Archive pour la catégorie ‘Ici’

Quand la danse entre au musée…

jeudi 30 juin 2016

tt petit poésie du printemps

Peut-être avez-vous été parmi les chanceux à pouvoir assister en mai à l’une des représentations dansées de la « Poésie du Printemps ». Ce projet conçu par deux étudiantes de la Faculté de Droit de Nancy, Laudrenn Wolferr et Anne-Alexandra Picaud, était tout à fait inédit pour le musée, avec pour la première fois l’intervention de danseurs au milieu des œuvres du musée… Un véritable défi à relever pour nos étudiantes et leurs interprètes ! Nous les avons rencontrées pour qu’elles nous expliquent leur projet !

Danse Joris 02

© AA Picaud – L Wolferr

 

Off : Pouvez-vous vous présentez et nous expliquer l’origine de ce projet ?

Laudrenn Wolferr : Nous sommes étudiantes en Licence professionnelle Droit du Patrimoine à la Faculté de Droit de Nancy. Au début de l’année universitaire, nous avons du faire un choix entre la rédaction d’un mémoire théorique et la réalisation d’un projet culturel. Nous avons décidé de nous associer afin de réaliser un évènement autour de la danse contemporaine et des œuvres d’arts, pensant que cela serait beaucoup plus enrichissant pour nous.

Danse Joris 01

© AA Picaud – L Wolferr

 

O : Comment avez-vous monté le projet, connaissiez-vous déjà Sosana Marcelino et Joris Perez?

Anne-alexandra Picaud : Notre projet avait pour objectif de mettre en lumière les œuvres d’art grâce à la danse contemporaine.

Laudrenn : Nous avons été mises en contact avec le musée de l’Ecole de Nancy en la personne d’Emmanuelle Guiotat grâce à notre professeur d’histoire de l’art Monsieur Christophe Rodermann. S’en est suive une longue collaboration avec cette dernière avec qui nous avons sélectionné les pièces où les danseurs interviendraient, ainsi que les dates. Au cours de ses nombreux échanges, il a été décidé qu’il s’agirait de visites guidées dansées à double voix réalisées par Lucie COLLOT.

Anne-Alexandra : Voulant mettre en avant la danse contemporaine, nous avons contacté le Ballet de Lorraine afin de savoir si des danseurs étaient intéressés pour nous aider à réaliser ce projet. Nous avons eu rendez-vous avec Émilie Kieffer, chargée de l’action culturelle au CCN-Ballet de Lorraine, qui nous a mises en relation avec Joris Perez. Joris ne pouvant pas assurer toutes les représentations, Émilie nous a mis en relation avec Sosana Marcelino qui s’avérait disponible pour remplacer Joris.

Danse Joris 11

© AA Picaud – L Wolferr

O : Pourquoi l’Art Nouveau ?

Anne-Alexandra : Nous avons choisi de mêler l’art nouveau et la danse contemporaine car sont deux arts complémentaires. En effet la danse contemporaine est une danse souple permettant de reprendre les caractéristiques premières de l’art nouveau qui sont les lignes courbes, la vitalité et l’omniprésence de la nature.

O. : Quelles solutions avez-vous trouvé pour contourner les complexités d’une performance au milieu d’œuvres d’art?

Laudrenn : Notre projet étant de mettre en avant les œuvres d’art, il était nécessaire pour nous que les danseurs puissent accéder aux pièces et y rentrer pour pouvoir interpréter leurs danses. Emmanuelle était réticente au départ face à notre demande mais suite à l’intervention de Joris et à son explication concernant la danse contemporaine qui peut être une danse statique, Emmanuelle a accepté de reconsidérer la demande et de soumettre l’idée au conservateur. Au final, notre demande a été acceptée et les danseurs ont pu rentrer dans les pièces. Cependant, ils devaient impérativement respecter une certaine distance avec les œuvres.

O. : Après cette série de représentations, quel est votre impression?

Anne-Alexandra : La première représentation nous a servi de “pré-générale” et a pu dévoiler quelques failles dans l’organisation. Elle nous a permis de régler quelques débordement de la part de la danseuse. Dans l’ensemble nous avons constaté que le public était enchanté du résultat et appréciait la combinaison de commentaires de la guide et d’intervention des danseurs.

Laudrenn : Cette expérience fut très enrichissante d’un point de vue humain grâce à la rencontre de personnes véritablement motivées pour nous apporter leur aide et faire en sorte que les choses se déroulent pour le mieux. Grâce à cet évènement, nous avons obtenu de nombreux contacts sur qui nous pouvons compter pour de futurs projets.

Anne-Alexandra: Malgré quelques contrariétés, nous sommes très fières d’avoir mené ce projet à terme et nous avons été émues de constater l’impact des représentations sur le public qui fut réellement enchanté par cette initiative. Certains liens se sont créés au cours de l’élaboration du projet que nous ne sommes pas prêtes d’oublier et que nous allons entretenir dans le futur, nous l’espérons!

Danse Joris 05

© AA Picaud – L Wolferr

Et le musée lui aussi ! Rendez-vous bientôt au musée pour d’autres expériences inédites et originales…

Demandez le programme!

jeudi 19 mai 2016

Samedi 21 mai à partir de 20h, c’est la Nuit des Musées à Nancy!

Voici le programme de ce qui vous attend!

Flyer-a-imprimer-001Flyer-a-imprimer-002Nous vous attendons nombreux!

Après la chasse aux œufs, la chasse au lion!

vendredi 1 avril 2016

Découverte exceptionnelle!
Hier, au cours de travaux de jardinage, des ossements ont été découverts dans le jardin du musée. La gendarmerie, dépêchée sur place, a pu constater rapidement, que ces ossements appartenaient -heureusement- à l’espèce animale. Un expert du Muséum-Aquarium a été contacté et a affirmé avec une quasi certitude qu’il s’agissait d’ossements de jeune lion. Voici donc étayée la petite histoire selon laquelle Eugène Corbin, le propriétaire de la maison, avait ramené de son voyage en Afrique une paire de lionceaux, laissés en liberté dans le parc. Eugène Corbin voyagea entre 1902 et 1903 en Egypte et en Abyssinie.

SOUvenir du voyage d'Eugène Corbin en Egypte et en Abyssinie, vers 1902-1903. © MEN, fonds Corbin

SOUvenir du voyage d’Eugène Corbin en Egypte et en Abyssinie, vers 1902-1903. © MEN, fonds Corbin

De ce voyage, il revint accompagné aussi d’un serviteur éthiopien, Tacha, qui resta à son service quelques années, avant de rentrer dans son pays. D’après son petit-fils, Philippe Bouton-Corbin, l’un des lionceaux mourut peu après son arrivée, et le second fut donné à un zoo en 1906.
De nos jours, ce sont plutôt les visiteurs qui se promènent en liberté dans le jardin… OUF!

Eugène Corbin, vêtu à l'arabe, vers 1903. © MEN, Fonds Corbin

Eugène Corbin, vêtu à l’arabe, vers 1903. © MEN, Fonds Corbin

Le nouvel agenda des musées est sorti!

jeudi 4 février 2016

Retrouvez toute l’actu des musées de Nancy, et tout particulièrement de votre musée favori ici!

BD COUV-Agenda-FEVRMAI_2016

Les prochains rendez-vous du musée:

- A gla gla, une animation pour les 7-11 ans pendant les vacances,
mercredi 17 février de 14h30 à 16h

- Les Lumineuses, avec la présentation en AVANT PREMIÈRE du lustre Les Algues de Louis Majorelle, après sa restauration,
dimanche 20 mars de 10h30 à midi

- Pâques au musée, pour les petits de 5 à 7 ans,
dimanche 27 mars de 10h30 à midi

- Les Journées européennes des Métiers d’art, des démonstrations et animations autour des métiers du métal,
samedi 2 et dimanche 3 avril de 10h à midi et de 14h à 17h
Entrée gratuite tout le week end!

et à partir du 30 mars: la nouvelle exposition-dossier
Victor Prouvé et l’art de l’estampe
dont nous reparlerons bientôt!

Pour ne rien manquer, inscrivez-vous à la newsletter du service des publics des musées et réservez vite vos places!
Courriel: servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr

 

Le saviez-vous? Charles Keller, alias Jacques Turbin

mardi 10 novembre 2015
Victor Prouvé, portrait de Jacques Turbin (Charles Keller), Lunéville, musée du château des Lumières (c) Musée du château des Lumières. Photo T. Frantz, CG 54.

Victor Prouvé, portrait de Jacques Turbin (Charles Keller), Lunéville, musée du château des Lumières (c) Musée du château des Lumières. Photo T. Frantz, CG 54.

 

Dans la galerie des portraits des acteurs de la vie culturelle et politique nancéienne à la fin du parcours de l’exposition L’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, celui de Jacques Turbin – Charles Keller, retient tout particulièrement l’attention. Outre sa carrure large et sa posture décontractée, Charles Keller y est figuré accompagné d’attributs se référant à ses idées révolutionnaires: L’Ennemi des lois de Maurice Barrès, dont le héros est condamné à la prison pour propagande anarchiste, et une feuille de papier sur laquelle on distingue en rouge un scorpion stylisé avec ses deux morsures et une main, que l’on pourrait interpréter comme des symboles anarchistes.

Détail

Détail

Né à Mulhouse, ville alsacienne très industrielle, Charles Keller est tout d’abord ingénieur civil. Congédié en raison de son militantisme, il quitte l’Alsace pour Paris où il entre dans l’Association internationale des Travailleurs (AIT), la Première Internationale fondée par Marx en 1864. Il rencontre Elisée et Elie Reclus ainsi qu’Aristide Rey, militants pacifistes de la mouvance anarchiste au sein de l’AIT. En 1870, Keller écrit son premier poème insurrectionnel, La Jurassienne, mis en musique en 1874 par James Guillaume :

Ouvrier, la faim te tord les entrailles
Et te fait le regard creux,
Toi qui, sans repos ni trêve, travailles
Pour le ventre des heureux.
Ta femme s’échine, et tes enfants maigres
Sont des vieillards à douze ans ;
Ton sort est plus dur que celui des nègres
Sous les fouets abrutissants.

Nègre de l’usine,
Forçat de la mine,
Ilote du champ,
Lève-toi, peuple puissant !
Ouvrier prend la machine,
Prends la terre, paysan !
(Écouter la Jurassienne)

Ce choix du chant poétique populaire s’inscrit dans la tradition révolutionnaire française : La Marseillaise, bien sûr, mais aussi Le Temps des cerises ou les chansons de Béranger (1).

Keller devient franc-tireur dans l’armée française en 1870, et rejoint Paris à la fin des combats. Il s’y trouve lors de la « Semaine sanglante » qui met fin au soulèvement de la Commune de Paris (mars-mai 1871). Blessé sur une barricade, il parvient à s’enfuir, échappant ainsi à la violente répression versaillaise et à l’exil. Réfugié en Suisse, il adhère à la Fédération jurassienne crée par Bakounine et Elisée Reclus. En 1880, l’amnistie des communards est prononcée, Keller peut rentrer en France. Il s’installe à Nancy où vit sa cousine, Henriette Gallé-Grimm.

Marié depuis 1876 à Mathilde Roederer, amie d’enfance d’Henriette, Keller aurait pu alors mener la vie rangée de notable, que lui offre l’aisance financière apportée par son mariage. Mais il ne renonce pas à ses idéaux et cherche sa propre voie de revendication.

” Il n’était d’aucune école et ne suivait aucune loi, écrivait sa femme à J. Guillaume ; comme tempérament, il était d’ailleurs plus près des anarchistes, mais sans se ranger sous aucune bannière. Il avait horreur de l’esprit fermé des coteries. “(2)

Keller poursuit l’écriture de chants révolutionnaires et les met lui-même en musique. En 1890, il compose le poème qui accompagne le vase de Gallé, Dragon et Pélican, offert à l’irlandais William O’Brien. Les deux hommes sont proches et partagent les mêmes convictions républicaines. En 1899, on les trouve réunis au sein de la section nancéienne de la Ligue de défense des droits de l’Homme puis lors de la création de l’Université populaire, en 1900.

Keller compose sous le pseudonyme de Jacques Turbin, clin d’œil à la jacquerie et au travail… Pour lui l’émancipation du travailleur, l’amélioration de sa condition doivent venir de lui-même. « L’acte seul fait du révolté/ l’invincible maître de l’heure/(…) Prolétaires du monde entier/délivrez-vous de vous-même » (La Prolétarienne, 1903). Keller appelle à la Grève générale (1906) et à l’Action directe (1907)!

Prouve, la Greve generale, Nancy, musee Lorrain (c) musee Lorrain

V. Prouvé, couverture de la partition La Grève générale de Jacques Turbin, Nancy, musée Lorrain (c) Musée Lorrain

Debout les gars de tout métier,
De tout pays, du monde entier !
Faisons partout, d’un libre accord,
Au même instant le même effort :
Mettons nous tous en grève !
(Écouter La Grève générale)

Victor Prouvé, illustration pour la partition L'Action directe de Jacques Turbin. Nancy, musée Lorrain (c) musée Lorrain

Victor Prouvé, illustration pour la partition L’Action directe de Jacques Turbin. Nancy, musée Lorrain (c) musée Lorrain

Serfs mornes de la plèbe,
Serfs tristes des cités,
Nous qui formons la plèbe,
La plèbe,
Debout, les Révoltés !
(Écouter L’Action directe)

Victor Prouvé, autre ami proche, illustre ces chansons de Keller, dans une iconographie qui efface la violence de l’appel lancé par Keller. L’ouvrier conduisant la « Grève générale » semble entrainer la foule dans une joyeuse farandole fleurie plutôt que dans une révolte revendicatrice. Fidèle à l’idéal républicain de paix et d’harmonie qu’on retrouve dans ses compositions de décors publics, Prouvé entraine ici la chanson révolutionnaire de Keller vers des idées plus pacifiques et optimistes.

L’Université populaire participe pleinement à cette nécessité, révélée par l’affaire Dreyfus, de trouver les moyens de protéger le peuple de la démagogie antisémite et nationaliste. Charles Keller finance pour l’Université populaire la construction d’un bâtiment rue Drouin, la Maison du Peuple, inaugurée en janvier 1902. L’anarchiste est devenu mécène… Pourtant le programme décoratif, confié à Prouvé, réaffirme une fois encore son attachement sans faille à la défense de l’ouvrier. Le Travail et la Pensée Libre contribuent ensemble au progrès de la société.

La Maison du Peuple, rue Drouin. Architecte: Paul Charbonnier; décor: Victor Prouvé et Eugène Vallin. (c) MEN, cliché D. Boyer

La Maison du Peuple, rue Drouin. Architecte: Paul Charbonnier; décor: Victor Prouvé et Eugène Vallin. (c) MEN, cliché D. Boyer

Le déclin progressif du succès de l’Université populaire auprès du monde ouvrier, lié au développement de l’influence syndicale et à la radicalisation du mouvement ouvrier, conduit Keller a choisir de mettre les locaux de la Maison du Peuple à la disposition de la Fédération des syndicats.

175 Maison du peuple Nancy

Affiche de la Maison du Peuple, 1901 (c) CEDIAS-Musée social / Levillain Kovalsy

 

Charles Keller meurt en 1913. Prouvé lui rend hommage par ces mots : « Ma reconnaissance est grande pour cet homme qui a hautement, largement, contribué à parfaire mon éducation d’homme »

Si vous vous promenez en Bretagne, du côté de Carnac, vous rencontrerez peut-être la pointe Keller, au Ty Bihan. Loin de son Alsace natale, Keller a participé aux fouilles archéologiques du Tumulus Saint Michel avec l’archéologue Zacharie Le Rouzic, lui apportant son soutien moral et financier. Il fait construire une villa près de Carnac où ses amis nancéiens viennent en vacances. Un curieux objet en verre de Gallé rappelle l’un de ces séjours, en septembre 1898, et cette amicale réunion d’hommes de conviction autour du poulpe de Lufang…

 

E. Gallé, bloc de verre ou presse-papier portant l'inscription "Prouvé Gallé le Poulpe de Lufang/ Lufang 24 septembre 1898 Ch. Keller" Nancy, musée de l’École de Nancy. (c) MEN. Photo M. Bourguet

E. Gallé, bloc de verre ou presse-papier portant l’inscription “Prouvé Gallé le Poulpe de Lufang/ Lufang 24 septembre 1898 Ch. Keller”
Nancy, musée de l’École de Nancy. (c) MEN. Photo M. Bourguet

Ô Justice ! nous, les athées,
Les résignés du noir Néant,
Dans nos prunelles dilatées,
Par delà le tombeau béant,
A travers le temps et l’Espace
Nous verrons tes soleils levants,
Et nous contemplerons ta face,
Avec l’âme de nos enfants.

Notre foi

(1) Pierre –Jean de Béranger (1780-1857), pamphlétaire et auteur de chansons anticléricales, cité par Gallé, sur le vase Hommes noirs (1900, musée de l’Ecole de Nancy).

(2) Lettre de Mathilde Keller à James Guillaume, citée dans Maitron-en-ligne.

Bibliographie :

F ; Parmantier, « Emile Gallé et Victor Prouvé, « ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front » ; Jacqueline Amphoux, « Henriette Gallé-Grimm, une femme engagée », Didier Francfort « Musique et politique à Nancy à la Belle époque : autour de Charles Keller », Françoise Birck « L’Université populaire et l’Ecole de Nancy », in L’Ecole de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps, Somogy, 2015.

Maitron, dictionnaire biographique:

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/

A ne pas manquer pour en savoir plus:

- Mercredi 18 novembre à 16h: visite “Musique et chants engagés au temps de l’École de Nancy”, au musée des Beaux-Arts, avec la participation des élèves du Conservatoire régional de musique du Grand Nancy, qui interprèteront les chants de Charles Keller dans les salles d’exposition (sur réservation : 03.83.17.86.77 – servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr)- 4 € + billet

- Visites guidées de la Maison du Peuple:
samedi 14 novembre, 12 décembre et 16 janvier à 10h30
Sur réservation à la caisse du musée des Beaux-Arts -3 €

Une coiffeuse Majorelle pour le musée

vendredi 6 novembre 2015

Nouveauté dans les salles du musée à partir de la semaine prochaine… Une coiffeuse et son tabouret, signés Majorelle viennent s’installer grâce à la générosité de la SLAAM (Société Lorraine des Amis des Arts et des Musées).

Ces deux meubles appartiennent à un ensemble de chambre à coucher, conçu par la Maison Majorelle au début des années 1930, et sont restés jusqu’à aujourd’hui dans la famille des propriétaires d’origine.

Maison Majorelle, coiffeuse et tabouret, vers 1930. Acquise parla SLAAM au profit du musée

Maison Majorelle, coiffeuse et tabouret, vers 1930. Acquise parla SLAAM au profit du musée

 

En 2009, lors de l’exposition « Majorelle. Un art de vivre moderne » organisée aux Galeries Poirel, le musée de l’Ecole de Nancy avait présenté une coiffeuse et un tabouret à peu près identiques, provenant des descendants Majorelle. Dans le catalogue, Roselyne Bouvier, commissaire de cette manifestation, écrivait à son propos: Ce virage vers la modernité correspond aussi à l’arrivée, au sein de l’entreprise, de Pierre Majorelle (1903-1933), neveu de Louis, dernier fils de Jules, architecte diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, formé à l’Ecole Boulle et dans l’atelier familial pour y apprendre les règles du travail du bois. Il produit des meubles aux formes pleines, géométriques et rigoureuses, des meubles fonctionnels mais, respectant la tradition familiale, utilise des bois de placages, comme le noyer et la ronce pour un mobilier de salle à manger présenté au Salon des Artistes-Décorateurs de 1933. De même le bureau de dame et son tabouret (cat n°40) en acajou et placage de palissandre, par son caractère précieux, place cet ensemble dans la lignée du beau mobilier moderne d’ébénisterie tel qu’il est pratiqué par Eugène Printz (1889-1948) par exemple, donnant la priorité au bois alors que règne la grande vogue du métal. Pierre Majorelle disparaît cette même année, trop tôt pour donner une impulsion nouvelle.

La forme de la coiffeuse est très simple. La rigueur géométrique est juste contrebalancée par la présence de deux montants circulaires sur les côtés et par la rondeur du miroir placé sur le plateau du meuble. Le tabouret est une réplique de la coiffeuse, dans des dimensions plus petites et s’accorde parfaitement cette dernière. Malgré sa simplicité de formes, cet ensemble se révèle très élégant et raffiné, aspect accentué par la qualité des essences de bois utilisées.

Maison Majorelle, coiffeuse et tabouret, exposée à Nancy en 2005. (c) Collection particulière. Cliché Bergkrantz

Maison Majorelle, coiffeuse et tabouret, exposée à Nancy en 2005. (c) Collection particulière. Cliché Bergkrantz

Datés du début des années 1930, la coiffeuse et son tabouret sont situés en dehors du cadre chronologique des collections du Musée de l’Ecole de Nancy. Cependant, le musée conserve déjà quelques pièces des artistes nancéiens, postérieures à la 1ére guerre mondiale. En 1992, le musée a acquis un ensemble de chambre à coucher Art Déco de Majorelle, daté des années 1920.

Mobilier de chambre à coucher Majorelle des années 20, conservé au musée de l’École de Nancy. Photo C. Philippot

Mobilier de chambre à coucher Majorelle des années 20, conservé au musée de l’École de Nancy. Photo C. Philippot

Il était intéressant pour le musée de posséder une pièce représentative des années 1930, permettant d’évoquer la poursuite de la production des maisons d’art nancéiennes et en particulier, celle d’ébénisterie après le décès de Louis Majorelle. C’est chose faite grâce à la SLAAM, qu’elle en soit vivement remerciée!

A ne pas manquer!

jeudi 5 novembre 2015

hynmne a la justice

Les choses se précisent…

vendredi 2 octobre 2015

On travail d’arrache-pied au musée des Beaux-Arts pour que le 9 octobre à 10h, tout soit prêt…

Peinture, ok; place aux œuvres...

Peinture, ok; place aux œuvres…

Pour ne rien manquer de l’exposition et des visites et conférences programmées, téléchargez l’agenda des musées ici…ou cliquez sur l’image ci-dessous.

N’oubliez pas de réserver vos visites auprès du service des publics des musées!

dépliantL’École de Nancy face aux questions politiques et sociales de son temps.
9 octobre 2015- 25 janvier 2016
Musée des Beaux-Arts de Nancy – Musée de l’École de Nancy

A vos agendas!

jeudi 24 septembre 2015

Le mois d’octobre sera riche en évènements Art nouveau à Nancy…

A partir du 9 octobre, nous nous précipiterons tous au musée des Beaux-Arts et au musée de l’Ecole de Nancy pour admirer l’exposition L’Ecole de Nancy face au question politiques et sociales de son temps…

Mais avant, ne manquez pas:

– la conférence L’Art nouveau à Karlsruhe, présentée par Friedemann SCHÄFFER, le vendredi 2 octobre à 16h dans le Grand salon de l’Hôtel de Ville de Nancy

Conférence du 2 octobre

Conférence du 2 octobre

– les visites Art nouveau proposées par l’Office de Tourisme:

Samedi 10 et  samedi 17 octobre à 10h30: Le Parc de Saurupt  (rendez-vous au rond-point Marguerite)

Samedi 24 et samedi 31 octobre à 10h30: Les pharmacies Art nouveau et Art déco (rendez-vous à l’Office de Tourisme)

Inscriptions préalables à l’Office de Tourisme, par téléphone: 03.83.35.22.41 ou en ligne:  tourisme@nancy-tourisme.fr
Tarif: 9 €  -tarif réduit: 4,50 € – gratuit pour les moins de 12 ans
www.nancy-tourisme.fr

On y va?

NB: Le nouveau magazine Nancy Tourisme n°7 est disponible!!

A lire: un bel article sur la prochaine exposition...

A lire: un bel article sur la prochaine exposition…

EN-FIN!

mardi 18 août 2015

En avance sur la saison automnale, mais attendus depuis au moins un an… voici que sont revenus nos chers coprins!

Et oui, après de longs mois de restauration, la fameuse lampe Les coprins d’Émile Gallé vient de revenir au musée. Elle est présentée au deuxième étage, dans la salle du bureau Perrin de Majorelle et du cabinet La Montagne de Gallé…
La Lampe Les Coprins est l’une des plus fameuses réalisations d’Émile Gallé créées vers 1902 dans le domaine du luminaire électrique. Les trois champignons réalisés en verre multicouche soufflé, moulé et gravé, fixés sur un pied en fer forgé, évoqueraient les trois âges de la vie : enfance, maturité, et vieillesse. L’enfance serait suggérée par le champignon non éclos, la maturité par le coprin épanoui et le dernier, au centre, au chapeau largement ouvert et aux bords abimés, ferait allusion à la vieillesse. Ce modèle de luminaire sera par la suite, décliné dans une série de lampes dites champignon qui seront produites avec succès par les Établissements Gallé, après la mort de l’artiste en 1904.

La lampe Les Coprins, d'Emile Gallé, après restauration. Cliché D. Boyer

La lampe Les Coprins, d’Émile Gallé, après restauration. Cliché D. Boyer

Lors de sa création, cette lampe fut assez peu reproduite, un modèle fut cependant, présenté à l’exposition de l’École de Nancy, organisée aux Galeries Poirel de Nancy en 1904.

Le Musée de l’École de Nancy a acquis cette œuvre en vente publique en 1956. Peu d’exemplaires sont connus : un modèle est conservé au Suntory Museum de Tokyo, un autre au Kitazawa Museum (Japon) et un dernier en collection particulière.

Dans les années 1960, la lampe a malheureusement subi un dommage, deux des champignons ont été cassés. Une première restauration en 1967, a modifié le montage d’origine de la lampe, ainsi qu’altéré la transparence de certaines parties.

Les Coprins d'avant...

Les Coprins d’avant… Cliché Studio Image

Une nouvelle restauration a donc été lancée afin d’une part de « dé-restaurer » la lampe, d’améliorer le traitement des lacunes et d’autre part, de à revenir à son montage original. L’intervention a été confiée à deux restaurateurs Art du feu, Patricia Dupont et Olivier Omnès.

Son extrême complication, notamment pour le traitement des lacunes, explique et justifie que les restaurateurs aient pris tout leur temps pour mener leur travail à bien…

Mais comme dit le proverbe: patience et longueur de temps font plus que force ni que rage….!