Au service des publics…

Depuis plusieurs années maintenant, les musées s’intéressent aux profils de leurs visteurs afin d’ajuster leur offre culturelle. A cette préoccupation est venue s’ajouter la volonté d’ouvrir les musées à des publics qui ne les fréquentent pas naturellement. Au musée de l’Ecole de Nancy, comme dans les 2 autres musées de la ville, de nombreuses activités sont proposées à ces « nouveaux publics », pensées et coordonnées par une guide du service des publics, Kathy Agazzini. Cette fin d’année scolaire est l’occasion de faire le bilan de ces projets et d’évoquer l’année prochaine.

Off: Kathy Agazzini, pouvez-vous nous décrire vos fonctions?

Kathy Agazzini: Je suis guide au musée de l’Ecole de Nancy et j’ai été chargée des projets en direction des NPA, nouveaux publics adultes, c’est à dire de la conception de projets adaptés à certains publics. Je conçois les contenus des visites et j’assure la visite elle-même au musée.

O: Pouvez-vous nous expliquer qui sont ces nouveaux publics?

K.A.: Alors, tout d’abord, malgré l’appellation, mes missions et projets concernent aussi un public d’enfants. Dans ces projets, nous accueillons des groupes venant de Foyer d’accueil spécialisé (FAS), d’instituts médico-éducatifs (IME), d’instituts thérapeutiques éducatif et pédagogiques (ITEP), mais aussi des Centres sociaux, des associations de réinsertion et d’aide aux personnes en difficulté, et enfin des établissements scolaires accueillant des enfants handicapés ou en grande difficulté scolaire.

La lampe ombelle de Gallé vue par James

La lampe ombelle de Gallé vue par James

O: Quel type de projets leur proposez-vous?

K.A.: En fonction des structures, et des participants, il peut s’agir de visites uniques ou de projets plus longs, avec par exemple une réalisation de dessins, peintures ou objets. A chaque fois, il est important que les encadrants aient un objectif et que nous construisions ensemble le projet. Je rencontre systématiquement les structures pour bien comprendre leurs motivations et aussi les persuader de l’importance de donner une suite à la visite au musée. L’essentiel c’est de donner du sens à cette sortie pour qu’il ne s’agisse pas simplement d’une promenade ou d’un loisir. Ici, il faut absolument que la rencontre avec l’objet ou l’oeuvre d’art soit exploitée comme support d’insertion ou d’enseignement. Ces visites peuvent être un moyen de lutter contre l’isolement, elles permettent aussi de mettre en valeur des aptitudes…

O: On sent chez vous des convictions fortes sur l’intérêt de ces actions…

K.A.: Oui, parce que cela a vraiment un sens, et les retours sont très favorables. Les participants montrent le plaisir qu’ils prennent à ces rencontres, à ces moments particuliers, dans un contexte totalement différent. Beaucoup m’écrivent ensuite, me donnent des dessins… C’est important aussi pour moi, qui n’ai pas de formation spécialisée, de savoir si mon discours a été bien perçu. Heureusement, les groupes qui viennent sont généralement préparés à la visite. Dans ces conditions, le message passe plus facilement. J’insiste toujours sur l’importance de préparer, mais aussi de poursuivre le projet: la visite doit ouvrir des pistes et inviter à développer dans des directions variées. C’est tout l’intérêt de travailler aussi dans le domaine des arts décoratifs, qui restent, malgré leur luxe, des objets du quotidien, donc plus familiers…

Le Flambeau magnolia de

Le Flambeau magnolia de Majorelle, vu par Benjamin, participant du projet de l’ITEP Gai Soleil.

O: Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’activités et  nous expliquer comment participer à ce type de projet?

K. A.: Par exemple, avec  le Centre Social La Clairière, il s’agissait de travailler avec des personnes étrangères maîtrisant mal le français. J’ai réalisé un petit livret de visite destiné tout simplement à les aider à mémoriser de nouveaux mots. Je réalise ce type de support pratiquement pour toutes mes visites. Avec le Collège Jacques Callot de Neuves-Maisons, j’ai accueilli des enfants scolarisés dans le cadre des ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire). Grâce à un enseignant très dynamique, Stéphane Aptel, 10 adolescents ont participé à un projet de 6 visites. Nous avons abordé des thèmes spécifiques, comme la vie quotidienne en 1900, la technique de la marqueterie ou encore les insectes. Vous pouvez d’ailleurs aller voir le compte-rendu de ces visites sur le blog de l’UPI Callot!   Voilà un résultat concret et intéressant…
Pour participer à ces projets, le service des publics édite une brochure présentant l’offre des musées. Les structures intéressées prennent alors contact avec lui puis j’organise une rencontre pour monter le projet.

Le blog de l'Ulis du collège Jacques Callot à Neuves-Maisons

Le blog de l’Ulis du collège Jacques Callot à Neuves-Maisons

O: Ces projets vont se poursuivre l’an prochain. Avez-vous déjà des projets mis en route?

K. A.: oui bien sûr, certaines structures reviennent chaque année. Mais nous cherchons aussi à diversifier les interventions et à permettre à d’autres centres de participer à des projets. J’ai proposé pour l’année prochaine de prendre contact avec des maisons de retraite, car nous n’avons pas l’habitude de nous adresser à elles et je crois que beaucoup de pensionnaires valides aimeraient avoir des activités à l’extérieur. Nous allons aussi tenter de développer des activités en direction des publics non-voyants, qui fréquentent peu le musée. Nous leur proposerons de venir un jour de fermeture au public, afin de pouvoir nous approcher de certaines oeuvres et même d’en toucher quelques unes…

Pour connaître les offres de visites NPA et réserver, s’adresser au service des publics des musées: 03.83.17.86.77

L'Art nouveau... revu et interprété!

L’Art nouveau… revu et interprété!

 

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