pensée et la symbolique iconographique révolutionnaire. Troisième République », Archives de sciences sociales des religions, n°66, 1988, cité par F. Parmantier, op cit., p. 28.

(4) Id. p. 35

(5) Madeleine Prouvé, Victor Prouvé, Paris, 1958, cité par F. Parmantier, op cit. p. 29.

Le saviez-vous? L’Hymne à la Justice

vendredi 30 octobre 2015

Si vous avez déjà visité l’exposition « L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps », vous n’avez pas manqué de consacrer quelques minutes à l’écoute des pièces musicales proposées à différents moments du parcours.

On peut ainsi écouter dans la section de l’exposition consacrée à l’affaire Dreyfus L’Hymne à la justice, composé en l’honneur du Capitaine Dreyfus par Albéric Magnard en 1902. La partition de l’œuvre qui l’accompagne est dédicacée par Magnard à Émile Gallé, avec cette inscription: « Cordial Hommage de l’infâme Dreifoussard ».

Albéric Magnard, Partition de "l'Hymne à la justice", op. 14, 1902. (c) Collection particulière

Albéric Magnard, Partition de « l’Hymne à la justice », op. 14, 1902.
(c) Collection particulière

Elle témoigne de la rencontre – au moins spirituelle- de ces deux esprits engagés, chacun dans leur art, à lutter contre l’injustice.

On connaît l’intérêt de Gallé pour la musique, en particulier son goût pour Wagner et ses séjours à Bayreuth. Quelques unes de ses œuvres font référence à des personnages de la mythologie wagnérienne, ainsi la belladone gravée sur le vase Mulier quid ploras? (1894- Paris, musée du Petit-Palais) serait la représentation de la maléfique Kundry. Berlioz est quant à lui mis à l’honneur avec la coupe Par une telle nuit (1894-Paris, musée d’Orsay), dans une évocation subtile du duo de Didon et Énée dans les Troyens, entendu à l’Opéra comique en 1892. « Je vous dois la réalisation de toute ma vie: entendre Les Troyens de Berlioz », écrit-il le soir même à son amie et cliente la Comtesse de Greffuhle, fondatrice de la Société des grandes auditions musicales. Gallé côtoie quelques célèbres compositeurs de son temps, Vincent d’Indy, Jules Massenet, Alfred Bruneau ou Reynaldo Hahn, qui lui offre en 1902 « avec ferveur et sympathie » un exemplaire de son morceau pour chœur Les Muses pleurant la mort de Ruskin (1).

E. Gallé, coupe "Par une telle nuit". Paris, musée d'Orsay. Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Jean Schormans

E. Gallé, coupe « Par une telle nuit ». Paris, musée d’Orsay. Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Jean Schormans

A Nancy, la vie musicale nancéenne est animée par le compositeur Guy Ropartz (1864-1955), qui dirige le conservatoire de Nancy entre 1894 et 1919. « Il dépense là, sans compter, un enthousiasme infatigable pour la diffusion des belles œuvres », relate Debussy dans sa chronique du Gil Blas du 23 février 1902 (2). Il créé la saison des Concerts du conservatoire à la salle Poirel, faisant de Nancy une scène musicale de premier plan. Des œuvres d’Ernest Chausson ou d’Albéric Magnard sont créées à Nancy, de même que certaines de ses propres compositions, comme son opéra Le Pays (1912), célébrant sa Bretagne d’origine.

Guy Ropartz (c)

Guy Ropartz (c)BNF

Au cœur de la tourmente de l’Affaire Dreyfus, Ropartz apparaît comme un musicien fédérateur, programmant tant des musiciens ouvertement anti-dreyfusards, comme d’Indy, que des partisans du capitaine, tels Magnard.

Albéric Magnard

Albéric Magnard. Détail d’une photo de Ruck.

L’Hymne à la justice est créé à Nancy le 4 janvier 1903. Gallé, alors en cure au Luxembourg, n’assiste pas à la représentation. Henriette Gallé lui en fait le récit dans son courrier du 6 janvier. « Il paraît que c’était très beau. « (3) Henriette décrit sa rencontre avec Magnard, qu’Émile Gallé ne connaîtra finalement que par voie épistolaire: « Il est charmant, ce Magnard, bien que d’un caractère plutôt sombre; il avoue être très pessimiste et discute avec Charles (Keller) d’une manière très amusante; il lui reproche d’être satisfait des choses à bon compte, de se contenter du relatif, tandis que lui est pour l’absolu; pour bien des choses tu t’entendrais avec lui.  »

Un courrier de Magnard daté du 21 juin 1900 (catalogue n°111) atteste l’existence de leur correspondance depuis l’ Exposition universelle au moins, au cours de laquelle Magnard découvre le four verrier de Gallé. Il lui écrit son admiration. Si pour certains, l’évocation de l’affaire Dreyfus n’était pas immédiatement identifiable, Magnard lui attribue sans hésiter une vocation de « four vengeur », où il aimerait qu’on « fourre le général Mercier ».

Albéric Magnard, lettre à Emile Gallé, datée du 21 juin 1900. (c) collection particulière / MEN

Albéric Magnard, lettre à Emile Gallé, datée du 21 juin 1900. (c) collection particulière / MEN

En mars 1902, Magnard sollicite l’accord de Gallé pour lui dédier sa nouvelle symphonie: « vous me feriez une grande joie en acceptant ce modeste hommage que je désirais rendre depuis longtemps à l’homme et l’artiste exquis. » (4)

Dreyfusard de la première heure, Magnard met dans la lutte pour la révision du procès tout son cœur. Il écrit ainsi à Zola le jour de la publication de « J’accuse » dans l’Aurore: « Vous n’êtes pas seul. On se fera tuer au besoin! ». Refusant toute concession, Magnard, à l’issue du procès de Rennes et de la grâce accordée à Dreyfus par le président Loubet, démissionne de l’armée où il est officier de réserve.

Ce caractère fier et entier contribua sans doute à mettre son œuvre quelque peu en retrait dans l’histoire de la musique française, malgré les succès rencontrés lors des créations. L’Hymne à la Justice fut d’ailleurs fort bien reçu par la critique locale. Le 3 septembre 1914, Magnard est tué alors qu’il tente de défendre sa maison de baron (Oise) lors de l’invasion allemande.

L’Hymne à la Justice d’Albéric Magnard sera joué pour la première fois à Nancy depuis 1903 au cours d’un récital proposé par des élèves du Conservatoire régional de musique du Grand Nancy à l’Auditorium du musée des Beaux Arts, le mercredi 18 novembre à 18h. (Entrée libre dans la limite des places disponibles)

(1) Philippe Thiébaut, « Rêves et réalités dans l’œuvre d’Émile Gallé », in L’École de Nancy, 1889-1909. Paris, RMN, 1999.

(2) Cité par D. Francfort, « Musique et politique à Nancy à la Belle époque: autour de Charles Keller », in L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, Paris, Somogy, 2015, pp. 59-67.

(3) Émile et Henriette Gallé. Correspondance 1875-1904, présentée par J. Amphoux et P. Thiébaut, la Bibliothèque des Arts, 2014, p. 305.

(4) Op. cit. p. 307.

Le saviez-vous?

lundi 12 octobre 2015

Pour mieux comprendre l’exposition « L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps », Off vous propose un cycle régulier de commentaires approfondis sur l’une des œuvres présentées dans l’exposition. Pour commencer cette série, nous ferons honneur à nos prêteurs étranger, et en particulier aujourd’hui au Musée National d’Irlande, avec le vase Dragon et Pélican de Gallé.

Gallé offre en décembre 1890 un vase au patriote irlandais William O’Brien et à son épouse, Sophie Raffalovitch, lors de leur passage à Paris. Membre du Parlement, William O’Brien s’est imposé sur la scène politique du Royaume-Uni en tant que défenseur de la cause paysanne irlandaise et de la lutte pour l’indépendance du pays.

"Aux patriotes. A William O'Brien et sa compagne"

« Aux patriotes. A William O’Brien et sa compagne ». (c) The National Museum of Ireland.

On peut voir sur le col du vase, un trèfle, symbole de l’Irlande. Sur la panse du vase, un pélican radieux aux ailes déployées tente de résister au dragon griffu, espèce de ptérodactyle préhistorique, qui cherche à l’attirer vers les ténèbres. La citation, empruntée à Théodore de Banville, évoque l’emprisonnement qui attend O’Brien à son retour en Angleterre : « Je dis le chant plaintif des âmes prisonnières. Et des monstres fuyant le jour en leurs tanières ».

Gallé connait les parents de Sophie Rafalovitch et c’est par leur entremise que Gallé peut entrer en relation avec William O’Brien. Condamné à la prison en Angleterre, celui-ci choisit délibérément de revenir d’exil. Il est arrêté dès sa descente de bateau quelques jours plus tard.

Il existe une autre version de ce vase, sans rapport avec la cause irlandaise, sans le trèfle, et portant une citation d’Alfred de Vigny, conservé au Corning Museum de New York. L’intérêt de Gallé pour la cause de l’indépendance irlandaise un an après le succès rencontré avec les œuvres patriotiques de l’Exposition universelle de 1889, montre une orientation nouvelle de l’artiste. Les vicissitudes du peuple opprimé par l’occupant anglais font écho à celles endurées par les Alsaciens-Mosellans depuis l’Annexion de 1871, et Gallé, pour la première fois, semble vouloir, dans un élan de solidarité entre les peuples opprimés, mettre son art au service d’une autre cause que celle qui le touche directement.

La relation entre Gallé et le couple O’Brien se poursuit dans les années qui suivent, comme en témoignent un télégramme de Gallé de 1891, ou ce petit mot manuscrit de Sophie O’Brien, remerciant l’artiste pour son « gracieux envoi » de décembre 1894.

Lettre de Sophie Raffalovich - O'Brien à Emile Gallé, 31 décembre 1894. (c) Collection particulière

Lettre de Sophie Raffalovich – O’Brien à Emile Gallé, 31 décembre 1894. (c) Collection particulière

Gallé fit peut-être aussi la connaissance à Nancy même d’une autre figure  -féminine- de la lutte pour l’indépendance irlandaise, Maud Gonne, qui dédicace à Élise Chalon, soeur d’Henriette Gallé, sa photo, lors de son passage à Nancy pour une conférence en février 1896.

 

Maud Gonne, photographiée par Rautlinger en 1896. (c) collection particulière

Maud Gonne, photographiée par Rautlinger en 1896. (c) collection particulière

 

Pour en savoir plus:

François Parmantier, « Emile Gallé et Victor Prouvé. Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front, in L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, Nancy- Paris, 2015, pp 20-21.

Bertrand Tillier, « Émile Gallé, ambassadeur des causes électives », in L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, Nancy- Paris, 2015, pp 47-57.

O’Brien, William: An Olive Branch in Ireland, Macmillian London (1910)

Warwick-Halle, Sally: William O’Brien and the Irish land war, Irish Academic Press, Dublin (1990)

Maume, Patrick: The long Gestation, Irish Nationalist Life 1891–1918, Gill & Macmillan (1999)

The autobiography of Maud Gonne. A servant of the queen, publié en 1938

C’est parti…

vendredi 9 octobre 2015

Jeudi soir, Laurent Hénart, maire de Nancy et Marie-Christine Labourdette, Directrice des Musées de France, ont inauguré officiellement l’exposition « L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps ».

MArie Christine Labourdette, Directrice des Musées de France

MArie Christine Labourdette, Directrice des Musées de France

C’est parti pour 3 mois et demi d’exposition, avec un programme très complet d’activités connexes

Voici quelques images de la scénographie signée par Didier Blin, qui met si bien en valeur toute la richesse des œuvres présentées.

 

L'évocation du stand de Gallé à l'Exposition universelle de 1900

L’évocation du stand de Gallé à l’Exposition universelle de 1900

La république idéalisée de Victor Prouvé

La république idéalisée de Victor Prouvé

Le chardon Lorrain emblème historique de la résistance de Nancy

Le chardon Lorrain emblème historique de la résistance de Nancy

De la gangue épaisse...

De la gangue épaisse…

 

 

 

Cheminot ou chemineau?

mardi 23 juin 2015

Non, il n’y a pas d’erreur dans l’orthographe du titre de l’œuvre de Victor Prouvé.

Le chemineau de Victor Prouvé est un vagabond, non pas un conducteur de locomotive… L’image du chemineau, reprise à plusieurs occasion par Victor Prouvé mais aussi par des artistes de sensibilité anarchiste,  représente la marginalité, celui qui inquiète l’ordre social par son refus délibéré de s’intégrer. Victor Prouvé s’en sert également pour éveiller l’attention sur tous ceux qui ne bénéficient pas de la réussite économique, les laissés-pour-compte de la croissance industrielle, à l’opposé des images idéales et radieuses destinées aux bâtiments publiques, symboles de la République…

A découvrir dans l’exposition de l’automne…!

Victor Prouvé, La mort du chemineau, 1907. MEN. Cliché M. Bourguet

Victor Prouvé, La mort du chemineau, 1907. MEN. Cliché M. Bourguet

 

Victor Prouvé, étude pour l'Ile heureuse, MEN. Cliché M. Bourguet

Victor Prouvé, étude pour l’Ile heureuse, MEN. Cliché M. Bourguet

Récup’Art Nouveau…

vendredi 5 juin 2015

En novembre et décembre derniers, ce sont près de 700 enfants scolarisés dans les écoles nancéiennes qui sont passés au musée de l’École de Nancy pour travailler sur le projet « Récup’Art » 2014-2015. Celui-ci s’inscrit dans le Projet Éducatif Territorial mené par la Direction de l’Enseignement de la Ville de Nancy, afin de favoriser l’accès à la culture pour les plus jeunes. Le fruit de ce travail est présenté à la Galerie Thermal à Nancy à partir de lundi 8 juin.

Récup’Art, lancé il y a 6 ans, associe donc découverte artistique et sensibilisation à la lutte contre le gaspillage. Chaque année, un thème nouveau est abordé, permettant d’explorer des univers très différents, traduit dans des matériaux de récupération variés, de la bouteille plastique à la vieille fenêtre vouée à la décharge.

Exposition accessible du 8 au 18 juin à la Galerie Nancy Thermal

Exposition accessible du 8 au 18 juin à la Galerie Nancy Thermal

La fascination des artistes nancéiens pour la nature dépasse souvent le cadre d’un simple répertoire de motifs à reproduire sur des vases ou des assiettes. Émile Gallé consacra une grande partie de son temps à l’observation et à l’étude des plantes. En 1894, sa commode « Parfums d’autrefois »  répertorie les espèces végétales lorraines -déjà!- en voie de disparition! L’œuvre témoigne d’une prise de conscience précoce des méfaits de l’industrialisation et de l’urbanisation sur la nature, mais la situation sanitaire des villes du XIXème siècle n’offrait guère de recours en la matière…

Détail  de la commode "Parfums d'autrefois" d’Émile Gallé, Musée de l’École de Nancy,Photo MEN

Détail de la commode « Parfums d’autrefois » d’Émile Gallé, Musée de l’École de Nancy,Photo MEN

En invitant les enfants à réfléchir en même temps sur le gaspillage, la seconde vie à donner aux objets, la  consommation excessive et sur la nature et ses symboles, ce nouveau projet Récup’Art s’inscrit volontairement dans une démarche d’actualité. Le temps des constats est dépassé, il faut maintenant agir pour sauver notre planète.

La liste des espèces de plantes lorraines disparues a du bien s’allonger depuis 1894… A moins que le travail acharné de redécouverte mené par des horticulteurs et des scientifiques, ou les fruits de la lutte pour un développement durable n’aient permis d’inverser cette tendance?

Aube et Crépuscule, en carton...

Aube et Crépuscule, en carton…

 

Le vitrail de Gruber... tout en Lego!

Le vitrail de Gruber… tout en Lego!

Vases recyclés et fenêtres revisitées...

Vases recyclés et fenêtres revisitées…

RECUP’ART
Galerie Nancy Thermal
Du 8 au 18 juin, tous les jours de 16h à 18h
Et les 13 et 14 juin de 14h à 17h

(A coté du musée de l’École de Nancy…)!