Les jours raccourcissent …

21 octobre 2016

… la nuit tombe de plus en plus tôt!

La nuit,c’est justement le thème de la prochaine “visite famille”, proposée par le musée de l’École de Nancy le 30 octobre prochain à 10h30 (réservez vite au 03.83.17.86.77 ou par mail).

Voici toute trouvée l’occasion pour Off de reprendre la parole après plusieurs semaines de silence (avec nos excuses)!

La nuit a été l’un des sujets privilégiés et récurrents de nos artistes. Pour ne pas dévoiler tous ses mystères avant la visite du 30, Off a choisi de s’intéresser à un sujet parallèle: le noir.

En fins connaisseurs de votre musée favori, les images de certaines verreries d’Émile Gallé vont immédiatement surgir: les Hommes noirs, bien sur, la Nuit japonaise ou le si poétique Seulette suis. Gallé fit un usage fréquent de cette couleur – ou non-couleur – dans son œuvre de verre.Vous pensez aussi  à la gravure, qui offre de multiples possibilités de noirs, ce dont l’exposition récente dédiée à Victor Prouvé faisait état.

Au-delà de la simple nécessité de rendre une atmosphère, celle du crépuscule ou de l’hiver (vase bouteille Chat-huant, vers 1903), ou encore celle des  fonds marins (vase Lis de mer, vers 1903), ou d’exprimer un sentiment de tristesse ou de colère (vase Les Hommes noirs, 1900), le noir apporte chez Gallé une densité inédite à sa matière.

C’est le cas en particulier sur les vases ou il utilise le seul contraste d’une paraison noire appliquée sur une couche transparente. La libellule suspendue sur la “gargoulette au long col” de Seulette suis, se détache par une gravure en camée délicate et précise, par opposition au fondu des nuées qui l’entourent. La profondeur du coloris, associée au relief obtenu, confère une présence si réaliste à l’insecte qu’il donne le sentiment d’être juste posé.

E. Gallé, vase Seulette suis, 1900. MEN (c) MEN. Studio Image

E. Gallé, vase Seulette suis, 1900. MEN (c) MEN. Studio Image

Dans sa notice de l’exposition de 1889, Gallé explique le procédé technique pour obtenir le noir de son vase: “Noir (hyalite).- Cette composition serait d’un aspect assez triste; mais la taille y met à jour des nuagés verdâtres que le graveur peut utiliser heureusement, comme le montre la pièce n°122, gargoulette au long col, où la couche noire a été découpée en vapeurs et en ailes de libellules (…).  Je crois pouvoir attribuer le reflet gris qui irise en quelque sorte cette matière à un commencement de réduction du peroxyde de fer, en présence de l’atmosphère charbonneuse de l’ouvreau durant le travail.” (1)

L’usage du noir chez Gallé, répond comme pour les autres couleurs, au désir d’imiter les effets naturels des pierres dures. Il est ainsi employé pour matérialiser par exemple un socle de vase, imitant le marbre noir des antiques (Coupe La Nuit, vers 1884) . Il est souvent employé pour rendre des effets de marbrures, et se mêle à d’autres teintes laissant apparaître de subtiles tonalités colorées, bleutées, ocres ou rougeâtres (Vase Géologie, 1903-1904, Vase Nuit Japonaise, 1900, vase Algues, vers 1899, vase le Genièvre, 1900, vase les Pins de Ravenne, 1903)…

E. Gallé, vase Courge noire, vers 1900-1902. MEN (c) MEN, C. Philippot

E. Gallé, vase Courge noire, vers 1900-1902. MEN (c) MEN, C. Philippot

Le vase Courge noire (vers 1900-1902) exprime bien toute la richesse des effets et reflets du noir chez Gallé. On comprend face à cet objet énigmatique, l’attrait qu’a exercé sur lui un outil de Camille Martin, un bois d’impression, au point de l’acquérir et de lui consacrer un texte dans la Lorraine artiste (2), peu après le décès de ce dernier et la vente de son fond d’atelier en 1899. “On vendait à l’exposition des œuvres de l’artiste regretté, des épreuves d’une gravure sur bois représentant quelques noires silhouettes de baliveaux. (…) Mais bien autrement suggestive que ces taches de décor était la planche même servant à les imprimer. (…) Il s’en dégage une saisissante impression d’art. (…) Les plans s’interposent: les pâles creux prennent un doux relief; les noirceurs en surface s’enfoncent dans toute la profondeur nocturne; les prestiges opèrent leur charme; l’œil est surpris; l’âme est émue. L’impression poétique se dégage pour ceux du moins qui connaissent la beauté de la nuit, et qui chérissent la pénombre un peu déconcertante d’une nuitée en forêt, le vague malaise qui surprend le piéton attardé, le soir, à l’orée du bois. Là dans l’obscurité pullulent des lueurs; après l’arrêt des bruits, le bruissement de l’activité chuchotante et mystérieuse des choses que l’on ne voit pas, mais qui veillent et font leur affaire en secret. Ainsi cette petite œuvre de Martin, cet “essai de gravure sur bois”, par l’instinctive science des magies et de la couleur précieuse, crée autour d’elle un peu de silence. Et il semble qu’on va voir, tout au fond de ce recueillement, monter parmi les feuillages l’étoile du soir ou l’étoile du matin.”

Tout est dit…

 

C. Martin, L'orée du bois, sans date. Bois d'impression. MEN (c) MEN, D. Buren

C. Martin, L’orée du bois, sans date. Bois d’impression. MEN (c) MEN, D. Buren

* Pour une immersion dans le noir, version contemporaine, vous pouvez aussi visiter la nouvelle exposition de la Galerie Poirel Eigengrau. 24 nuances de gris, présentée du 28 octobre 2016 au 5 février 2017. Pour en savoir plus: www.poirel.nancy.fr

 

C. Martin, L'Orée du bois, sans date, gravure sur bois. MEN (c) MEN, D. Boyer

C. Martin, L’Orée du bois, sans date, gravure sur bois. MEN (c) MEN, D. Boyer

 

(1) E. Gallé, Écrits pour l’art. Notices d’exposition, 1908, p. 337.

(2) Paru dans La Lorraine artiste de juin 1899, et publié dans Gallé, ib. Camille Martin, Un bois d’impression n°78 de son exposition posthume, p. 204-206.

 

 

Villa en travaux: J – 1 mois…

16 août 2016

Si vous suivez avec attention l’actualité de votre villa préférée, vous savez que les grands travaux vont bientôt commencer à la villa Majorelle… Dès le 19 septembre, un échafaudage surmonté d’un parapluie viendra recouvrir intégralement la maison, pour permettre la rénovation de la toiture, la réfection des balcons, et bien sûr, ce que nous attendons tous, la remise en place des couronnements des cheminées, ces fameuses “mitres” en grès flammé conçues par Alexandre Bigot, qui donnaient à la villa son aspect si particulier.

Au mois de juillet, la société Tollis a procédé à l’enlèvement des mitres pour les emmener en atelier où elles seront restaurées.

Bien emballées, les mitres prêtes à partir...

Bien emballées, les mitres prêtes à partir…

C'est parti!

C’est parti!

Pendant ce temps, la société ART SA a effectué des sondages sur les peintures murales intérieures. Si les tentatives pour mettre à jour les décors d’origine de la cage d’escalier au rez-de-chaussée n’ont pas donné de résultats, celles réalisées au deuxième étage ont été plus satisfaisantes. On a pu découvrir que les peintures actuelles, réalisées à une date indéterminée, recouvrent en reproduisant presque à l’identique le décor de monnaie du pape originel. Le décor, au rendu de la peinture à fresque, présente des tonalités plus chaudes et des nuances de vert très subtiles, ainsi que le joli détail des graines de monnaie du pape, qui n’a pas été repris lors du rafraîchissement postérieur. Il semble que de la même façon, un repeint postérieur recouvre le décor du vestibule d’entrée.

Affaire à  suivre…!

Le sondage effectué sur le décor du deuxième étage a permis la mise à jour des peintures d'origine.

Le sondage effectué sur le décor du deuxième étage a permis la mise à jour des peintures d’origine.

Le décor, reproduit presque à l'identique, présentait de subtiles superpositions, ainsi que le détail des graines de monnaie du pape.

Le décor, reproduit presque à l’identique, présentait de subtiles superpositions, ainsi que le détail des graines de monnaie du pape.

Quand la danse entre au musée…

30 juin 2016

tt petit poésie du printemps

Peut-être avez-vous été parmi les chanceux à pouvoir assister en mai à l’une des représentations dansées de la « Poésie du Printemps ». Ce projet conçu par deux étudiantes de la Faculté de Droit de Nancy, Laudrenn Wolferr et Anne-Alexandra Picaud, était tout à fait inédit pour le musée, avec pour la première fois l’intervention de danseurs au milieu des œuvres du musée… Un véritable défi à relever pour nos étudiantes et leurs interprètes ! Nous les avons rencontrées pour qu’elles nous expliquent leur projet !

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© AA Picaud – L Wolferr

 

Off : Pouvez-vous vous présentez et nous expliquer l’origine de ce projet ?

Laudrenn Wolferr : Nous sommes étudiantes en Licence professionnelle Droit du Patrimoine à la Faculté de Droit de Nancy. Au début de l’année universitaire, nous avons du faire un choix entre la rédaction d’un mémoire théorique et la réalisation d’un projet culturel. Nous avons décidé de nous associer afin de réaliser un évènement autour de la danse contemporaine et des œuvres d’arts, pensant que cela serait beaucoup plus enrichissant pour nous.

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© AA Picaud – L Wolferr

 

O : Comment avez-vous monté le projet, connaissiez-vous déjà Sosana Marcelino et Joris Perez?

Anne-alexandra Picaud : Notre projet avait pour objectif de mettre en lumière les œuvres d’art grâce à la danse contemporaine.

Laudrenn : Nous avons été mises en contact avec le musée de l’Ecole de Nancy en la personne d’Emmanuelle Guiotat grâce à notre professeur d’histoire de l’art Monsieur Christophe Rodermann. S’en est suive une longue collaboration avec cette dernière avec qui nous avons sélectionné les pièces où les danseurs interviendraient, ainsi que les dates. Au cours de ses nombreux échanges, il a été décidé qu’il s’agirait de visites guidées dansées à double voix réalisées par Lucie COLLOT.

Anne-Alexandra : Voulant mettre en avant la danse contemporaine, nous avons contacté le Ballet de Lorraine afin de savoir si des danseurs étaient intéressés pour nous aider à réaliser ce projet. Nous avons eu rendez-vous avec Émilie Kieffer, chargée de l’action culturelle au CCN-Ballet de Lorraine, qui nous a mises en relation avec Joris Perez. Joris ne pouvant pas assurer toutes les représentations, Émilie nous a mis en relation avec Sosana Marcelino qui s’avérait disponible pour remplacer Joris.

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© AA Picaud – L Wolferr

O : Pourquoi l’Art Nouveau ?

Anne-Alexandra : Nous avons choisi de mêler l’art nouveau et la danse contemporaine car sont deux arts complémentaires. En effet la danse contemporaine est une danse souple permettant de reprendre les caractéristiques premières de l’art nouveau qui sont les lignes courbes, la vitalité et l’omniprésence de la nature.

O. : Quelles solutions avez-vous trouvé pour contourner les complexités d’une performance au milieu d’œuvres d’art?

Laudrenn : Notre projet étant de mettre en avant les œuvres d’art, il était nécessaire pour nous que les danseurs puissent accéder aux pièces et y rentrer pour pouvoir interpréter leurs danses. Emmanuelle était réticente au départ face à notre demande mais suite à l’intervention de Joris et à son explication concernant la danse contemporaine qui peut être une danse statique, Emmanuelle a accepté de reconsidérer la demande et de soumettre l’idée au conservateur. Au final, notre demande a été acceptée et les danseurs ont pu rentrer dans les pièces. Cependant, ils devaient impérativement respecter une certaine distance avec les œuvres.

O. : Après cette série de représentations, quel est votre impression?

Anne-Alexandra : La première représentation nous a servi de “pré-générale” et a pu dévoiler quelques failles dans l’organisation. Elle nous a permis de régler quelques débordement de la part de la danseuse. Dans l’ensemble nous avons constaté que le public était enchanté du résultat et appréciait la combinaison de commentaires de la guide et d’intervention des danseurs.

Laudrenn : Cette expérience fut très enrichissante d’un point de vue humain grâce à la rencontre de personnes véritablement motivées pour nous apporter leur aide et faire en sorte que les choses se déroulent pour le mieux. Grâce à cet évènement, nous avons obtenu de nombreux contacts sur qui nous pouvons compter pour de futurs projets.

Anne-Alexandra: Malgré quelques contrariétés, nous sommes très fières d’avoir mené ce projet à terme et nous avons été émues de constater l’impact des représentations sur le public qui fut réellement enchanté par cette initiative. Certains liens se sont créés au cours de l’élaboration du projet que nous ne sommes pas prêtes d’oublier et que nous allons entretenir dans le futur, nous l’espérons!

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© AA Picaud – L Wolferr

Et le musée lui aussi ! Rendez-vous bientôt au musée pour d’autres expériences inédites et originales…

Et si on allait à Turin ?

21 juin 2016

Cette question sonne comme une invitation à partir en vacances, à la recherche d’un soleil bien absent de nos régions… Turin, pour nos chers artistes de l’École de Nancy, fut cependant un rêve déçu. La toute nouvelle Alliance Provinciale des Industries d’Art espérait y représenter les arts décoratifs français lors de la grande exposition qui s’y déroula en 1902. C’était l’occasion idéale pour le jeune groupe d’y exposer ensemble pour la première fois, avec une visibilité et un  retentissement internationaux. Malheureusement, l’École de Nancy  ne parvint pas à obtenir de L’État et de la Ville de Nancy les subventions nécessaires.  Les maisons Daum, Majorelle et Fridrich seules y participèrent à titre individuel, perdues au milieu de l’abondance des exposants…

 

L'un des projets d'Émile André, pour l'entére du pavillon de l’École de Nancy à l'exposition de Turin, en 1902. ©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy

L’un des projets d’Émile André, pour l’entrée du pavillon de l’École de Nancy à l’exposition de Turin, en 1902. ©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy

Mais cette question est plus que jamais d’actualité aujourd’hui, puisqu’une spectaculaire exposition, conçue par  Carolyn Christov-Bakargiev et Virginia Bertone, se tient actuellement à la Galleria Civica d’Arte Moderna, « Organismi : Dell’Art nouveau di Emile Gallé alla Bioarchitettura”.

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Le musée de l’École de Nancy a prêté à cette occasion plusieurs pièces et contribué au beau catalogue.  Celui-ci s’ouvre d’ailleurs sur la fameuse devise d’Émile Gallé, dont la traduction italienne sonne joliment à nos oreilles !

«  Nos racines sont au fond des bois, parmi les mousses, autour des sources » – « Le nostre radici sono in fondo ai boschi, tra i muschi, intorno alle sorgenti »…

Vase Tétards d'Emile Gallé, 1900, avec son inscirption extraite de Théophile Gautier "Aux fossés la lentille d'eau, De ses feuilles vert de grisées étale le glauque rideau"... ©P. Caron / Musée de l’École de Nancy

Parmi les œuvres prêtées par le MEN, ce vase “Têtards” d’Émile Gallé, 1900, avec son inscription extraite de Théophile Gautier “Aux fossés la lentille d’eau, De ses feuilles vert de grisées étale le glauque rideau”… ©P. Caron / Musée de l’École de Nancy

L’exposition met en relation l’Art nouveau et le biocentrisme contemporain. Elle prend comme point de vue l’hypothèse selon laquelle de nombreux éléments rapprochent ces courants : tous deux ont été précédés de changements profonds et rapides, et d’innovations technologiques et industrielles (le chemin de fer, l’électricité, le télégraphe, le microscope, la photographie pour l’un, le trafic aérien, la télévision, la radio FM, la révolution des télécommunications avec Internet pour l’autre).

 

Le dessin préparatoire pour le vase Têtards.©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy

Le dessin préparatoire pour le vase Têtards.©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy

La première partie de l’exposition est donc consacrée à l’Art nouveau, et en particulier à l’œuvre d’Émile Gallé. Sont exposés verreries et pièces de mobilier, parmi lesquelles les vases Têtards, Fonds de la mer, Lys de mer ou Ancolies, ainsi que de nombreux dessins préparatoires, et photos anciennes. La scénographie leur associe des dessins de l’architecte Liberty Raimondo d’Aronco et du scientifique Santiago Ramon y Cajal, découvreur du neurone. L’exposition présente également les projets conçus par l’architecte Émile André pour le Pavillon de l’École de Nancy pour l’exposition de Turin en 1902, ainsi que les lettres de Gallé au critique d’art Gabriel Mourey, conservées au Getty Research Institute de Los Angeles, dans lesquelles il exprime sa profonde amertume à devoir renoncer à cette exposition.

Le vase Ancolies, commandé à Gallé par Émile André pour sa fiancée, 1902. ©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy.

Le vase Ancolies, commandé à Gallé par Émile André pour sa fiancée, 1902. ©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy.

Notre époque est, quant à elle, illustrée par des écosystèmes de l’artiste Pierre Huyghe, des créations du botaniste Patrick Blanc, inventeur des murs végétaux  et des projets d’architecture écologique et durable de Mario Cucinella. Enfin, l’exposition se termine par une partie consacrée à l’organisation Slow Food, qui a pour but de faire connaître la bonne nourriture : bonne pour celui qui s’en nourrit, mais aussi pour celui qui la cultive et pour l’environnement !

 

Et le beau dessin préparatoire... ©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy

Et le beau dessin préparatoire… ©C. Philippot/ Musée de l’École de Nancy

Et si vous alliez à Turin découvrir cette curiosité ?

 

Vue de l'exposition "Organismi" à Turin, les verreries d’Émile Gallé. ©F. Parmantier

Vue de l’exposition “Organismi” à Turin, les verreries d’Émile Gallé. ©F. Parmantier

http://www.gamtorino.it/mostra.php?id=573#

Quand les enfants interprètent l’Art nouveau…

16 juin 2016

Lors de la Nuit des musées, le 17 mai dernier, était présenté au musée le travail des classes ayant participé au cours de l’année à l’opération “La classe, l’œuvre!”.

Fruit d’un partenariat entre les ministères de la Culture et de la Communication et de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, « La classe, l’œuvre ! » est un dispositif d’éducation artistique et culturelle qui repose sur la collaboration étroite entre une classe et un musée de proximité.

Il invite les élèves à étudier une ou plusieurs œuvres du musée partenaire durant l’année, à imaginer des productions en lien avec l’œuvre (textes littéraires, créations sonores, visuelles, chorégraphiques, etc.) et à concevoir une médiation des œuvres étudiées, pouvant ensuite être présentée aux visiteurs lors de la Nuit des musées.

En 2016, des classes de CE2 – CM1-CM2 des écoles Charlemagne et Boudonville de Nancy ont ainsi travaillé autour d’une œuvre emblématique du musée, l‘Amphore du Roi Salomon d’Émile Gallé, réalisée pour l’exposition universelle de 1900.

Emile Gallé, amphore du roi Salomon, 1900. MEN. Cliché C. Philippot

Emile Gallé, amphore du roi Salomon, 1900. MEN. Cliché C. Philippot

Cette pièce, de dimensions exceptionnelles, a été inspirée à Gallé par le conte “La Rêveuse” de Marcel Schwob. Elle porte d’ailleurs une citation gravée extraite du texte: ” Cette cruche habitait/ autrefois l’océan/ elle contenait un génie qui était prince/ fille sage saurait briser enchantement/ par permission du roi Salomon/ qui a donné la voix aux mandragores/ Marcel Schwob”. L’héroïne du récit, Marjolaine, convaincue qu’elle est cette jeune fille sage, laisse passer sa vie dans l’attente du prince, au lieu de saisir un bonheur plus réel. Gallé en fait une œuvre politique, dans le contexte de l’affaire Dreyfus qui divise alors la France. Il place l’amphore au centre de son four verrier, parée du sceau du roi Salomon, se plaçant ainsi de manière visible dans le camp des Dreyfusards.

Le travail des classes autour de cette œuvre les invitait dans un premier temps à découvrir un lieu, un mouvement artistique et des artistes ayant travaillé dans un environnement proche et familier. Il s’agissait ensuite d’approfondir cette rencontre avec l’objet d’art afin d’amener les enfants à l’interpréter puis à imaginer une création plastique.

Les classes de l’école Boudonville ont travaillé sur le texte du conte, dans lequel figurent en tout 7 amphores. Ils ont ensuite réalisé 7 versions ce ces amphores à partir de bouteilles en plastique recyclées, qui leur ont permis de travailler sur l’idée de la transparence / opacité et sur la notion de récupération et de recyclage. Ils ont d’ailleurs placé à l’intérieur de leurs amphores des segments de la devise de Gallé “Ma racine est au fond des bois parmi les mousses, autour des sources”.

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L’une des 7 cruches de Marjolaine, celle “pareille à l’énorme cupule azurée d’une fleur australe”, et qui contient “tout le ciel du paradis terrestre et les fruits riches de l’arbre, et les écailles enflammées du serpent, et le glaive ardent de l’ange”…

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Et la cruche dans laquelle “Giauharé avait enclos toutes ses robes marines, tissées d’algues et tachées de la pourpre des coquillages”…

 

Parallèlement, ils ont été invité à travailler sur la création de textes à partir de deux amorces inspirées par le conte: “Si j’avais sept amphores…” et “C’est bien d’aller au musée de l’Ecole de Nancy la nuit, à la manière de Philippe Delerme…”

En voici deux exemples:

Si j’avais sept amphores,

Je dessinerais la première avec la couleur grise de mon crayon.

La seconde serait peinte aux couleurs vives de l’arc en ciel.

Sur la troisième, je graverais un cœur dans la pierre.

Je sculpterais la quatrième avec la couleur de la brique.

La cinquième en terre cuite.

La sixième serait en verre rose fuschia.

Et la septième rassemblerait la beauté de toutes les autres.

 Marie-Lou, CM1

«  C’est bien d’aller au Musée Ecole de Nancy la nuit…  »

En principe, on y va le matin, le jour ou encore l’après-midi , mais sûrement pas la nuit…surtout que c’est interdit. Alors, un jour, un jour pas comme les autres, on se décide pour y aller la nuit, mais on a peur. On sort de la maison et on se fait le plus discret possible pour ne pas éveiller les parents. On regarde bien partout pour ne pas se faire remarquer. Après quelque temps de marche, seul dans la nuit, on aperçoit le musée au loin. Quand on arrive, c’est là, à ce moment précis, qu’on a le plus peur. On regarde si la grande porte du musée est ouverte et là, miracle, elle est ouverte. Alors on se faufile et on découvre  tous les secrets du musée. On voit des vases de plusieurs couleurs tous plus beaux les uns que les autres, quelques tableaux aussi, des meubles originaux et des vitraux multicolores. Ensuite, on monte un grand escalier et on découvre un lit qui nous intrigue.  On regarde, on déchiffre des noms qui nous paraissent inconnus. Aube et Crépuscule. Et puis on découvre une chose verte. C’est une amphore. Il y en a deux  : une assez récente d’un vert clair magnifique bien scellée et une plus ancienne qui nous intrigue davantage encore. On aimerait en percer le mystère. Juste après, on regarde notre montre. «  Minuit  » déjà. On se précipite et on rentre chez soi. On se glisse alors sous les grandes et moelleuses couvertures de notre lit….et on s’endort en rêvant à toutes ces belles choses…

 C’est bien d’aller au Musée de l’École de Nancy la nuit  .

 Camille CM1

Pour l’École Charlemagne, le conte de Marcel Schwob a lui aussi été au cœur de la réflexion des enfants autour de l’œuvre de Gallé.

Les élèves en ont sorti l’idée qu’il fallait pleinement vivre sa vie. Ils ont alors choisi un tableau qui évoquait le plaisir de vivre comme la danse, le cirque, la musique…, en lien avec ce qu’ils aiment faire de leur propre vie. Chaque élève a reproduit de manière personnelle le tableau choisi. Dans une démarche surréaliste, les élèves ont intégrés dans leur tableau, une amphore, un livre et un objet témoins des activités qu’ils aiment pratiquer. Ces compositions ont été disposées dans un mini-cabinet de curiosités.

Le cabinet de curiosités de l'école Charlemagne

Le cabinet de curiosités de l’école Charlemagne

Parallèlement, les élèves ont participé à un atelier musical dirigé par Laurie Olivier, intervenante en musique, et conçu un spectacle autour du thème de l’amphore du roi Salomon d’Emile Gallé. La représentation a eu lieu en mars 2016 au Conservatoire de Musique de Nancy. Voici le texte lu par un élève, au début du spectacle :

« Cette cruche habitait autrefois l’Océan, Elle contenait un génie qui était prince. Fille sage saurait briser l’enchantement. Avec la permission du roi Salomon Qui a donné la voix aux mandragores.” Cet extrait du conte « La rêveuse » écrit par Marcel Schwob est gravé sur l’amphore du roi Salomon, réalisée par Émile Gallé. Cette amphore évoque, à travers son camaïeu de verts,  de bleus et ses petits coquillages gravés, le monde marin.  Aussi, avons-nous choisi d’interpréter cet univers de la mer à travers une chorégraphie musicale tout en rythme,  en chant et dans une danse gestuelle poétique. Nous vous invitons dès à présent à découvrir dans ce voyage aquatique, une anémone des mers. »

Le spectacle des enfants au conservatoire

Le spectacle des enfants au conservatoire

Lors de la Nuit des musées, les élèves sont également devenus médiateurs, pour présenter et partager leur travail. Une manière de prolonger un peu l’expérience…

Un visiteur de la Nuit des musées, très attentif aux explications des enfants...

Un visiteur de la Nuit des musées, très attentif aux explications des enfants…

Bravo aux élèves pour leur implication et leur beau travail, ainsi qu’à leurs professeurs, Laetita Bessot et Véronique Pierrat de l’école de Boudonville, et Mme Iacono  de l’école Charlemagne, motivés et engagés !

Rendez-vous l’année prochaine, pour de nouvelles créations!

Journée de l’Art nouveau

27 mai 2016

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Vendredi 10 juin, on célèbre l’Art nouveau à travers toute l’Europe!

Pour participer, c’est facile!

– Depuis chez vous, postez votre photo de détail Art nouveau sur la page Facebook du Réseau Art nouveau Network: ici

et gagnez peut-être un super cadeau!

– Venez nous rendre visite! Le musée de l’École de Nancy est ouvert de 10h à 20h et vous propose des animations gratuites tout l’après midi. Retrouvez le programme ici

Nous vous attendons nombreux pour fêter l’Art nouveau!

 

10 JUIN - Journée de l'Art nouveau

10 JUIN – Journée de l’Art nouveau

 

Demandez le programme!

19 mai 2016

Samedi 21 mai à partir de 20h, c’est la Nuit des Musées à Nancy!

Voici le programme de ce qui vous attend!

Flyer-a-imprimer-001Flyer-a-imprimer-002Nous vous attendons nombreux!

Après la chasse aux œufs, la chasse au lion!

1 avril 2016

Découverte exceptionnelle!
Hier, au cours de travaux de jardinage, des ossements ont été découverts dans le jardin du musée. La gendarmerie, dépêchée sur place, a pu constater rapidement, que ces ossements appartenaient -heureusement- à l’espèce animale. Un expert du Muséum-Aquarium a été contacté et a affirmé avec une quasi certitude qu’il s’agissait d’ossements de jeune lion. Voici donc étayée la petite histoire selon laquelle Eugène Corbin, le propriétaire de la maison, avait ramené de son voyage en Afrique une paire de lionceaux, laissés en liberté dans le parc. Eugène Corbin voyagea entre 1902 et 1903 en Egypte et en Abyssinie.

SOUvenir du voyage d'Eugène Corbin en Egypte et en Abyssinie, vers 1902-1903. © MEN, fonds Corbin

SOUvenir du voyage d’Eugène Corbin en Egypte et en Abyssinie, vers 1902-1903. © MEN, fonds Corbin

De ce voyage, il revint accompagné aussi d’un serviteur éthiopien, Tacha, qui resta à son service quelques années, avant de rentrer dans son pays. D’après son petit-fils, Philippe Bouton-Corbin, l’un des lionceaux mourut peu après son arrivée, et le second fut donné à un zoo en 1906.
De nos jours, ce sont plutôt les visiteurs qui se promènent en liberté dans le jardin… OUF!

Eugène Corbin, vêtu à l'arabe, vers 1903. © MEN, Fonds Corbin

Eugène Corbin, vêtu à l’arabe, vers 1903. © MEN, Fonds Corbin

Journées Européennes des Métiers d’Art 2016

18 mars 2016

 

visuel_jema-espace-presseLa nouvelle édition des Journées Européennes des métiers d’art aura lieu les 1er, 2 et 3 avril prochains… Le musée de l’École de Nancy participe les 2 et 3 avril et propose des démonstrations de savoirs-faire précieux et délicats…

La céramiste Annick Thiaville met en œuvre une technique exceptionnelle et qui a quasiment disparu, la lithophanie de porcelaine. Ce savoir-faire, datant du 19ème, lui permet de développer un travail d’une extrême finesse qui passe par des étapes de créations très minutieuses. Elle sculpte son image dans la cire en rétro-éclairage, puis en garde l’empreinte dans du plâtre sur lequel elle viendra ensuite couler sa porcelaine. Les « plaques » de porcelaine obtenues, aux motifs révélés par la lumière, oscillent entre une délicatesse proche du camé, la luminosité du verre, la préciosité d’une pierre, autant de qualités qu’elle essaie (en tout cas) d’atteindre dans son travail dans un souci premier d’esthétisme.

Un exemple de l'art oublié de la lithophanie par Annick Thiaville

Un exemple de l’art oublié de la lithophanie par Annick Thiaville

Outre des démonstrations tout au long du weekend, Annick Thiaville vous propose, en compagnie d’une conférencière,  une visite guidée des collections de céramique du musée: “regards croisés”, au cours de laquelle est reviendra sur les différentes techniques de la céramique.

Visites guidées GRATUITES programmées samedi et dimanche à 10h30, sur réservation préalable auprès du service des publics (03.83.17.86.77 et servicedespublics-musees@mairie-nancy.fr)

Annick Thiaville est implantée depuis l’automne dernier à Baccarat, dans le lieu d’accueil d’entreprises qui s’est au sein du Pôle Bijou de la Communauté de Communes des Vallées du Cristal.

Le bijoutier Jacky Schwartz collabore avec le Pôle Bijou de la Communauté de Communes des Vallées du Cristal à Baccarat depuis que l’idée en est née. Au cours d’une vie entière au service de la bijouterie et de la création, et avec une passion pour le courant Art Nouveau et l’Ecole de Nancy,  Jacky Schwartz a été consacré en 2000 par le Prix Dunhill Prestige International qui récompense un artisan exerçant un métier rare lié au luxe et au prestige, et à ce jour le seul Lorrain à l’avoir reçu. Il travaille beaucoup à partir de la technique ancestrale dite de la « cire perdue ». Un modèle en cire est créé par des techniques de sculpture, puis englobé dans un moule réfractaire que l’on cuit pour faire fondre le modèle en cire qu’il contient. Le moule contient alors un creux (là où précédemment il y avait la cire) qu’il s’agira de combler par une coulée de métal, de verre (pâte de verre) … L’objet ainsi obtenu est une copie exacte du modèle original en cire.

 

Bijoux Monnaie du Pape de J. Schwartz

Bijoux Monnaie du Pape de J. Schwartz

 

Jacky Schwartz sera présent samedi et dimanche pour expliquer son travail.

Installée à Nancy depuis 2013, la graveuse Jeanne PICQ obtient son diplôme de gravure à l’école Estienne en 2007, après avoir étudié une année aux ateliers de Sèvres et une à l’ENSAAMA Olivier de Serre. Dès lors , elle se consacre à la réalisation d’estampes dans différents ateliers parisiens, puis au sein de l’atelier La Belle Estampeà Bordeaux.
Son travail mixe différentes techniques de taille douce (eau forte, pointe sèche, aquatinte,..) ainsi que des techniques de linogravure, alliées très souvent à des encollages de papiers à motifs.”

Les Foulettes, Jeanne Picq

Les Foulettes, Jeanne Picq

On retrouvera Jeanne Picq pour deux autres moments d’initiation à l’estampe, organisés dans le cadre de la prochaine exposition Victor Prouvé et l’art de l’estampe:

– le samedi 11 juin à 10h30, pour les adultes
et le
– mercredi 8 mai à 14h30, pour les enfants de 7 à 11 ans.

(Réservations auprès du service des publics)

Et rappelez-vous, pendant les JEMA, le musée est GRATUIT!

Les femmes du musée…

8 mars 2016
Victor Prouvé, portrait des demoiselles Moulin, 1903. M%usée de l’École de Nancy. Photo C. Philippot

Victor Prouvé, portrait des demoiselles Moulin, 1903. Musée de l’École de Nancy. Photo C. Philippot

Nous avons déjà évoqué l’absence remarquée de membres féminins dans la fondation de l’École de Nancy et plus généralement parmi les artistes nancéiens.

Rose Wild ou Madeleine Deville sont les seules à avoir laissé leurs noms sur des œuvres conservées au musée. Pourtant l’influence  des femmes dans l’École de Nancy fut décisive: Henriette Gallé, Jika Majorelle… comme dit le proverbe, “derrière chaque grand homme, il y a une femme”!

Barco Nancy  photographe, Henriette Gallé. Collection particulière. (c) MEN

Barco Nancy photographe, Henriette Gallé. Collection particulière. (c) MEN

En 1962, Françoise-Thérèse Charpentier devient la première conservatrice du nouveau musée de l’École de Nancy ouvert dans l’ancienne propriété Corbin. Grâce à ses liens privilégiés avec les filles d’Émile Gallé notamment, elle contribue par un intense travail de fond  à la redécouverte du mouvement, couronnée par l’exposition consacrée à Émile Gallé à Paris en 1985.

F-T Charpentier (en blanc) lors de l'inauguration du musée le 26 juin 1964. Photo archives M. Daum, MBA Nancy

F-T Charpentier (en blanc) lors de l’inauguration du musée le 26 juin 1964. Photo archives M. Daum, MBA Nancy

Aujourd’hui, c’est toujours une conservatrice, Valérie Thomas, qui  dirige le musée depuis 20 ans!

En cette journée de la femme, hommage à celles qui œuvrent au musée de l’École de Nancy! Chacune dans leur spécialité, elles contribuent à le faire rayonner…

Une partie de l'équipe du musée en 2014

Une partie de l’équipe du musée en 2014

Nos agent(e)s d’entretien: Malika, Françoise et Berthe, ainsi que Laetitia à la Villa Majorelle

Nos agent(e)s d’accueil: Smahane, Jacqueline, Nathalie, Tracy et Jeanine

Et nos vacataires: Hélène, Ursule, Anaïs et Olivia

Nos guides- conférencières: Kathy, Lucie, Christine, Prescilla et Ghislaine pour les ateliers

Notre documentaliste: Blandine

Notre responsable des publics: Emmanuelle

Notre responsable du service des publics: Véronique

Notre chargée de la communication: Véronique

Notre agent comptable et administratif: Ingrid

Notre directrice administrative: Monia

Notre bénévole: Roselyne

Notre directrice: Valérie

Et une petite pensée aussi pour celles qui sont parties mais qui ont laissé leur marque: Anne-Laure, Raymonde, Francine, Françoise, (les) Dominique, Hélène… et bien sûr Monique (†)

Et à sa manière, Mie, la petite mascotte du musée qui nous a quitté hier, participait elle aussi au rayonnement du musée.

 

Mie, la petite pensionnaire du musée...

Mie, la petite pensionnaire du musée…